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Les analyses de Jacques Cheminade

EADS : scandale et insieste

Par Jacques Cheminade

Le scandale qui frappe aujourd’hui EADS présente un point commun avec celui qui, hier, aboutit à la ruine des actionnaires d’Eurotunnel : lorsque le service public se trouve dévoyé et qu’on laisse une cabale d’intérêts particuliers faire ce qui devrait revenir à l’initiative publique, le désastre économique et social devient inévitable.

Pour EADS, il est clair que ce désastre aboutit à une réorganisation de la société, avec 10 000 licenciements à la clé, et à une remise en cause de la gestion de la Caisse des dépôts et consignations, grande perdante de l’affaire, « justifiant » que les activités les plus rentables de la vieille maison soient livrées au privé, supposé plus raisonnable. Les « erreurs » du public sous influence d’intérêts privés serviraient ainsi de prétexte à plus de privatisations !

EADS :
Soutien à la journée d’action CGT, le 23 octobre

Nous soutenons totalement la journée d’action prévue par la CGT le 23 octobre contre la vente du site de Méaulte, élargie aux syndicats de la métallurgie. Le plan Power 8, qui annonce 10 000 suppressions d’emplois et qui touche de plein fouet Méaulte, coeur de l’aéronautique française depuis la construction des Potez 25, est d’autant plus scandaleux que 1200 cadres d’EADS, et encore plus scandaleusement Arnaud Lagardère, se sont enrichis sur le dos de l’effort des salariés qu’aujourd’hui ils mettent à la porte. En commettant, de surcroît, un délit d’initié.

L’Etat, au nom de l’intérêt général, de la justice sociale et de l’intérêt des travailleurs, doit reprendre la main dans EADS car l’outil de production aérospatial est un bien commun concernant directement notre souveraineté nationale.

A noter en passant que Felix Rohatyn, ancien ambassadeur américain à Paris, ancien président de Lazard, est administrateur de Lagardère. Logique : Rohatyn est le grand corrupteur du Parti démocrate aux Etats-Unis et fut de ceux qui fomentèrent le coup d’Etat contre Salvador Allende, le 11 septembre 1973. Logique également que, dans ce contexte et par la bouche du ministre de la Défense, Hervé Morin, la France annonce son retour au sein de l’OTAN.

Voir l’intervention de Solidarité & Progrès à la manifestation de Méaulte

Il est révélateur de récapituler les différentes étapes de l’affaire :

1) Le pacte de 1999 entre Français et Allemands.

Les Allemands ne pouvant alors accepter le fait que l’Etat français puisse se mêler de la gestion, l’Etat français d’alors en profite pour favoriser outrageusement son ami Jean-Luc Lagardère. L’Etat et Lagardère mettent, avec 15 % chacun, leur part dans une holding (la Sogeade) et celle ci est représentée au conseil d’administration d’EADS par un co-président qui n’est autre que... Jean-Luc Lagardère. Celui-ci, parti du tout petit Matra, prend ainsi le contrôle de l’Aérospatiale, le géant public français. Ce scandale est la « mère » de tous les scandales à venir.

2) Novembre 2005 jusqu’à mars 2006 : l’hiver des stock options.

Les cadres et dirigeants d’EADS se sont opportunément pourvus de stock options (possibilité d’acheter un certain nombre d’actions à un prix étudié et de les revendre à un terme défini au prix du marché, ce nombre croissant avec la position hiérarchique des intéressés) dès le début des années 2000.

En novembre 2005 et mars 2006, en deux fois, l’on constate qu’environ 1200 cadres ont vendu leurs stock options en réalisant d’énormes plus-values - 90 millions d’euros au total - sans bourse délier.

Entre le 8 et le 24 mars 2006, Noël Forgeard, l’ancien co-président exécutif d’EADS, lève lui aussi ses options, réalisant 2,5 millions de plus-values pour lui-même et 1,2 millions cédés à ses enfants pour échapper à l’impôt sur les plus-values.

Surtout, Arnaud Lagardère, héritier de Jean-Luc, notifie à l’Etat, le 8 mars 2006, la vente de la moitié des actions EADS que possède son groupe, soit 7,5 % du total.

Le 4 avril, l’opération est réalisée. C’est la banque Ixis, filiale de la Caisse d’épargne, qui se charge de racheter les titres à un prix de 32,60 euros et de les redistribuer. La Caisse des dépôts et consignations, CDC, acquiert pour sa part 2,25 % sur les 7,5 % de Jean-Luc Lagardère.

Immédiatement après ces opérations, le titre EADS plonge jusqu’à atteindre le cours de 18 euros (il est aujourd’hui à 22,5 euros). La Caisse des dépôts doit alors provisionner 190 millions d’euros de pertes et le groupe Lagardère gagne plus de 700 millions ! En bref, par ses achats, la CDC, sous tutelle publique, a permis à un investisseur privé, Lagardère, de réaliser un gain très intéressant !

3) 2007 : l’Autorité des marchés financiers (AMF) intervient.

L’AMF transmet le dossier aux autorités judiciaires et les auditions des principaux intéressés par les commissions des Finances et du Sénat sont retransmises par la Chaîne parlementaire. Ce que des milliers d’initiés savaient devient ainsi public : le ministre des Finances d’alors, Thierry Breton, est accusé d’avoir enrichi un actionnaire privé au détriment de l’Etat.

La question qui se pose est la suivante : Breton et la Caisse des dépôts savaient-ils qu’Airbus, ne pouvant vendre son A 350, avait dû lancer l’A350 XWB, avec un investissement multiplié par deux à environ 10 milliards d’euros, et surtout que la livraison de l’A380 allait souffrir de très nombreux retards ? Ce sont ces deux faits - et surtout le second - qui ont provoqué, entre mars et juin 2006, l’effondrement du titre EADS en Bourse.

Thierry Breton a tout nié, disant qu’il ne connaissait pas la gravité de la situation d’EADS et qu’il n’avait appris le rachat de 2,25 % par la CDC que par la presse. Cette ligne de défense ne tient pas, d’autant plus qu’un précédent peut être invoqué à l’encontre de l’ancien ministre, celui de l’affaire Rhodia, dont il sortira difficilement blanchi. Ajoutons sa mise en cause, avec Jean-René Fourtou, dans l’affaire Nagra et en tant qu’ancien président de France Télécom, dans les ententes sur le GSM.

Trois choses l’incriminent dans l’affaire EADS. Tout d’abord, l’ancien ministre a eu en sa possession une note de l’Agence des participations de l’Etat (APE), datée du 20 janvier 2006, lui conseillant de vendre une partie des 15 % que l’Etat détient dans EADS. Il lui était indiqué que le coût de l’action allait fléchir. Ensuite, un mémorandum confidentiel daté du 21 février 2006, adressé par Lagardère à Matignon, décrit en détail la vente d’actions qu’il prépare et cite parmi ses acquéreurs potentiels la CDC. Enfin, en ce qui concerne la CDC, pour qui connaît tant soit peu nos mœurs, « tout l’Etat savait que la Caisse allait acheter ». D’autant plus qu’Augustin de Romanet, actuel patron de la Caisse, était à l’époque secrétaire général adjoint de l’Elysée et suivait le dossier EADS. En affirmant que « l’Etat a été irréprochable », Thierry Breton s’avance avec une certaine témérité.

L’affaire en est là, envenimant les affaires franco-allemandes sur fond de rivalités entre Daimler et Lagardère, et jetant la suspicion sur la gestion de toute l’industrie aérospatiale.

Si c’était l’occasion de sa remise en ordre, et du retour à une responsabilité de l’Etat, nous serions favorables à ce que cette occasion soit saisie.

Malheureusement, il ne semble pas que l’on s’oriente dans cette voie. L’Etat, majoritaire dans la Sogeade, en a cependant laissé la présidence à Arnaud Lagardère. L’insieste, inceste entre milieux financiers et politiques sur fond de sieste stratégique, continue donc. Certes, l’on dit Nicolas Sarkozy aujourd’hui agacé par celui qui hier se proclamait « son frère ». Cependant, même si un pion était sacrifié - de toute façon, Arnaud Lagardère s’intéresse surtout aux sports et aux médias - rien ne serait réglé sur le fond. La synarchie financière mute mais reste pour l’instant en place. Et enfin, comme nous le disions au début, la faute de la CDC - pilotée par le pouvoir - semble devoir servir de prétexte à réaliser le rêve des ultra-libéraux : donner au privé la partie la plus rentable des activités de la vieille maison.

Le fait que ce soit Le Figaro de Marcel Dassault qui ait révélé toute l’affaire laisse un peu rêveur. La sieste de la raison, à laquelle se livre l’Etat, engendrera-t-elle de nouveaux petits monstres ? C’est là que se situe le combat politique qui se livre, que nous livrons, pour un contrôle et un service publics, à cette heure avancée de l’histoire. Le monde se trouve face à un risque immédiat de crise financière et de conflit militaire en Iran. Il serait temps que nous redevenions sérieux et souverains sur l’essentiel.

A lire et à distribuer : Le tract distribué par Solidarité & Progrès à Méaulte

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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