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Les écrits de Lyndon LaRouche

Dialogue avec la sénatrice Brisca Menapace : De grands projets pour unir les Etats et en finir avec la guerre et la pauvreté

Le 6 juin 2007, Lyndon LaRouche a donné une conférence de presse au sénat italien, qui s’est quasiment transformée en interview avec son hôte, la sénatrice Lidia Brisca Menapace de Refondation Communiste. Nous publions ici quelques éléments significatifs de ce dialogue.

Sen. Lidia Brisca Menapace : Avant tout je veux préciser que cette conférence de presse vise à faire entendre une voix américaine différente. Généralement, les médias de notre pays rapportent seulement les propos de ceux qui sont en faveur du gouvernement au pouvoir. Et donc, toute personne osant critiquer ce que font les Etats-Unis est automatiquement étiquetée anti-américaine. [LaRouche rit] C’est pourquoi il est si important pour nous d’établir un dialogue avec quelqu’un qui, bien qu’il ne le soit pas, serait considéré en Italie comme un « anti-américain » !

Lyndon LaRouche : [Rires] Je suis difficilement anti-américain. Je suis quelqu’un de très américain. Je suis un personnage dans les institutions des Etats-Unis et sur des enjeux comme celui de la guerre et de la politique actuelle du gouvernement des Etats-Unis, je pense avoir le soutien d’une large majorité dans les rangs du parti Démocrate.

Brisca Menapace : C’est la même chose pour moi. J’ai été traité d’anti-italienne uniquement pour avoir critiqué Berlusconi, alors que j’ai été une combattante des Partisans, donc on ne peut pas dire que je n’aime pas mon pays.

LaRouche : Je pense que c’est ainsi que les gens évitent les enjeux importants, en utilisant des « anti-ci » et « anti-ça » plutôt que d’essayer de comprendre ce que les autres essayent de développer réellement. Par exemple, je pense que les politiques de mon propre gouvernement ne sont bonnes ni pour l’Italie, ni pour mon propre pays ! [Rires] Nous sommes en train de détruire l’armée américaine sur ordre de notre président, ce qui n’est pas de sa part un geste vraiment pro-américain. Nous, pas seulement les Etats-Unis mais les britanniques et d’autres aussi, détruisons l’économie mondiale. Nous avons engendré dans la période récente, plus de souffrances chez les 80 % des familles les moins aisées de part et d’autre de l’Atlantique, que depuis 1945. Donc je ne pense pas que les gouvernements en place puissent se définir comme défenseurs de leur propre peuple. Il est évident que nous devons changer les choses. Tous les gouvernements ont besoin de changements, non seulement en eux, mais surtout entre eux, dans les relations internationales.

Brisca Menapace : Je suis complètement d’accord. Et je voudrais vous dire ce qui m’a le plus impressionnée dans ce que vous avez dit à la Commission de la Défense hier. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est ce que vous avez dit sur le lien direct entre le développement des infrastructures et des hommes, et les dépenses militaires, ce qui est habituellement considéré comme deux choses contraires. Vous avez souligné la connexion de l’aspect civil avec le militaire et c’est très important. Et j’ai été aussi très impressionnée par ce que vous avez dit au sujet de l’énergie nucléaire, car je suis une des seules dans la gauche italienne pensant qu’il est erroné de mettre l’énergie nucléaire de côté, car la physique peut être développée de telle manière que l’énergie nucléaire soit utile.

(...)

Brisca Menapace : Je voudrais revenir brièvement sur ces deux questions qui m’ont impressionnées à la Commission de la Défense : l’énergie nucléaire et l’infrastructure reliée au militaire.

LaRouche : Le problème qui se pose à nous ici, c’est l’ignorance générale de la science physique qui fait que les gens acceptent l’idée des rayons du soleil comme alternative. Du point de vue de la science physique, cette présomption relève de l’incompétence. L’idée de mesurer l’énergie en Watts ou autres choses, est erronée. L’énergie se mesure en « flux de densité énergétique », c’est-à-dire l’équivalent de la concentration de l’énergie par kilomètre carré, ou par centimètre carré ou par centimètre cube. Ainsi lorsque vous passez à une densité d’énergie plus haute, vous pouvez accomplir des changements de nature plus agissants que lorsque vous utilisez de l’énergie à basse température. Voilà l’enjeu.
Avec l’énergie de fission, il y a des choses que l’on peut faire dans l’univers, et que l’on ne peut pas faire avec des énergies moins puissantes.

Et pour faire d’autres choses, il vous faut de l’énergie de fusion thermonucléaire. Ainsi, comme je l’ai dit hier, le problème du monde est double : d’abord l’eau, ensuite le carburant de base. Pour l’eau nous avons une pénurie très grave d’eau douce pour la consommation humaine. Nous devons donc adopter l’énergie nucléaire comme seul moyen capable de produire de grandes quantités d’eau douce pour la consommation humaine.
Deuxièmement, nous transportons du pétrole sur toute la planète. Ce pétrole est un produit brut mais avec un prix très fort à cause du transport et de la spéculation. Avec l’énergie nucléaire, avec un réacteur de 800 mégawatts, on peut produire du carburant à base d’hydrogène, plus efficace et propre que les carburants issus du pétrole. On peut les produire localement avec de l’énergie de fission. Nous avons donc un carburant dont le déchet est de l’eau, ce qui n’est pas vraiment un polluant.

Brisca Menapace : Je suis complètement d’accord là-dessus. En fait ce que je pense que nous devrions faire, c’est repenser totalement la physique du noyau. Par exemple, le fait que la physique nucléaire ne doit pas dépendre de la guerre comme à l’époque de Einstein et Oppenheimer, mais de la paix et des projets pacifiques. Et je pense que le mieux serait la fusion froide, ce qui éviterait tous risques.

LaRouche : la fusion froide n’est pas réellement une source d’énergie, c’est une technologie qu’on applique.

Brisca Menapace : mais est-ce que ça fonctionne pour ces problèmes ?

LaRouche : Oui, il est très utile de travailler sur ces domaines, mais il y a certaines spécificités requises pour l’énergie. On ne devrait pas sous-estimer l’importance de ce travail. Nous arrivons dans une époque où nous avons vécu pendant longtemps en supposant que nous tirions les matières premières de la Terre. Et en fait, nous arrivons à un moment où si nous voulons maintenir un niveau de vie élevé pour les gens, nous devons provoquer des changements dans la chimie afin de fournir les matériaux nécessaires pour des niveaux de vie élevés et pour des matières premières peu onéreuses. Donc en la matière, tous les domaines d’expérimentation sont importants. Ce peut être une source d’énergie utile ou pour nous donner, par exemple, un sous produit de la fission nucléaire. Un des plus gros usage aujourd’hui ce sont les isotopes nucléaires radioactifs, utilisés pour traiter les cancers et d’autres types de problèmes.
Donc il est extrêmement important de développer des méthodes expérimentales pour développer de nouveaux genres d’isotopes et leurs usages, notamment pour la médecine. C’est aussi très utile pour nous permettre de produire de nouveaux types de matériaux qui pourront répondre aux besoins de la Chine avec ses 1,4 milliard d’habitants et l’Inde avec 1 milliard. Dans les deux pays, 70 à 80 % de la population est très pauvre. Il y a ce type de situation dans toute l’Asie. La situation de l’Afrique est encore plus effroyable. Sans ces technologies, nous ne pourrons répondre aux besoins des futures générations d’Asie, d’Afrique et même d’Europe.
Donc ce développement des technologies et de la recherche scientifique aussi bien que de leurs applications dans tous les domaines, est nécessaire pour nous donner un répertoire d’options pour affronter ces problèmes mondiaux. Et ce doit être coordonné par les gouvernements, sans toutefois leur être exclusif.

(...)

LaRouche : Le problème c’est que l’ensemble du système éducatif mondial est défectueux, et nous n’éduquons plus les gens scientifiquement comme nous l’avons fait avant. Etant donné que la théorie de l’information n’a rien de scientifique, il nous faut développer un cadre scientifique nous rendant capable de faire face à ces problèmes de ressources. Nous devons spécifiquement mettre nos efforts sur les études supérieures, et c’est à cela que je travaille avec les programmes pilotes d’éducation avec notre mouvement de jeunes. Et nous avons démontré qu’il est possible d’accomplir ce changement, nous devrions donc le faire !
Et nous devons former un encadrement fait de jeunes gens engagés, qui seront les grands scientifiques de demain. Après tout nous sommes humains et le développement des qualités des être humains dans la société détermine ce que la société va devenir.

Brisca Menapace : Ce que vous avez fait avec les jeunes, c’est apprendre comment ne pas devenir bête.

LaRouche : Ce que nous avons fait est de revenir à une approche classique, basée sur la tradition grecque ancienne des Pythagoriciens, de Platon et autre. Nous avons commencé avec les contributions des Pythagoriciens, et de Platon et ses associés, ensuite nous avons poursuivi avec la Renaissance européenne qui était centrée en Italie, et qui a démarré autour du Concile de Florence. Et c’est là, sous la direction de Nicolas de Cues que la science est née à nouveau. Et depuis les héritiers de de Cues, comme Leonardo de Vinci et évidemment Kepler, toute la science moderne et ses accomplissements ont, soit été une résurrection de leurs idées, soit directement une percée de leur propre œuvre : les progrès réels de la qualité scientifique de l’éducation se situent tous dans la lignée de Kepler jusqu’à Einstein.
J’ai fait des groupes de 5 à 6 personnes. Je leur ai donné une mission. Par exemple j’ai donné à un groupe la première étape de la Nouvelle Astronomie de Kepler. Et ils ont fait un travail brillant. J’ai donné à un deuxième groupe de taille équivalente, le deuxième livre de l’Harmonie du Monde. Ensuite nous sommes passés au problème de l’astéroïde de Ceres résolu par Gauss. Puis nous irons vers la physique riemannienne. Ces groupes ne font pas qu’étudier et apprendre. Ils revivent les découvertes par l’expérience, indépendamment de moi. Je donne forme au défi, ils fournissent les réponses.

(...)

LaRouche : Il y a quelques principes fondamentaux que l’humanité a apprise, des principes physiques universels, dont le meilleur exemple est la découverte de la gravitation par Kepler. Et ces quelques principes sont en fait le modèle pour tous les types de connaissance. Et si les gens connaissent cela, ils peuvent apprendre moins et en savoir plus.

Brisca Menapace : Exact. Je voudrais parler de l’éducation pendant des heures car je sais que vous aimez ça. Mais je voudrais finir en vous posant la question, que vous avez développée devant la Commission de la Défense, celle du lien entre l’infrastructure, les armes et la guerre.

LaRouche : Et bien d’abord, pour parler des fondements, lorsqu’on parle de guerre, on parle du pouvoir de faire la guerre ou la paix. Donc l’enjeu est de développer les capacités humaines, et d’utiliser cette puissance développée en l’être humain pour résoudre les problèmes de paix ou de guerre. L’objectif de la guerre, si tu dois la faire, est de l’arrêter aussi vite que possible.
J’ai souvent utilisé le cas de Louis XI, qui fonda en France le premier état nation moderne en achetant ses ennemis, car tout le monde était son ennemi, l’Espagne, l’Angleterre, etc. Il a corrompu ses ennemis pour donner la paix à son peuple, pour qu’il puisse se développer. Et c’était le modèle économique le plus réussi des temps modernes, un succès imité en Angleterre sous Henry VII. Il a payé des pots de vin pour éviter la guerre, dans le but d’apporter à son peuple les bienfaits et la prospérité de la paix.
Dans le cas de la deuxième Guerre mondiale et de sa fin : comme je l’ai dit hier, les Etats-Unis avaient, à partir d’une dépression, bâti la plus grande économie et la machine de guerre la plus efficace en terme de capacité matérielle que le monde ait jamais vues. Nous étions, à la fin de la guerre, la plus grande puissance militaire que le monde ait vue, réunie en une seule nation. L’intention de Roosevelt était d’utiliser cette puissance en convertissant la machine de guerre en mécanisme de développement pacifique pour transformer le monde : éliminant toutes les colonies, libérant tous les peuples, et leur donnant l’assistance pour développer leurs nations. Il y a donc interchangeabilité entre arsenal de paix et arsenal de guerre. La capacité militaire reste toutefois un gaspillage si tu peux éviter la guerre. Mais cette même capacité est utilisée pour la paix.
Nous avons désormais une situation sans précédent dans le monde. Les britanniques mènent actuellement le monde vers une nouvelle guerre mondiale. Le conflit actuel avec la Russie, qui vient plus de la Grande Bretagne alors que les Etats-Unis ne sont que des complices, est une grande menace pour l’humanité. Ce sera horrible, au-delà de tout ce que peuvent s’imaginer les gens.
Mais en même temps, si nous utilisons pour le développement économique les capacités que nous avons, et que nous utilisons le développement économique comme une arme pour la coopération, une arme pour construire, une arme pour le progrès, alors nous réussirons.

(...)

Brisca Menapace : (...) l’Europe peut-elle être un exemple de mise en commun des langages et des cultures pour créer une nouvelle capacité politique comme vous le mentionnez ? Qu’en pensez vous ?

LaRouche : Nous avons approche cet état plusieurs fois en Europe, mais le problème c’est que l’Europe a un passé oligarchique que les gens ont fui en venant en Amérique pour échapper à cette influence oligarchique. Donc il y a des gens d’origine européenne aux Etats-Unis qui ont fait un très bon boulot lorsqu’ils avaient un président décent.
Mais en Europe c’est plus difficile car l’oligarchie, cette oligarchie financière, continue à régner et à empêcher deux choses : elle empêche le développement du peuple. Comme dans le Prométhée enchaîné d’Eschyle, où Zeus ordonne que Prométhée ne puisse pas enseigner aux gens l’usage du feu. Donc ce qui se passe c’est qu’il y a un système hybride où les oligarchies tendent à contrôler les pays européens par le haut, à l’exception de quelques période culturelles, comme en Allemagne à la fin du 18ème siècle où des personnes comme Lessing et Mendelssohn ont initié la renaissance classique. Mais généralement, le problème en Europe a été l’oligarchie et l’Europe a été écrasée de manière répétée par la prise de pouvoir de l’oligarchie...l’oligarchie, l’oligarchie ! et particulièrement l’oligarchie financière.

(...)

LaRouche : [pour échapper au contrôle de cette oligarchie] Ma perspective est celle de grands projets comme celui dans lequel nous sommes à présent engagés. Il y a trois cultures majeures en Eurasie et qui s’étendent à d’autres parties du monde. : la culture européenne, la culture eurasiatique dont la Russie et son orient sont plus proches que de la culture européenne, et la culture asiatique.
Ce que je prévoie c’est un engagement dans une coopération sur 50 ans entre l’Asie, l’Eurasie et l’Europe mais dans une politique mondiale, et c’est pour cela que les projets de construction du rail sont si importants. Cette nouvelle politique planétaire repose sur la création de crédits à long terme pour élever les niveaux de vie à travers des grands travaux d’infrastructure et par l’éducation afin de libérer les peuples asiatiques pauvres. Ce projet prendra 50 ans pour être réalisé. Si nous nous engageons à établir des traités pour émettre du crédit entre nations sur ces grands projets, et que nous avons une participation équitable dans ces projets, je pense que nous pouvons recréer la base culturelle pour des relations politiques entre nations sur une base rationnelle.
Mais ça nous prendra 50 ans et nous devons reconnaître qu’aujourd’hui nous sommes dans une crise existentielle de civilisation. Et nous devons y répondre par des grands projets pour unir les nations dans un effort commun. Puis à partir de cet effort commun, il se passera ce qu’il doit se passer.

(...)

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

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La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

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L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

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