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Les analyses de Jacques Cheminade

Fraternité franco-britannique : la servitude volontaire de Nicolas Sarkozy

par Jacques Cheminade

« Lune de miel franco-britannique » (Le Figaro), « alliance privilégiée avec la Grande-Bretagne » (Le Monde), « déclaration d’amour à Albion » (Le Parisien) : la presse française ne s’y est pas trompée, c’est l’hommage d’un vassal à son suzerain que Nicolas Sarkozy a rendu lors de son voyage en Grande-Bretagne. Nous ne pouvons en éprouver que de la gêne, de la honte, du chagrin et de la pitié. Nous devons surtout dire qu’à ce moment de l’histoire, ce signe de servitude volontaire est extrêmement grave, car il conforte le projet insensé des élites financières et politiques britanniques de contrôler la période chaotique dans laquelle nous entrons par la force de l’argent, du quadrillage social et d’une stratégie de tension militaire. Sans le comprendre sans doute, dévoré par une ambition de plaire à ceux qui l’ont assisté dans sa course présidentielle, Nicolas Sarkozy joue ainsi le rôle d’apprenti-sorcier ou de lapin Duracel dans une course à l’abîme.

Ceux qui pensent que nous exagérons devraient mesurer l’ampleur de l’hommage, ensuite son contexte et, enfin, ce à quoi il mène.

Ampleur de l’hommage

Le discours prononcé le 26 mars devant les chambres des Communes et des Lords réunies dans la Galerie royale de Westminster exprime un acte d’allégeance sans précédent.

« Au nom du peuple français, je suis venu proposer au peuple britannique qu’ensemble nous écrivions une nouvelle page de notre histoire commune, celle d’une fraternité franco-britannique, une fraternité pour le XXIe siècle. » Voilà un mot arraché à la devise de notre République et livré à une monarchie impériale sans scrupules ni amour de son propre peuple.

« Vous êtes devenus pour nous un modèle, une référence, et nous devons nous inspirer de ce que vous avez su faire, quelle que soit la couleur de vos gouvernements, ces vingt ou trente dernières années. » Quand il aime, Nicolas Sarkozy ne compte pas. Il se livre en bloc, dans une révérence commune à la conservatrice Margareth Thatcher, au travailliste Tony Blair ainsi qu’à son successeur Gordon Brown. Le Royaume-Uni est pour lui « un idéal humain et politique » et il fait du système politique anglais « la pierre angulaire de toute démocratie ». La nullité de sa culture historique transparaît crûment, ainsi que sa mentalité de parvenu. Apprenant que lui-même et son épouse allaient passer la nuit à Windsor, la résidence royale où habite Elizabeth II, il s’est écrié : « Demain, je serai à Windsor, c’est la classe ! » Puis, en insistant : « S’il y a un problème de style, j’espère que vous apprécierez l’habit que j’ai fait faire pour la soirée royale. » Si l’on ajoute Rachida Dati et Rama Yade dans leur carrosse, on pense à une équipée d’enfants gâtés ne mesurant pas le gâchis qu’ils provoquent.

Le contexte

L’on en rirait si la situation internationale n’était si grave et le signe donné par Nicolas Sarkozy si dangereux. En effet, aujourd’hui les « hommes de Londres » (relire le livre d’Olivier Blanc sur ceux de la Révolution française) ont un plan de contrôle politique, idéologique, policier et militaire d’un monde « globalisé ». Leur volonté est de détruire les Etats-nations et de mettre en place une sorte d’empire universel, éclaté en féodalités contenues et gérées par des bureaucraties comme, en Europe, celle de Bruxelles.

L’alternative doit être une alliance de Républiques souveraines, opposées à l’ultra-libéralisme et menant ensemble une politique de paix par le développement mutuel, fondée sur l’équipement de la nature et des hommes pour accroître la capacité d’accueil du monde.

Or Nicolas Sarkozy, en prenant le parti de Londres, sabote ce projet. En termes gaullistes, il est celui qui empêche le « salut ».

Même si le bilan réel de la visite apparaît plus léger que le décorum qui l’a entourée, le signe qu’il donne est terrible.

Les conséquences

A court terme, le plus grave est que Nicolas Sarkozy, comme François Mitterrand avant lui, exerce un chantage sur l’Allemagne. Il déclare en effet : « Dans l’Europe d’aujourd’hui, le moteur franco-allemand reste indispensable. Mais il n’est pas suffisant pour permettre à l’Europe d’agir et de peser de tout son poids. Nous avons besoin de rassembler les Vingt-sept, nous avons besoin d’abord de cette nouvelle entente franco-britannique. »

Pour faire quoi ? D’abord, imposer l’ordre européen du Traité de Lisbonne. C’est-à-dire empêcher toute politique de grands travaux donnant une vraie substance à l ’Europe. Car l’article 101-1 du Traité, reprenant l’article 104 de Maastricht, interdit aux Etats d’emprunter auprès de la Banque centrale pour émettre du crédit en vue de financer des investissements publics. Les Etats n’ont le choix qu’entre s’endetter auprès des acteurs privés en leur payant des intérêts ruineux, ou ne plus pourvoir aux besoins essentiels de leurs peuples, ce vouloir-vivre en commun qui fonde la paix.

Ensuite, pour que la France revienne dans le commandement intégré de l’OTAN, en espérant quelques miettes de responsabilités que Londres et Washington lui refuseront de toutes façons. Pour donner des gages, c’est de Londres, devant les deux chambres du Parlement britannique, que Nicolas Sarkozy a annoncé un renforcement de la présence militaire en Afghanistan. Même s’il a admis qu’ensuite « un débat sans aucune réserve » (encore heureux) se déroule devant le Parlement français sur cet engagement, la priorité donnée aux représentants britanniques est scandaleuse. Surtout qu’il s’agit de lancer 3000 de nos meilleurs soldats dans ce que le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, appelle « un merdier ingérable » dans lequel « nous n’avons aucun intérêt à nous impliquer davantage ».

Enfin, alors que, comme l’a affirmé à plusieurs reprises Shimon Pérès, des négociations entre Israël et la Syrie sont nécessaires pour relancer une dynamique de paix au Proche-Orient, Nicolas Sarkozy a approuvé la décision des chefs d’Etat égyptien et saoudien (fortement incités par le vice-président américain Cheney) de ne pas prendre part au sommet de la Ligue arabe à Damas. Il est vrai qu’auparavant, M. Sarkozy avait envoyé là-bas le très compétent Jean-Claude Cousseran, pour ensuite y déléguer MM. Lévitte et Guéant en créant un imbroglio propre à alimenter le parti de la guerre.

Voilà, en quelques mots, vers quoi nous mène le voyage à Londres : vers l’Europe de Winston Churchill, comme M. Sarkozy l’a reconnu lui-même, c’est-à-dire une annexe de l’Empire britannique. Ah ! dira-t-on, mais le Royaume-Uni est faible, la grenouille anglaise ne peut se faire aussi grosse que l’empire universel. Ceux qui tiennent ce raisonnement ne comprennent ni l’état d’urgence dans lequel se trouve le monde, ni l’influence des moeurs, des intérêts financiers et de l’idéologie britannique en Europe et aux Etats-Unis. C’est eux que je combats avec mes amis. C’est eux que devrait combattre la gauche française, au lieu de pérorer, d’analyser et de se battre pour un strapontin dans l’enfer terrestre qui se prépare si rien n’est fait pour arrêter le convoi.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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