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Les analyses de Jacques Cheminade

Inégalités sociales et destruction industrielle

Dans leur « rapport sur la situation économique de la France », remis le 6 juillet 2004, les experts du Fonds monétaire international (FMI) saluent les « réformes économiques » lancées par le gouvernement Raffarin - retraites, assurance maladie - mais l’incitent à aller plus loin : « repenser en profondeur » le SMIC, car son « niveau trop élevé » conduit les entreprises à « ne pas embaucher », et ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Moins d’Etat et plus de casse sociale est donc bien la règle du jeu de l’oligarchie financière et de ses banquiers multinationaux.

Avec de telles recettes, les Français ont déjà subi une avalanche de « plans sociaux » d’une rare violence (Altadis, ST Microelectronics, Matra, Schneider Electric, Doux, Alcatel, Giat Entreprises, Alstom...) et plus de 1,7 million d’emplois « nets » ont été détruits dans nos usines lors de ces vingt dernières années. L’on nous fait croire qu’une telle purge serait inéluctable pour entrer dans l’âge moderne d’une société de services financiers et l’on nous demande de continuer, en pire.

C’est en fait depuis une trentaine d’années que tout a commencé. Louis Chauvel, sociologue à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) vient de le dire avec brutalité : « Or depuis la fin des années 70, et surtout avec le choix de la politique de rigueur en 1984, nous avons changé de monde. » Ce changement - et c’est ce que nous voulons montrer ici - s’est reflété dans trois choses : on a créé une classe d’exclus « condamnés » à rester au bas de l’échelle, les disparités sociales se sont aggravées au détriment des jeunes, des ouvriers, des employés et des femmes, et les 5 à 10% des plus riches ont monopolisé les réseaux de pouvoir et les machines électorales. Un tel système ne peut plus assurer un avenir à notre société et si nous suivons encore les recettes du FMI, nous allons détruire notre propre substance sans espoir de nous relever avant plusieurs dizaines d’années. C’est pourquoi il faut dire non, non tout de suite, et redémarrer d’un autre pied.

Un parc à exclus

Le fonctionnement du système « social-libéral » a abouti à créer un réservoir d’êtres humains condamnés à survivre de très bas salaires et de prestations sociales (le revenu des ménages les plus pauvres était constitué, en 2001, à 30% par des transferts sociaux).

D’après l’INSEE, en 2003 comme en 1998, 7% des ménages ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté (538 € par mois, 3529 F pour une personne seule). Cependant, il s’agit d’une sous-évaluation patente de la misère. L’INSEE exclut en effet de son champ statistique les ménages dont le chef de famille est militaire ou étudiant, alors que 25% des personnes entre 20 et 25 ans se trouvent au sein d’un ménage dont le chef de famille est étudiant. Plus généralement, l’Eurostat, homologue européen de l’INSEE, considère le niveau de pauvreté non pas à 50% du niveau de vie médian, mais à 60%. Alors, ce ne sont plus 7% des ménages français qui se retrouvent en situation de pauvreté, mais 12,5%, soit 7,2 millions de personnes et non 4,2 !

Selon l’INSEE, il y a plus d’un million d’enfants pauvres en France, mais selon les critères utilisés en Europe, le chiffre réel est de 2 millions.

En 2003, suivant les statistiques officielles, 86 000 personnes étaient sans domicile fixe, 36 % ayant entre 18 et 29 ans. Plus de 150 000 sans papiers n’ont plus l’AME (Aide médicale d’Etat) et ne peuvent donc plus se soigner.

C’est pour eux que le FMI prône un SMIC plus bas, entérinant le fait que travailler ne protège plus de la pauvreté : ce sont les working poors (travailleurs pauvres), victimes de CDD courts et de temps partiel subi.

Toutes les statistiques montrent que ces exclus de la consommation et de la production sont de plus en plus parqués au bas de l’échelle sociale. Même un ouvrier devrait aujourd’hui attendre 150,6 ans de travail pour atteindre le salaire d’un cadre en début de carrière et pouvoir acheter une 405, alors qu’en 1970, il pouvait espérer rattraper ce niveau en 36 ans, et donc accéder à une Peugeot 404. Demandez-vous donc pourquoi, en 2004, une majorité de Français roule dans des voitures âgées de 5 à 20 ans !

Disparités sociales aggravées

Les plus touchés par les politiques anti-sociales sont les jeunes, c’est-à-dire l’avenir de notre société.

Au bas de l’échelle des salaires, près de 22% des salariés percevaient moins de 1,2 fois le SMIC en 1996. En 2000, cette proportion passait à 30% - les salariés recevant 1,4 fois le SMIC représentaient, eux, presque 50%, contre 35% en 1996. Ce que propose donc le FMI est d’enfoncer encore davantage la tête sous l’eau à de plus en plus de travailleurs, à peine mieux traités que les exclus ! Tous se trouvent refoulés hors du centre des grandes villes : le prix du mètre carré à Paris représente près de 5 mois du salaire d’un smicard contre moins de 1,5 fois en 1980.

Une part importante de ces bas salaires est constituée par des premiers emplois, occupés par des jeunes, entrés dans des métiers à faible qualification et, de plus en plus, avec des contrats précaires ou aidés. Dès 1995, le pouvoir d’achat des moins de 35 ans (mesuré par Louis Chauvel) avait reculé de 5% en moyenne par rapport à celui des trentenaires de 1977.

Selon une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la hausse du nombre de érémistes atteint 10% en un an entre 2003 et 2004, et 130 000 chômeurs radiés de l’allocation spécifique de solidarité vont devenir érémistes en septembre. Leur âge moyen est de 38 ans.

L’on ne doit donc pas être étonné, tout en demeurant scandalisé, de voir de plus en plus de jeunes parmi ceux qui font la queue devant les soupes populaires. Car en même temps, les prix flambent et le coût de la vie augmente. Les fruits et légumes frais n’ont jamais coûté aussi cher. Tous les aliments de première nécessité ont augmenté, comme cette année la baguette de pain (+ 8%). Le prix de la carte orange en région parisienne (zones 1 et 2) va dépasser les 50 €, soit une hausse de 5% en un an. Depuis 2001, cette hausse atteint 19%.

Il y a donc bel et bien, malgré les statistiques officielles, une forte baisse des conditions de vie pour les jeunes, les smicards et les proches du pouvoir d’achat du SMIC.

Le salariat à temps partiel concerne désormais 3,9 millions de personnes, dont 82 % de femmes, qui pour la plupart ne le souhaitent pas du tout.

Dans ces conditions, l’on comprend pourquoi 37% des Français ne sont pas partis en vacances en 2002 (25 millions de personnes) et 16% (10 millions) ne se sont jamais offert de « voyage d’agrément d’au moins 4 nuits hors du domicile » (sic). Entre 1993 et 1999, le taux de départ en vacances des ouvriers a baissé de 3,3%.

Paradoxalement, avec les départs massifs à la retraite et la multiplication des pré-retraites, ce sont des années de connaissance et d’expérience qui s’envolent dans les sociétés. L’Etat, au service d’une logique néo-libérale, finance ainsi la destruction de la connaissance et les entreprises doivent souvent rémunérer comme consultant l’un de leurs propres retraités, pour reconstituer les « tours de mains » et les savoirs. L’absurdité atteint ainsi son comble.

Monopole des réseaux de pouvoir

Dans ce cadre anti-social défini à l’échelle internationale et auquel nos responsables politiques, gauche et droite confondues, se soumettent depuis trente ans, les riches s’enrichissent de manière vertigineuse.

Les chefs d’entreprise bénéficient de « parachutes dorés » ou de stocks-options et pillent, comme aux Etats-Unis, une substance qu’ils ne sont plus capables de produire. Serge Tchuruk, par exemple, dont les gains dépassent plus de 1500 fois le SMIC, rêve d’une « entreprise sans usines ». D’autres ont des salaires (sans compter les stocks-options et les parachutes dorés à la sortie, ouverts en cas d’échec ou de mauvaise gestion) compris entre 300 et 1500 fois le SMIC, « à l’américaine » au pire sens du terme.

Les banques françaises, elles, sont sur le papier en pleine euphorie, avec d’excellents résultats. Le gros de ces profits est alimenté par la banque de détail (47% du produit net bancaire à la Société générale).Les marges les plus élevées sont réalisées auprès des particuliers (cartes bancaires, prêts au logement, à la consommation, agios sur les découverts...) et elles le sont d’autant plus que le client est vulnérable, donc soumis à des prélèvements supplémentaires !

Même politique pour les impôts et les contributions sociales. L’ensemble des systèmes de défiscalisation légaux (sans compter les fuites de capitaux à l’étranger) fait en sorte qu’une partie non négligeable des revenus du patrimoine ne figure tout simplement pas sur les déclarations fiscales ! La CRDS devient un impôt à vie. Pour un salaire proche du SMIC, ce sont plus de 20 € par mois qui sont de fait volés. Le forfait hospitalier de 20 F au début atteint maintenant 85,40 F et il doit encore augmenter, comme la CSG. Le « 1 € » forfaitaire, qui représente plus pour les pauvres que pour les riches, devra être versé par tout le monde, alors que l’impôt sur le revenu pour les plus gros contribuables est abaissé. En fait, on passe progressivement d’un système d’impôt progressif (avec des prélèvements de plus en plus élevés pour les plus riches) à un système de prélèvements proportionnel (même pourcentage pour tous).

Pire encore, on favorise l’industrie pharmaceutique au détriment du social : celle-ci est libre de fixer ses prix et de les négocier, sans filet, avec les hôpitaux. La sécurité sociale, dont on décrie tant le déficit, se trouve pillée sous forme d’exonérations sociales sur les parts patronales.

Ainsi, par touches successives, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent, dans une logique de monopolisation du pouvoir et de « réseaux ». Dans l’ordre politique, l’argent de l’Etat se trouve réparti entre partis en place, les partis « émergents » se voyant même obligés de payer d’avance l’impression de leurs bulletins de vote. Sans parler des arrangements type lycées de l’Ile-de-France, où 2% de chaque contrat se trouvait réparti entre RPR, UDF, PS et leurs divers associés.

Bref, un tel univers, politique, économique, social et culturel, ne peut plus assurer un avenir et tue l’espérance. Comme à Rome, seules les vedettes des jeux de cirque (show-bizz, footeux ou Star’Ac) peuvent espérer gravir l’échelle sociale, en collaborant à la réduction des autres à l’état de spectateurs-sujets.

C’est pourquoi ce que nous défendons ici, en rupture complète avec le système actuel, devient non seulement une exigence au regard de la justice, mais représente la condition d’un avenir pour notre société.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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