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Déclarations de Jacques Cheminade

Arrêtons l’inondation monétariste avec un vrai Nouveau Bretton Woods

Déclaration de Jacques Cheminade

Paris, le 14 octobre 2008

L’inondation de liquidités en faveur du système financier à laquelle viennent de procéder tous les grands pays occidentaux est, au sens réel du terme, une folie suicidaire. Au lieu d’abandonner le Titanic, le mourant se jette de lui-même dans un flot de fausse monnaie dans lequel il ne peut que se noyer.

Le plan finalement adopté aux Etats-Unis et en Europe occidentale est d’inspiration britannique, pour sauver le système anglo-américain de la City et de Wall Street, et ses auteurs de fait sont le Premier ministre britannique Gordon Brown et son conseiller officiel Alan Greenspan, bien que Nicolas Sarkozy revendique lui aussi certains droits de paternité. C’est dire que celui-là même qui a créé la situation actuelle, conçu la bulle de produits financiers dérivés qui nous écrase et l’ordre de destruction sociale qui lui est associé, se voit confier la « solution », l’adoption par les Etats du système bancaire, avec toutes ses dettes, sous forme de holdings financiers privé-public, à l’image de ce qui fit l’Italie de Mussolini. C’est comme si on engageait le diable – ou plutôt un diablotin – pour éteindre les flammes de l’enfer et s’embarquer sur la nef des fous.

Voyons ce qui se passe. L’on s’aperçoit d’abord que les Etats-Unis, si l’on fait la somme du plan Paulson et de l’intervention du Trésor pour acheter des actions des banques, offrent 700 milliards d’euros aux établissements financiers. L’ensemble des pays européens, si l’on évalue la part italienne à environ 180 milliards, jettent 1800 milliards d’euros sur le tapis. A cela il faut ajouter les interventions ponctuelles des banques centrales – Réserve fédérale américaine, Banque centrale européenne, banques d’Angleterre et de Suisse… – qui échangent chaque semaine des centaines de milliards d’euros en fournissant des bons du Trésor ou des liquidités contre des titres toxiques des banques. La mauvaise monnaie chasse ainsi la bonne dans un circuit organisé par la puissance publique !

Cependant, ce n’est pas tout. Les Etats, y compris en devenant actionnaires des banques, ont décidé d’accorder, pratiquement sans limites, une garantie publique sur les transactions interbancaires. Or celles-ci atteignent, dans le monde, toutes formes de produits toxiques et exotiques compris (produits dérivés et en particulier les credit default swaps et les collateralized debt obligations, c’est-à-dire les paris pris sur la défaillance des autres et les créances bancaires commercialisées pour transmettre à un tiers le risque de non remboursement du crédit), plus de 2 000 000 de milliards de dollars, selon les chiffres de 2005, qui ont probablement augmenté de 50% depuis. Cela revient à dire que les Etats garantissent des transactions représentant plus de 50 fois le Produit intérieur brut mondial de biens et services, et environ 150 fois le montant des biens produits !

Les Etats espèrent pouvoir peu à peu dégonfler cette bulle, mais ils le font en commençant par l’alimenter. La réalité est qu’ils refusent de changer de système, et se condamnent eux-mêmes en le faisant. Car nous entrons dans une situation où c’est la solvabilité même des Etats, après celle des banques, des assurances et des entreprises, qui va être mise en cause. L’on remarque déjà que la garantie des transactions interbancaires à 3 mois par les Etats va très vite coûter des sommes colossales. Le naufrage de l’Islande n’est qu’un cas extrême et prémonitoire.

L’on dira qu’il fallait avant tout remettre la machine financière en marche. Mais c’est tenter de remettre en marche une machine à tuer l’économie réelle et à se tuer elle-même. Déjà, une dépression économique s’annonce, destructrice de la justice sociale et des libertés publiques.
Déjà, le spectre d’une crise sociale émerge, comme si les victimes devaient être punies et les coupables récompensés.

Qu’aurait-il donc fallu faire ? Un Nouveau Bretton Woods, c’est-à-dire un changement de système.

L’on dira encore que tout le monde, ou presque, s’est mis à en parler. C’est vrai, mais les versions qui circulent sont fausses, incompétentes ou frelatées. Remettre le compteur à zéro, c’est en effet différent que de verser un produit qui fera exploser la machine, et nous avec.
Soyons sérieux. Un vrai Nouveau Bretton Woods, celui que Lyndon LaRouche et moi-même défendons, suppose cinq choses fondamentales :

  1. Mettre en banqueroute organisée les prédateurs financiers, en conservant les créances légitimes liées au fonctionnement de l’économie réelle et en éliminant ou en soumettant à un moratoire celles qui sont associées à des paris. Si l’on veut rétablir un ordre juste, il faut d’abord assainir le terrain sur lequel on opère.
  2. Interdire les montages spéculatifs, c’est-à-dire ceux des hedge funds et tous les produits dérivés autres que ceux établis à des fins d’assurance correspondant à des opérations sur biens réels, et fermer les paradis fiscaux à partir desquels ces montages sont organisés.
  3. Passer d’un système monétariste – l’actuel, dans lequel l’émission de monnaie est de fait aux mains des banques et des sociétés d’assurance, qui sont les instruments d’une oligarchie mondialiste installée principalement à Londres – à un système de crédit productif public, dans lequel les Etats émettent du crédit-monnaie pour l’équipement de l’homme et de la nature. Ce système est par définition anti-inflationniste, car il est anticipateur de production de richesse physique accrue par tête, par unité de surface et par ménage.
  4. Donner pour valeur réelle à l’accord l’équipement du monde, sur la base du travail humain, c’est-à-dire d’un programme de grands travaux convenu entre l’alliance d’Etats-nations souverains participant à l’entreprise.
  5. Etablir des taux de change fixes entre devises et régler le solde des échanges commerciaux et financiers sur la base d’une valeur de référence au prix convenu entre Etats, or ou panier de produits correspondant aux dépenses indispensables aux êtres humains, dites aujourd’hui « contraintes » ( alimentation, habillement, transport, logement).

Un Nouveau Bretton Woods omettant un ou plusieurs de ces points doit être renvoyé au producteur : il serait dangereux à consommer pour la santé de l’économie et des peuples.
Il faut abandonner le Titanic. Un système nouveau doit revenir à la démarche de Roosevelt et de la reconstruction européenne de l’après-guerre. Il doit réunir les principaux pays du monde, les Etats-Unis, sans lesquels il ne pourrait être mis en place, la Russie, l’Inde et la Chine. Pour cela, les Etats-Unis doivent revenir à l’esprit de leurs fondateurs. La France peut et doit jouer vis-à-vis de ces pays un rôle de catalyseur.

Le reste n’est que bavardage. Le défi est de rétablir les conditions d’un développement mutuel dans le monde, pour la paix, le bien commun et les générations à naître, en mettant à l’œuvre en ce XXIe siècle tous les efforts et tous les moyens qui ont été voués à la guerre dans un XXe siècle dominé par une vision du monde prédatrice, vénitienne, anglo-hollandaise et anglo-américaine. Pour y parvenir, il faut combattre politiquement, sans prendre de gants, le conglomérat d’intérêts opérant depuis la City de Londres et s’étant étendu dans le monde par contaminations et dérives successives.

C’est pourquoi, comme Lyndon LaRouche l’a souligné à plusieurs reprises, le Nouveau Bretton Woods n’est pas une formule, ni une affaire de diplomates, mais un enjeu de civilisation. Sans lui, avec les folles initiatives prises aujourd’hui aux Etats-Unis et en Europe occidentale, le monde court à sa perte, à une autodestruction semblable à celle du XIVe siècle, celle d’une Europe incapable de se défendre contre la peste.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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