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Obama, le soufflé, ou comment les masses se laissent séduire par un dirigeant charismatique

par Helga Zepp-LaRouche,
présidente du parti politique allemand Büso

le 26 juillet 2008,

Tous les cuisiniers savent à quel point il est difficile de sortir un soufflé indemne du four. Si le dosage des ingrédients n’est pas rigoureux, ou si la température n’est pas tout à fait la bonne, il s’effondre et il ne reste plus qu’un petit tas, une masse indéfinie et peu appétissante. Un soufflé, tout gonflé d’air chaud, juste avant qu’il ne retombe : voilà l’image qui m’est venue à l’esprit en écoutant le discours de Barack Obama à Berlin, devant la colonne de la victoire.

Parce que cet homme est tout simplement plat, sans grande substance. Néanmoins, ce que les rédacteurs de son discours, spécialistes en relations publiques, ont introduit dans le texte, entre les bulles de rhétorique, est bien difficile à différencier de la politique du gouvernement Bush-Cheney : lutte contre le terrorisme, pour laquelle l’Europe est priée de s’engager davantage, renforcement des moyens d’intervention de l’UE à l’étranger (mentionnant à ce titre le Soudan, le Zimbabwe et la Birmanie), renforts de troupes de combat allemandes en Afghanistan et aide accrue en Irak. Bref, tout le programme de la politique impériale. Ce qui n’est pas vraiment surprenant après sa dernière conférence internet transatlantique, devant un public britannique, dans laquelle il jura vouloir non seulement améliorer la relation spéciale anglo-américaine, même au-delà des connivences Bush-Blair, mais aussi accorder un plus grand rôle dirigeant à la Grande-Bretagne. En outre, ses déclarations lors d’une conférence de l’AIPAC, selon lesquelles Jérusalem devait devenir la capitale d’Israël, le situent encore plus à droite que le gouvernement israélien, où il retrouve Benjamin Netanyahou.

Le plus inquiétant, cependant, n’est pas le discours d’Obama, qui n’apportait, au fond, rien de nouveau (à part quelques références — occasion oblige — au pont aérien historique de Berlin), mais plutôt la réaction des Allemands, qui ont de toute évidence peu appris des leçons de l’histoire et manifestent toujours une prédilection pour les gigantesques rassemblements propagandistes, que ce soit pour Hitler à Nuremberg, pour Mikhail Gorbatchev lors de sa visite en Allemagne, pour le Dalaï Lama ou pour le soufflé Obama. Que les « fans » se rassemblent en masse dans les rues pour la « love parade », la Coupe du monde ou la popstar Obama, leur comportement suscite bien des craintes.

Car chez Barack Obama, l’apparence et la réalité sont fort éloignées l’une de l’autre, et son prétendu charisme est un produit des médias. A cet égard, cet article paru dans le Spiegel du 19 juillet est instructif : « Le sénateur de l’Illinois ne réalise pas le rêve que ses experts essaient de créer. »

En effet, les équipes de relations publiques s’efforcent, non sans mal, de donner du contenu à l’image qui a été sciemment construite : elles écrivent pour lui de beaux discours rassurants, prévoient toujours la claque, donnent l’impression que l’on assiste à une révolution de la base, mais les gens finissent par se détromper. « Obama se tient là, comme en bois. Ses bras pendent à ses côtés pendant de longues minutes, comme des nouilles humides. (...) C’est le candidat du confort. Il dit plein de bonnes choses. On ne s’arrête guère plus de hocher la tête en singe d’approbation. »

Derrière le spectacle, le vide

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Entre-temps, Howard Dean, le président du Comité national du Parti démocrate, a confié à une société de consultants britannique, WPP, les préparatifs de la Convention d’investiture de Denver, ainsi qu’à sa filiale Dewey Square Group. Depuis lors, les médias internationaux feraient rougir Goebbels dans la manière dont ils présentent Obama comme l’agent charismatique du changement, même s’il n’a pas proposé grand-chose de concret. Remarquez qu’en anglais, le mot changement (change) veut dire aussi « petite monnaie », autrement dit Obama rend des petites pièces pour les milliards qu’il reçoit.

A propos d’argent, les managers du candidat démocrate présumé ont réussi un autre coup médiatique : pour cinq millions de dollars, Barack Obama sera le co-sponsor des rapports de la NBC sur les Jeux olympiques, et ses spots télévisés seront diffusés en intermède. Mais pour quelqu’un qui collecte 52 millions de dollars de contributions électorales en un mois, ce n’est que de la menue monnaie. Il est vrai que, contrairement à ses promesses de campagne, Obama a renoncé depuis un mois à accepter le financement public de sa candidature, ce qui l’aurait obligé à plafonner ses dépenses.

Bien que Hillary Clinton ait obtenu, lors des élections primaires, plus de suffrages universels que tout autre candidat de l’histoire et qu’elle ait remporté les swing states (Etats fortement disputés par les républicains et les démocrates) pour la victoire en novembre, les médias martèlent depuis le début que Barack Obama est en tête. Leur seul et unique objectif était de gonfler Obama au détriment de Hillary, mais cela ne veut pas dire qu’il sera le prochain Président.

Car ce que les masses de ses jeunes admirateurs enthousiastes ne savent pas, c’est que ses partisans les plus engagés se font actuellement remercier sans cérémonie, les dirigeants afro-américains locaux se voient remplacer par des apparatchiks de l’establishment et son entourage le plus proche ne compte plus un seul Noir. Par contre, les organisations partisanes d’une convention ouverte et de l’investiture de Hillary Clinton foisonnent à travers tous les Etats-Unis.

A Berlin, alors que des représentants de l’une de ces organisations (PUMA*) distribuaient des tracts en ce sens, le service d’ordre d’Obama les confisqua, non seulement aux militants, mais à tous les participants qui se présentaient à l’entrée un tract à la main. Autant pour le « changement ».

Pour l’heure, que ce soit à Berlin ou ailleurs, le sénateur de l’Illinois n’a rien dit de l’effondrement du système financier international que nous vivons actuellement, ni de la débâcle écrasante des géants américains du crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, Et même en suivant un entraînement à marche forcée, dispensé par des experts, il est peu probable qu’il ait quoi que ce soit à dire là-dessus dans les semaines à venir. Si les stratèges de campagne de Barack Obama veulent à tout prix éviter une convention ouverte, ce n’est certes pas qu’ils soient assurés de sa victoire.

Les événements des semaines et des mois à venir montreront à coup sûr que son image de nouveau Kennedy ou Martin Luther King est trompeuse. Il s’agit tout au plus d’un soufflé qui retombera dès son premier contact avec le monde extérieur.

Pour creuser le sujet : focus


* « Party Unity My Ass » (PUMA), ou « l’unité du Parti, mon c.. »

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La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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