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Les analyses de Jacques Cheminade

C’est dans le vide du politique que prospère la bureaucratie

« Ils », les conseillers de Matignon, seraient la cause de tous les maux dont souffre la gauche plurielle. Olivier Schrameck, de Directeur de cabinet dont les relations avec Lionel Jospin sont devenues de plus en plus étroites, s’attire les critiques de plus en plus vives de la « base socialiste ». « Il », Dominique de Villepin, le secrétaire général de l’Elysée, se trouve constamment contesté par les « militants » du RPR, ou plutôt par ce qu’il en reste. Sans détenir la légitimité des urnes, ces bureaucrates « coupés du terrain » seraient les pelés, les tondus, les galeux de notre système républicain : pire que des énarques, des énarques-courtisans. Tout irait mieux sans eux, avec des hommes « sentant les choses », « plus proches des préoccupations des Français ».

Cette critique démagogique, version modernisée du « pays réel » opposé au « pays légal » devenu « administratif », ne fait qu’exprimer un ressentiment impuissant vis-à-vis de boucs émissaires commodes, au lieu d’aller au fond du problème. Le fond du problème est le manque de caractère des hommes politiques dont, depuis François Mitterrand, le règle d’or est de survivre à tout prix, en s’inclinant au gré des marchés internationaux et d’une opinion tenue sous état de sondage permanent. Or, comme toujours, la lâcheté des politiques engendre un régime de bureaucrates. Les vices de ces derniers ne sont que le reflet de ceux d’un peuple et de ceux que ce peuple élit : arrivant en première ligne, là où ils ne devraient pas être, ils décident par défaut. Ainsi se met en place un système pervers, dans lequel les Français blâment pour tous leurs maux - ou, du moins, pour une bonne partie d’entre eux - ceux dont ils rêvent que leurs fils et leurs filles suivent l’exemple.

Le mal bureaucratique

Dans Le Monde du mardi 19 septembre, une longue analyse de Philippe Labro, portant sur Olivier Schrameck et Dominique de Villepin, révèle jusqu’à la caricature ce qui ne va pas.

Voici donc deux monstre sacrés, deux hommes choisis par leurs « patrons », les deux hommes qui dirigent la France. Comment se conçoivent-ils ? Olivier Schrameck le clame : « Nous sommes deux rouages de l’Etat. » Dominique de Villepin lui fait écho : « Ce qui nous réunit, quoi qu’il arrive, c’est le service de l’Etat. »

En bons rouages d’une mécanique, tous deux évitent à tout prix le conflit, qui risquerait de révéler ce qu’ils portent en eux d’humain - peut-être une âme. Olivier Schrameck : « Nous devons fonctionner sans affect personnel, qui pourrait gêner les affaires que nous traitons. La correction et la cordialité priment (...) Même ce qui nous rapproche, cordialité, exercice du service public, permet qu’il n’y ait pas de blocage. On ne se cabre pas. L’accroc serait une faute professionnelle. Il est vrai, aussi, que la durée même, exceptionnelle, de la cohabitation rend cette nature de relation plus nécessaire. Je me serais refusé à m’inscrire dans un rapport de conflit. »

Dominique de Villepin, l’alter ego, fréquente les « bêtes médiatiques », chérit Antonin Artaud, Arthur Rimbaud et René Char, se passionne d’« arts premiers » et paraît moins soucieux de se protéger. Aimant « sortir de l’œil du pouvoir », aller « vers les artistes, les créatifs, les peintres, les comédiens ou les cinéastes », son attitude est sans doute encore pire. C’est celle de l’éminence grise, commodément installée auprès du Prince, qui se donne l’élégance de côtoyer les artistes maudits, sans évidemment se faire éclabousser par la moindre goutte de leur malédiction. Il est celui qui joue suivant les règles du jeu, tout en laissant quelque bout de lui-même se pavaner au dehors, tel un Jean-Marie Messier, bon père, bon croyant et bon élève, rachetant tout un bout d’Hollywood - sans se soucier que ce qui rapporte là-bas soit fort peu catholique - et s’efforçant de vider son plus proche collaborateur au passage.

L’élégant Villepin regarde au-delà, vers « le désert » qu’il habiterait « s’il était réincarné ». L’on mesure à ce choix son amour des hommes. Schrameck est, dans son style, plus honnête lorsqu’il affirme : « J’ai toujours un regret, il reste vivant, j’aurais aimé faire du théâtre. Il me semble que l’effort de se mettre dans la peau d’un autre doit être, pour l’esprit, un élément de curiosité et d’enrichissement personnel. » C’est avouer qu’à son poste de rouage, il ne lui est jamais venu à l’idée de se livrer à un tel effort d’empathie.

Bureaucratie, Schrameck, Villepin. On pense, à les voir à l’œuvre, à l’Homme-machine et à l’Homme-plante de La Mettrie : intègres comme une horloge, guerroyant leur vie sur le front des dossiers, superbes plantes de salon.

« Copier comme avant »

Ce qui est grave, ce n’est pas que Villepin ou Schrameck réduisent le champ des batailles politiques à leur capacité de bien traiter un dossier. C’est que leurs maîtres soient à leur image. Jacques Chirac ne cesse de parler du dossier de ceci ou de cela, du dossier des handicapés, du dossier de la guerre au Proche-Orient, du dossier de la faim dans le monde. Lionel Jospin, à l’université d’été du Parti socialiste, à La Rochelle, avait divisé son exposé en deux parties : « Je commencerai par les dossiers politiques et institutionnels », puis « j’en viens ainsi aux dossiers économiques et sociaux de cette rentrée ». Le dénominateur commun est le « dossier », l’espace à deux dimensions auquel on réduit les multiples dimensions de la vie.

Les Français sentent confusément ce qu’on appelle « la crise de la représentation » : un Français sur quatre seulement a le sentiment d’être bien représenté par un parti politique et, pire encore, un Français sur cinq a le sentiment d’être « bien représenté par un leader politique » (Sofres, enquête annuelle sur les Français, la politique et la représentation). Si une forte majorité conteste l’immunité de Jacques Chirac (71%) et pense qu’il devrait témoigner devant un juge enquêtant sur les affaires de la Mairie de Paris (80%), ce n’est pas qu’ils haïssent ou même méprisent l’homme politique - Jacques Chirac n’est ni méprisable, ni haïssable - c’est qu’ils voudraient qu’il ait assez de caractère pour faire face. De même, ils considèrent que DSK n’est pas crédible et que Lionel Jospin ou Robert Hue devraient clairement reconnaître que le Parti communiste n’a pas été financé avec les muguets de la fête de l’Humanité, ni le Parti socialiste en respirant les roses d’Epinay.

Les Français ne veulent plus de rouages - qu’ils soient évêques ou hommes politiques - jouant suivant les règles du jeu, en bonnes mécaniques, mais des hommes prêts à se battre pour leurs idées, à en perdre leur poste.

Ah ! mais ils devraient commencer par eux-mêmes. Car ce que les Français entendent exiger de leurs hommes politiques, ils ne se l’imposent pas à eux-mêmes : ils forment ainsi un vaste parti de hargne, de rogne et de grogne qui se manifeste par l’abstention, le vote blanc ou le vote nul, faute d’avoir assez de caractère pour former eux-mêmes, face à la carence de leurs représentants, des associations de citoyens.

Les Français, et c’est là le défi de l’époque, ne doivent donc plus eux-mêmes se concevoir en mécaniques d’un système - ils ressembleraient plutôt aujourd’hui aux montres molles de Salvador Dali - mais en montant au front des idées.Cela exige de renoncer à l’illusion suivant laquelle l’expérience vécue dans le petit - le petit du terrier mental ou moral, éclairé par l’écran du téléviseur familial - permet de savoir ce qu’il faut faire pour relever le défi de l’époque. C’est au contraire en défiant les idées reçues de l’opinion, en s’efforçant de connaître la vérité - et par cela en faisant face aux paradoxes qui signalent les mensonges - que le sujet devient citoyen.

Faire de la politique ne consiste pas à verser de l’huile, même de coude, sur un rouage. C’est nous orienter et orienter autrui vers la solution aux paradoxes qui nous réduisent à l’injustice et, contrairement à Schrameck ou Villepin, rechercher le conflit pour défendre le juste et le vrai.

Il n’est pas très raisonnable de vaquer à ses routines au milieu d’une révolution ou, comme Bouvard et Pécuchet dans la fin prévue par Flaubert, de se mettre à « copier comme avant ».

Le temps est venu de saisir le défi que l’histoire nous offre. Si nous le saisissons à pleines mains, nous prendrons peut-être de terribles risques, mais au moins nous ne serons pas des Schrameck, des Villepin ou des Français apeurés ou haineux, au moins nous serons vivants - heureux de notre propre audace, citoyens en campagne, « politiques » pour défendre ce mot et ce qu’il a inspiré de juste et de beau.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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