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Les analyses de Jacques Cheminade

Débâcle d’Orange - le premier domino

Il y a moins d’un an, nous étions, disait-on, sur le point d’entrer dans « le meilleur des mondes » technologique. Les « start up du Net » et les « gros opérateurs de télécommunications » se trouvaient à l’avant-garde de la nouvelle économie, bénéficiant de la complaisance aveugle de toutes les banques. Aujourd’hui, la bulle a éclaté. L’erreur serait de considérer que seul ce secteur se trouvera touché ; en fait, il s’agit du premier domino de l’ensemble du système financier et monétaire international qui est tombé.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La filiale mobile de France-Télécom, Orange, a été introduite en Bourse le 13 février, au cours de 9,5 euros pour les particuliers. La valeur de la société, estimée à environ 150 milliards d’euros en août 2000, est ainsi tombée à moins de 50 milliards d’euros ! France-Télécom, elle, est tombée en dessous de 70 euros, toujours le 16 février, soit une perte d’environ les deux tiers de sa valeur par rapport au plus haut de mars 2000 (219 euros).

Orange, qui avait été acheté par France-Télécom sur la base de 6741 euros (44 200 francs) par abonné, ne vaut plus, au cours actuel, qu’environ 1400 euros (9150 francs), soit cinq fois moins.

France-Télécom et Orange ne sont cependant pas des exceptions. Vodafone, premier groupe européen du téléphone mobile, a perdu plus de 50% de sa valeur et retrouve ainsi son cours le plus bas, atteint en mars 1999. L’action Deutsche Telekom est, elle, tombée à 28 euros (contre un plus haut de 105 euros en mars 2000). Toute l’Europe des télécoms (British Telecoms, KPN, Nokia, Ericsson, Telefonica) se trouve dans une situation analogue, et c’est la même chose encore au Japon ou aux Etats-Unis. Il s’agit donc bien d’une crise systémique mondiale touchant l’ensemble du secteur.

Cette crise s’étend dans trois directions.

Tout d’abord, vers les banques. En effet, le financement (dettes et fonds propres) accordé au secteur des télécommunications à travers le monde est passé de 110 milliards de dollars en 1995 à plus de 440 milliards en octobre 2000, d’après une étude de Morgan Stanley Dean Witter, datée du 10 janvier 2001. Sur ce total, les crédits accordés aux sociétés de télécommunications européennes atteignent à eux seuls 300 milliards de dollars (325 milliards d’euros). Comme pour l’immobilier dans les années 1990, la prise de conscience a été tardive : les banques voyaient que leurs prêts étaient accordés à des signatures de très bonne qualité, mais ne voulaient pas voir l’effet boule de neige de l’ensemble. Les banques américains en première ligne sont aujourd’hui Citigroup, BankAmerica (également impliquée dans le fiasco énergétique californien) et Chase Manhattan. IBJ serait la banque japonaise le plus engagée. Quant aux européennes, il s’agit de la Commerzbank, la Dresdner Bank, la Société générale, ABN-Amro, le Crédit lyonnais, BSCH, la Bayerische Landersbank, la BNP-Paribas, la Westdeutsche landesbank et le Crédit suisse.

Le problème est que la plus grande partie de ces crédits ont été obtenus sur la base de cours de Bourse entre deux et trois fois supérieurs aux cours actuels, alors que les opérateurs ont développé leurs acquisitions et leurs fusions par échanges de papier (titres). La baisse de l’un entraîne donc celle de l’autre et limite la possibilité de payer de tous. La solution jusqu’à maintenant trouvée consiste, pour les sociétés, à émettre des obligations - convertibles ou non - pour se procurer des fonds. Ainsi, pour compléter les quelque 10 milliards (contre 14 espérés) qu’elle a tirés d’Orange, France-Télécom a émis des obligations convertibles pour 3 milliards d’euros. Elle a dû tout de suite affecter 7 milliards d’euros (sur environ 13) au rachat à Vodafone (ex-propriétaire d’Orange) des actions France-Télécom qui lui avaient été données hier en paiement, avec promesse de rachat. France-Télécom paiera ses propres titres au prix plancher convenu de 104,2 euros, alors que son cours actuel est de - nous l’avons dit - moins de 70 euros : bonjour l’ardoise ! Avec le reste, c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros, France-Télécom devra refinancer son énorme dette de 60 milliards d’euros.

L’exemple de France-Télécom montre ainsi que la situation financière des gros opérateurs n’est pas fameuse. Or, au cours des 6 à 9 prochains mois, les échéances des 7 plus gros opérateurs européens s’élèvent à environ 80 milliards de dollars (environ 86,5 milliards d’euros). Et au niveau mondial, le chiffre est de 200 milliards d’euros.

Un marché obligataire trop sollicité

Là se trouve le second point d’extension de la crise : toutes ces sociétés devront aller sur le marché obligataire en même temps, Dans le contexte d’une contraction , l’on peut mesurer la dimension du problème : les belles signatures vont se battre comme des chiffonniers, poussant l’ensemble du marché à la baisse.

Enfin, en particulier en France, et c’est le troisième facteur d’extension, l’Etat se trouvera fort dépourvu. En effet, celui-ci possède 55% de France-Télécom, dont environ 930 milliards de francs se sont envolés : c’est presque le montant envisagé par le fonds spécial pour les retraites. Par ailleurs, fin janvier, il a vu lui échapper 65 milliards de francs, car Bouygues et Suez-Lyonnaise ont renoncé à être candidats dans la course aux licences UMTS, le mobile de la troisième génération. Certes l’Etat réduire ses exigences pour attirer d’autres candidats et obtenir des fonds dont il a tant besoin, mais il se trouve coincé entre Charybde et Scylla : ne trouver personne ou brader. La même chose est arrivée en Belgique.

L’on voit donc que le système forme un tout, dans lequel l’onde de choc se propage de plus en plus vite : le croisement des réseaux banques-entreprises-marché-Etat, qui jouait un rôle de levier à la hausse, devient levier à la baisse.

Faut-il donc privatiser France-Télécom - c’est ce que propose Anne-Marie Rocco dans Le Monde du 16 février, comme si le problème était franco-français - ou bien n’est-ce pas plutôt « la fin du rêve économique américain », comme le disait la veille Laurent Mauduit ?

Poser la question, c’est y répondre. Il est temps que la gauche plurielle et la France en général se réveillent : le « trou d’air » de Laurent Fabius est la fin d’un système. Il faut en sortir vite, tant que nous en avons encore les moyens. Car ce n’est pas seulement Michel Bon, comme le disent les employés de France-Télécom de Bordeaux, qui « parle surtout au marché et pas beaucoup au personnel », c’est toute notre classe politique.

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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