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Les analyses de Jacques Cheminade

Alcatel, entreprise sans usines ou
le stade ultime du capitalisme financier

En annonçant, le 29 juin à Londres, au cours d’un colloque organisé par le Wall Street Journal - tel chien, tels maîtres - que « nous allons être bientôt une compagnie sans usines », Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, a consacré la soumission des entrepreneurs français à la logique démentielle du capitalisme financier, sans foi ni loi, ni frontières. La moitié des usines (50, dont 3 en France) de son groupe, celles liées à la production grand public, seront cédées à des sous-traitants d’ici à la fin 2002, avec les 13 500 salariés qu’elles emploient. C’est bien entendu un scandale social, une stupidité économique mais ce n’est, surtout, qu’un symptôme de la crise d’ensemble frappant un système devenu suicidaire.

M. Tchuruk affirme que « rien de ce qu’il fait n’est en relation avec les marchés financiers » mais « obéit à la loi de l’offre et de la demande » - comme si cette dernière était un principe « objectif » n’ayant rien à voir avec la cupidité des premiers ! Il entend recentrer son groupe sur la matière grise et les services, et ne conserver que les activités relevant de la technologie de pointe : espace, réseaux sous-marins et, surtout, composants et réseaux optiques. L’objectif est d’abaisser les coûts fixes par tous les moyens et de se procurer du cash en vendant tout ce qui relève du « sale boulot de la production » (dirty business of manufacturing), comme l’a baptisé une récente étude de Strategy Analytics. Il s’agit, en d’autres termes, de transformer les coûts fixes en coûts variables en fonction des commandes - la « loi du marché » dans son stade ultime ! L’entrepreneur « à l’anglo-saxonne » se dit cyniquement qu’il conservera ainsi les parts les plus élevées de la valeur ajoutée - la « création de valeur pour l’actionnaire » - et se débarrassera des tâches « moins nobles ». Dans son jargon « nouvelle économie », cela donne : « Il y a quelques année, le corps social d’Alcatel était constitué d’ouvriers. Aujourd’hui, le modèle social de la société, c’est un ingénieur devant son P.C. L’externalisation est un moyen de répondre à cette évolution. »

M. Tchuruk affirme que sa stratégie ne lèsera pas ses travailleurs. Il ne faut pas, selon lui, confondre licenciements et externalisation : « La cession des usines ne signifie pas la fermeture des sites, ni l’arrêt de leur production mais leur soustraitance dans le cadre de partenariats avec des groupes manufacturiers ».

Le nez du PDG a dû beaucoup s’allonger en prononçant ces belles paroles. Tout d’abord, comme le constate un salarié de l’usine Alcatel de Laval cédée au singapourien Flextronics, « depuis que Tchuruk est arrivé, c’est simple, presque la moitié de l’effectif a disparu ». En 1997, l’équipementier employait environ 230 000 personnes, contre 130 000 aujourd’hui et, en réalité, autour de 100 000 demain, après les dernières décisions ! Ceux qui travailleront dans les sites repris par les sous-traitants verront désormais une épée de Damoclès menacer leurs emplois. Les sous-traitants électroniques acheteurs dans des conditions semblables n’ont en effet aucun scrupule à procéder à des « réajustements douloureux ». L’américain Solectron et le groupe de Hong Kong, Flextronics - tiens, comme on se retrouve - sont des spécialistes du « désossage ». Solectron vient, par exemple, de supprimer 12 600 postes, avec notamment la fermeture de ses usines à Pessac (Gironde) et à Tatinghem (Pasde-Calais).

Quant à Alcatel, il admet qu’il vendra au moins trois usines en France : il s’agirait des établissements de Saintes (Charente-Maritime), Annecy (HauteSavoie) et Coutances (Manche), auxquels il convient d’ajouter les sites de la SAFT basés à Bordeaux (Gironde), Nersac (Charente) et Poitiers (Vienne). M. Campagna, délégué central CGT, a fort bien analysé le processus en cours : « Alcatel va faire supporter les aléas du marché aux repreneurs qui vont se présenter, et ces repreneurs vont reporter ces aléas sur les salariés. Sans compter qu’en changeant de groupe, ils vont perdre les avantages sociaux acquis chez Alcatel. » Il est clair qu’Alcatel se « défausse » des licenciements sur ses soustraitants avec une parfaite hypocrisie.

Même selon les critères du marché, M. Tchuruk est un assez piteux gestionnaire. Il y a six ans, il avait annoncé qu’il allait perdre 25,6 milliards et avait recentré le conglomérat d’alors sur les télécommunications. Le titre s’était effondré en Bourse, puis s’était fortement repris avec la « bulle » spéculative dans le secteur. Aujourd’hui, c’est à nouveau l’effondrement : l’action Alcatel valait 97,05 euros le 4 septembre 2000, elle dépasse à peine 24 euros aujourd’hui ! Au printemps, alors que toutes les compagnies de télécoms annonçaient une forte baisse de leurs profits, Alcatel se pavanait encore, annonçant qu’il ne fallait pas s’en faire car « son positionnement sur les marchés était différent ».

Plus fondamentalement, le rêve de « l’entreprise sans usines » est une imbécillité économique. Si, financièrement, un bénéfice immédiat peut apparaître - à condition que tout le marché ne s’effondre pas - à la longue, on cède des compétences, on perd des équipes de travail et on ne contrôle plus la qualité des productions. Vouloir fabrique sans hommes aboutit à une impasse totale : comment créer de la richesse réelle, physique, économique, si on sépare l’intelligence et l’innovation dans la conception des fabrications ?

En réalité, la décision de M. Tchuruk est une simple adaptation à la loi du court terme financier, à la thèse absurde d’un capital financier n’ayant, tel un dieu, d’autre source qu’en lui-même ! Elle n’a rien de « créateur », si ce n’est dans le fait qu’elle intervient trop tard, au moment même où le système financier et monétaire international s’effondre. Derrière elle, l’on pourrait imaginer, dans la logique d’une entreprise sans usines, une humanité sans production et une terre sans humanité ou, plutôt, une économie inhumaine où des foules produisant en quasi-esclavage subiraient la loi de quelques privilégiés concevant. Le monde d’Aldous Huxley, de Julian Huxley et, aujourd’hui, de Fukuyama - le stade ultime du capitalisme financier, un darwinisme social à l’échelle mondiale. Tout ce contre quoi nous combattons ici.

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Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

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Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Jacques Cheminade
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