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Système financier : le prochain domino est encore plus gros

La rédaction

Par Paul Gallagher, EIR

Une bulle de quelque 50 000 milliards de dollars de contrats financiers dérivés [cf. note 1] menace d’éclater incessamment, provoquant un déferlement de faillites et d’insolvabilités bancaires. Raison de plus pour passer de toute urgence à une réorganisation du système.

Les produits dérivés en cause sont des contrats assurant le risque de crédit (credit default swaps - CDS). Pratiquement inexistants il y a cinq ans encore, leur « valeur » nominale a triplé en trois ans, selon des sources new-yorkaises bien informées qui parlent du « prochain domino à tomber », estimant que le choc sera « beaucoup plus sévère » que l’éclatement de la « bulle hypothécaire américaine », qui ne représentait « que » 20 000 milliards.

Les CDS s’échangent uniquement de gré à gré, c’est-à-dire qu’il n’existe aucun marché organisé qui puisse assumer une quelconque responsabilité pour cette énorme masse de contrats financiers, contrairement aux actions et obligations. Comme les fameux SIV (véhicules d’investissement structurés), les contrats bilatéraux assurant le risque sont des opérations spéculatives hautement rentables qui n’apparaissent jamais dans les bilans des banques et hedge funds qui en tirent profit - jusqu’au moment où ils s’évaporent, provoquant des centaines de milliards de dollars de pertes.

Dans le cas des CDS, il faudrait plutôt parler de dizaines de milliers de milliards, selon ces sources.
Le but officiel de ces contrats est d’assurer les acheteurs d’obligations d’entreprise contre la défaillance de ces obligations. Or le montant des dettes d’entreprise effectivement « assurées » par ces 50 000 milliards de dollars de CDS ne s’élève qu’à... 5000 milliards. C’est incontestablement la plus haute montagne de dette par effet de levier !

En réalité, les swaps sur défaillance sont des moyens de spéculer massivement sur la capacité d’une société à rembourser ses dettes et obligations et sur lesquels des dizaines de banques, fonds spéculatifs et autres sociétés financières parient des sommes considérables. En outre, d’autres hedge funds achètent des swaps sur défaillance pour parier si, en cas de défaillance, les sociétés qui assurent les obligations ne feront pas défaut elles-mêmes !

Les hedge funds et les banques ayant vendu une « assurance » aux sociétés détentrices d’obligations d’entreprise encaissent des primes de la part de ces sociétés. Ensuite, ces primes sont titrisées - c’est-à-dire vendues comme titres financiers à d’autres banques et hedge funds, de la même manière que les crédits hypothécaires subprime avaient été regroupés dans toutes sortes de titres qui ont récemment perdu toute valeur.

Il existe peu d’instruments financiers qui aient permis, autant que les CDS, aux fonds spéculatifs de faire plus de profits en si peu de temps, avec un tel effet de levier et si peu de capital réel. Tant que sir Alan Greenspan (directeur de la Réserve fédérale jusqu’en 2006) faisait en sorte que les taux d’intérêt à court terme restent très faibles sur le plan international, et que le « yen carry trade » [cf. note 2] fournissaient aux spéculateurs des centaines de milliards de dollars d’« argent gratuit », il n’y avait quasiment pas de défaillances sur les obligations d’entreprise, même sur les obligations poubelles.

La vente d’une assurance contre défaillance, à l’aide de swaps, est alors devenue un jeu extrêmement rentable, presque entièrement financé par de l’argent emprunté avec un fort effet de levier. On comptait dix vendeurs d’assurance d’obligations pour chaque détenteur d’obligations susceptible de l’acheter. Par conséquent, les vendeurs se sont vendus les swaps entre eux, ajoutant de nouveaux paris de produits dérivés à la même obligation de référence sous-jacente. Et ils ont vendu les primes d’assurance sous forme de titres financiers, accumulant encore des dettes sur ces produits.

Sur les marchés et dans la presse financière, une peur bleue se répand face à la perspective d’une faillite imminente des grandes sociétés d’assurance d’obligations, comme Ambac Financial Corporation et MBIA, qui assurent plus de 2000 milliards de dollars de bons du Trésor et vendent des CDS. Merrill Lynch vient d’essuyer une perte de 3,1 milliards de dollars sur les CDS avec l’une d’entre elles. Mais selon nos sources, 50 % de ces 4500 à 5000 milliards de dollars représentent des obligations potentielles de banques et 24 % de fonds spéculatifs. Dans la première vague de défaillances, lorsqu’elles se volatilisent, ces obligations vont se retrouver chez les mêmes banques qui ont prêté aux fonds l’argent pour jouer le jeu des CDS.

L’effondrement financier en cours depuis juillet-août 2007 frappe désormais l’« économie réelle », avec des effets notables sur l’emploi, l’industrie, la consommation et, bien sûr, le bâtiment et l’ensemble du secteur immobilier. Pour les premiers mois de 2008, selon les estimations toujours optimistes des agences de notation Fitch et Moody’s, le pourcentage de défaillance sur les dettes d’entreprise devrait atteindre 4 à 5 % (10 % pour les obligations poubelles).

Mais les vendeurs de CDS, qui devraient normalement payer, n’ont rien provisionné pour cela. Ils comptent sur le jeu des contre-paris et contreparties pour s’en tirer indemnes, laissant les pertes échoir aux détenteurs originaux des obligations.

Ted Seides, directeur financier de Protégé Partners, a comparé la bulle des CDS à une « énorme industrie de l’assurance, dont les fournisseurs n’ont rien mis de côté pour couvrir les futures pertes. Imaginez ce qui se passera s’il y a des pertes de 5 % sur 45 000 milliards de dollars, et personne [dans les banques] n’a de quoi payer les pots cassés. »

Quelqu’un a-t-il espère t-il encore sauver le système ou alors en change t-on ?


Notes :

1- Le « contrat financier dérivé » est un pari hautement spéculatif puisqu’il porte sur la valeur future d’un objet tiers (matières premières, taux de change, indice boursier, etc.), dont le montant ne fait pas l’objet d’un paiement immédiat, mais seulement d’une « option » valant par exemple 1 % des sommes en jeu, d’où les « effets de levier » permettant de jouer gros avec presque rien.

2- Le « Yen carry trade » consistait à emprunter une somme en Yen lorsque celui-ci était à un taux anormalement bas (moins de 1 %) et permettait d’aller jouer ailleurs avec un bénéfice quasi-assuré à la clé, puisque le coût de ce crédit en Yen équivalait à 0.

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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a vu juste sur...

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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