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Les analyses de Jacques Cheminade

Collectivités locales : briser les chaînes de l’endettement

par Jacques Cheminade

La crise du crédit frappe de plein fouet les collectivités locales. Selon l’agence de notation financière Fitch (étude publiée le 16 juillet), un quart (20 à 25 milliards d’euros) des 105 milliards empruntés par les communes, les départements et les régions, l’ont été sous forme de prêts « particulièrement risqués ». Les banques, comme Daxia, la Caisse d’épargne ou le Crédit agricole, ont proposé des recettes-miracles à des élus, mis en grande difficulté par les dépenses et les charges nouvelles de leurs collectivités. Avec la hausse actuelle des taux, ces « produits sophistiqués » se révèlent très coûteux, en particulier pour les communes les plus petites, par définition peu familières avec les acrobaties financières.

Les crédits ont d’abord été consentis avec l’appât d’un taux bonifié, voire nul au départ, donc extrêmement favorable. Puis, après quelques années, s’opère une « bascule vers un taux dégradé ». En clair, cela veut dire que les taux – nous connaissons plusieurs cas – ont pu passer brutalement de 5,3% à 8,68%, doublant les frais financiers, ou de 2,08% à 5,6%. Les experts pensent que « la fragilisation des collectivité locales n’en est qu’à ses débuts ».

Comment expliquer une telle situation ? Disons tout de suite qu’elle n’est pas unique en Europe. En Italie, par exemple, des dizaines de municipalités ont pris des engagements qu’elles ne pouvaient pas mesurer, des banquiers « imaginatifs » leur ayant refilé des produits financiers dérivés accompagnés de belles paroles. Sans l’intervention de l’Etat, ces communes italiennes seraient aujourd’hui en banqueroute.

En France, pourquoi les maires des petites communes se sont laissé séduire – et tromper – par le chant des sirènes financières ?

Quatre raisons à cela :

  • la fermeture des services publics de proximité les a privés de ressources. Martin Malvy, président de l’Association des petites villes de France (APVF) l’a bien dit : « Il y en a assez. On prend coup après coup, c’est un autre visage du pays qui se dessine » ;
  • l’accroissement continu des charges les met dans une situation impossible, alors que les ressources diminuent ;
  • le transfert « en leur faveur » de compétences génératrices de dépenses nouvelles les étranglent, car l’Etat ne leur offre pas de compensation équivalente ;
  • l’accumulation de normes de toute nature engendre elle aussi des dépenses (normes européennes de traitement des eaux, par exemple, justifiées mais sans que soient donnés les moyens de les adopter) ;

Ainsi mis dans une situation impossible, abandonnés par les pouvoirs publics, gérant des questions parfois très complexes, seuls face aux pressions éventuelles des habitants et des promoteurs, de nombreux maires se sont jetés dans les bras de banquiers en quête de chiffre. Alors vient le pire : l’Etat les accuse d’être « trop dépensiers » et d’avoir pris trop de risques !

Que faire ?

La situation doit être changée de fond en comble.

Je l’ai dit dans ma lettre aux maires du 8 juillet 2008 : un combat défensif, seulement local, m’apparaît condamné d’avance. C’est pourquoi, pour faire sauter le verrou de la fatalité financière, il faut rétablir un système de crédit productif public, arrêtant les acrobaties de banquiers incompétents dans ce domaine. L’horizon doit être celui d’un Nouveau Bretton Woods, un nouvel ordre économique et monétaire international dans lequel les Etats souverains reprennent le contrôle de leur monnaie, pour la mettre au service de ceux qui en ont besoin. Que peuvent les maires ? Faire pression sur leur conseiller général, leur député, leur sénateur et même leur banquier pour pousser les feux du débat. C’est le moment, alors que le système financier international s’écroule. Il en faut un nouveau, parlons-en. Car le local étant aujourd’hui plus que jamais lié au national et à l’internationale, nous devons tenir les deux bouts de la chaîne.

A court et moyen terme, la pression doit être mise sur l’Etat pour qu’il rappelle à l’ordre les banquiers, en les contraignant à ne pas laisser se développer les conséquences destructrices de l’application de leurs « produits structurés ». Un moratoire sur les paiements doit être prévu en faveur des cas les plus scandaleux. Quand la partie devient folle, l’arbitre doit siffler la fin ou au moins rappeler les règles d’un jeu sain et normal.

Sinon, que voit-on pointer à l’horizon ? L’ordre voulu par la pseudo-Europe de Bruxelles et les grandes banques : la « rationalisation » du territoire. Pas de péréquation, plus d’aménagement, mais rentabiliser en coupant des têtes. On l’a fait avec la politique agricole, en démantelant les instrument de l’aménagement rural. Maintenant, on veut supprimer les petites communes (le plan de Bruxelles suppose qu’on passe des 36000 actuelles à environ 5000) et éliminer l’échelon « inutile » qu’est le département.

Une simple remarque : c’est en octobre 1940, dans les conditions que l’on sait, que les Conseils généraux ont été supprimés et de nombreuses municipalités dissoutes pour « incompétence » et « malpensance » politique.

La crise financière et monétaire internationale dans laquelle nous sommes plongés ramène les mêmes termes de l’équation. Nous devons apporter la même réponse : Résistance, avec un programme audacieux de développement mutuel, et non adaptation aux contraintes destructrices.

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Pour quoi se bat  ?

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- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

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La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

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Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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