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Les analyses de Jacques Cheminade

EDF, Alsthom : privatisations remises en cause, règne des technocrates financiers

Alors que les fermetures d’usines se multiplient et que la désindustrialisation s’accélère en France, les choix économiques néo-libéraux se trouvent brutalement remis en cause, malheureusement plus par les circonstances que par la volonté des hommes. La panne de New York, la crise californienne - révélant l’incroyable vétusté du réseau électrique confié à des opérateurs privés - et les coupures de courant survenues fin juillet en Italie ont fait prendre conscience que privatisation et libre-concurrence mènent tout droit au désastre, dans un secteur de base comme l’énergie.

Le sauvetage d’Alsthom par l’Etat montre, de son côté, que la gestion privée dans un domaine touchant à l’équipement à long terme (turbines nucléaires, transport et distribution d’électricité, construction ferroviaire et navale) peut s’avérer également catastrophique. Ce qui est en jeu ici n’est pas tant une formule (le public ou le privé) mais la soumission de tous à un ordre financier qui favorise la loi du plus fort et le court terme, au détriment du bien commun et d’un horizon long.

EDF : coup d’arrêt à la privatisation

En ce qui concerne EDF, tout paraissait, il y a quelques semaines encore, conduire à un changement de statut et à une privatisation partielle. L’ouverture du capital était souhaitée aussitôt que possible par le gouvernement de droite, pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, boucher les trous produits par la crise et compenser le manque à gagner d’une baisse des impôts bénéficiant aux plus riches. De Dominique Strauss-Kahn à l’extrême-droite, l’on jugeait la cause entendue.

Cependant, la « crise américaine » a ouvert les yeux à beaucoup : elle a montré qu’un marché prétendument libre est aisé à manipuler. Deux études sont venues confirmer le fiasco des « marchés ». Tout d’abord, un rapport 2003 du bureau d’expertise américain NUS Consulting Group, analysant l’évolution du prix de l’électricité des quatorze pays occidentaux et rendu public par Les Echos du 23 juillet, conclut : « La dérégulation semble loin de garantir aux consommateurs une baisse des prix. Au contraire, elle se traduit souvent par des hausses répétées et parfois considérables. » Ensuite, et mieux encore, une Note bleue, publiée en juillet par la Direction de la prévision de notre ministère des Finances, reconnaît qu’une crise « à la californienne » est tout à fait envisageable en Europe. Pourquoi ? Parce que dans un marché livré à la libre-concurrence par l’idéologie « européenne » dominante, et où EDF se trouverait partiellement privatisée, la loi du gain à court terme l’emporterait sur tout autre facteur.

Aujourd’hui, la capacité de production est excédentaire en Europe, ce qui est une très bonne chose, car l’électricité est vendue à un prix modéré, ce qui constitue un stimulant pour les grands travaux eurasiatiques nécessaires à une reprise générale. Cependant, si la logique financière de court terme règne, personne, dans ces conditions de prix, n’investira à long terme. Sans intervention publique des Etats, à l’abondance succédera donc une contraction : « La volatilité des prix, dit l’étude, ne pourra qu’augmenter, et dans les cas de pointe extrême, à l’horizon de quelques années, l’offre pourrait être insuffisante. Ce risque est renforcé par la stratégie des opérateurs dominants qui tentent de fusionner pour résorber les surcapacités et qui pourraient, dans certaines circonstances, organiser la pénurie pour faire augmenter les prix. » Certes, répondra-t-on, mais il y a des agences de régulation. Le problème est que celles-ci sont nationales, qu’elles n’ont pas de pouvoir de sanction et que leur autorité resterait donc quasi nulle vis-à-vis de producteurs indépendants.

Aussi, même l’entourage de Francis Mer et même les journalistes du Monde commencent à penser que « l’interruption du compte à rebours vers la privatisation » devient nécessaire. D’ores et déjà, EDF abandonne sa stratégie multinationale tous azimuts et se recentre sur l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, le Benelux et l’Allemagne.

Le choix est donc de plus en plus clair&nbsp : soit on privatise, on suit une logique de concurrence et on crée inéluctablement une situation de crise « à l’américaine », soit on maintient une logique de service public, de même prix assuré à chaque consommateur, d’investissement productif et d’horizon à long terme, impliquant le renouvellement de notre parc nucléaire.

C’est sur la nature de ce choix déterminant que l’on pourra établir qui est pour le progrès économique et social, et qui est l’agent d’une logique financière.

Alsthom : une nationalisation tragicomique

Alsthom se trouvant à la dérive, par la conjonction d’une crise mondiale frappant tous les investissements à long terme et par les erreurs grossières de gestion du tandem Pierre Bilger - Philippe Jaffré, les services de Francis Mer ont dû aller à l’opposé de l’idéologie officielle prévalant depuis une quinzaine d’années, et renationaliser ! Pour sauver l’entreprise, l’Etat souscrira à la moitié d’une augmentation de capital (300 million d’euros), devenant ainsi le principal actionnaire avec 31,5% du capital. En outre, il investira 300 autres millions en titres obligataires et sera caution à hauteur de 3,5 milliards d’euros des emprunts du groupe. Pierre Bilger, lui, a dû restituer 4,1 millions sur les 5,1 millions d’indemnités de départ qu’il avait reçues pour prix de ses erreurs ! Francis Mer a résumé la situation en déclarant, dans un entretien au Monde publié le 8 août : « On ne peut pas laisser l’Europe n’être qu’un marché (...) Le problème de l’Europe est d’avoir une certaine politique que je ne qualifierai pas d’industrielle, mais au moins d’économique. »

Ce qui reste à faire

L’on ne peut que se féliciter de ces premiers signes de retour à une vision moins prédatrice de l’économie. Le vice a dû rendre hommage à la vertu. Cependant, tout reste à faire.

Tout d’abord, en « sauvant Alsthom » ;, le gouvernement a d’abord sauvé les banques qui s’étaient engagées à hauteur de 17 milliards d’euros, une somme disproportionnée par rapport aux maigres fonds propres d’Alsthom (1 milliard). La Société générale, BNP-Paribas et le Crédit lyonnais évitent ainsi d’être entraînés dans la chute d’un client, sans qu’il leur en coûte grand-chose. L’Etat paie pour elles.

Ensuite, la politique sociale de tout le groupe Alsthom laisse à désirer. Ainsi, les Chantiers navals de l’Atlantique ont fait appel à un sous-traitant, qui a « importé », via des passeurs mafieux, des ouvriers roumains payés misérablement et au lance-pierres.

Enfin, des cas comme ceux d’EDF ou d’Alsthom révèlent que l’Etat français ou l’Europe ne peuvent plus avoir de politique volontariste, et sont condamnés à jouer les brancardiers après la casse. En effet, des agences technocratiques, européennes ou nationales, exercent un pouvoir de fait alors que l’Etat a perdu la maîtrise du budget (Maastricht), de la monnaie (Banque centrale européenne), de la politique des prix et de la concurrence (directions de Bruxelles). Ce qui est en jeu ici n’est pas une localisation du pouvoir (Europe ou France), mais la mainmise sur celui-ci par une technocratie de plus en plus synarchique, comme lors des années trente.

Nous reviendrons bientôt sur ce sujet fondamental. Le défi est de retrouver un Etat sous contrôle citoyen, qui serve le bien commun et agisse à long terme, hors du contrôle de pseudo-experts servant un agglomérat d’intérêts particuliers malthusiens. Une fois de plus, la République contre l’Empire, ou les empires.

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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