X Bienvenue,

À compter de juin 2018, notre site devient semi-payant.
Écrit et élaboré par nos militants, il reste en grande partie en accès libre, en particulier les prises de position du parti et de son président Jacques Cheminade. C’est notre chronique du jour, « Le monde en devenir », ainsi qu’un certain nombre de dossiers de fond, qui sont dorénavant payants.
Permettre le travail de recherche d’informations et garantir un contenu de qualité suppose évidemment de les rémunérer. Nous faisons le pari de votre curiosité envers des idées novatrices qui répondent aux défis de l’époque.

Découvrir les abonnements

Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilOrientation stratégiqueAnalyses
Les analyses de Jacques Cheminade

Jospin et Chirac restent sur le Titanic

Les marchés européens sont emportés par la tempête, le secteur financier japonais se trouve dans une situation catastrophique, Wall Street est frappé par l’onde de choc, l’Amérique latine succède à la Russie et les sociétés françaises du CAC-40 (les plus fortes capitalisations en Bourse) plongent les unes après les autres. Face à l’évidence brutale de la crise, reconnue même par la presse libérale anglo-saxonne et suisse, nos dirigeants ont, eux, choisi de rester à bord du Titanic. En effet, ils s’accrochent à l’idée que l’euro est un bouclier et le FMI un excellent gendarme, comme si, pour traiter la maladie, il fallait renforcer la cause du mal.

L’article de Lionel Jospin, dans le Nouvel Observateur du 10-16 septembre, est un véritable morceau choisi montrant comment une pensée formaliste confond débat académique et épreuve de force, pour finalement aboutir à la politique de Gribouille. Sa lecture laisse une impression tragi-comique : voilà en effet un homme qui analyse à peu près justement la crise actuelle - « l’accumulation de l’argent pour l’argent » - mais aboutit à des conclusions qui ne peuvent que l’aggraver. Pourquoi ? Par incapacité de voir le monde autrement que par le prisme institutionnel, par la lucarne des « données existantes ».

Pour combattre les conséquences du désastre provoqué par l’ordre néo-libéral du FMI, il propose... « d’étendre les compétences du FMI aux mouvements de capitaux, d’accroître rapidement ses ressources et d’approfondir sa légitimité, par exemple en renforçant le rôle du comité intérimaire, qui en constituerait en quelque sorte le "gouvernement politique" ». Puis il ajoute une louche d’euro : « L’Europe a su s’unir et réaliser l’euro. En permettant aux pays qui y participent de traverser cette crise sans encombre monétaire, la future zone euro a subi avec succès son baptàme du feu. » Ce n’est pas Juppé, mais c’est tout comme. Car c’est là un homme intelligent, et même honnète, qui sombre par absence de vrai caractère. Il préfère s’adapter, biaiser, faire avec ce qui est et, finalement, malgré toutes ses promesses électorales, ne rien faire contre l’ordre existant si ce n’est en redemander.

M. Jospin a une seule excuse : il n’est pas le seul. M. Chirac a dit exactement la même chose lors de la réunion de nos ambassadeurs à Paris, fin août : « La crise asiatique exige un urgent renforcement du système financier mondial autour du FMI (...) Il faut transformer le comité intérimaire du FMI en véritable organe de décision au niveau ministériel afin de renforcer sa légitimité ». Le Président compte sur son corps diplomatique « pour rassembler une très large coalition internationale autour de ce projet » car « si nous ne sommes pas capables de conduire rapidement les réformes nécessaires autour du FMI renforcé, nous serons à la merci d’une secousse brutale, dans tel ou tel pays émergent" (sic).

Ceux qui n’ont pas compris pourquoi, en 1995, ma candidature présidentielle avait tant dérangé devraient maintenant être édifiés : en annonçant la crise financière à venir, en attaquant le FMI, en dénonçant l’euro, je rompais avec la règle du jeu, je disais ce qu’il ne fallait surtout pas dire.

Le ridicule heureusement (ou malheureusement ?) ne tue pas, sans quoi toutes nos élites parisiennes seraient mortes : les voici, aujourd’hui même, aussi accrochées au FMI et à l’euro qu’elles l’étaient alors, voire davantage. Ecoutons, les uns après les autres, quelques représentants de la nomenklatura : Jacques Chirac (toujours à la sixième conférence des ambassadeurs) : « Je suis optimiste pour l’Asie. » Dominique Strauss-Kahn, avec son collègue belge Jean-Jacques Viseur : « L’euro, un bouclier qui fait ses preuves » puis, le18 septembre : « Nous ne sommes pas devant une sorte de grand krach. » Christian Pierret, secrétaire d’Etat à l’industrie : « L’euro est plus que jamais justifié. » Et enfin, Elisabeth Guigou, à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon : « L’euro est un îlot de stabilité, un îlot vers lequel affluent les capitaux. »

Mme Guigou est plus Saint-Jean bouche d’or que les autres. Ce qu’elle dit tout haut, c’est que l’Europe, grâce à un euro stable, attirera les capitaux qui fuient les autres régions du monde et donc, profitera du malheur des autres. M. Jean-Luc Gréau, dans son article sur « les cinq cloisons du Titanic », publié par Libération a fait justice de l’immoralité qui se cache (mal) derrière un tel argument. Mais toute moralité laissée de côté, l’argument est totalement faux : Mme Guigou et les autres fervents de l’euro-bouclier confondent une crise cyclique - dont l’Europe pourrait en effet, même en toute immoralité, tirer avantage - avec une crise systémique, dans laquelle, comme aujourd’hui, tout le monde se trouve sur le même bateau.

M. Attali, plus avisé que les autres, dénonce cette « fausse évidence » : « L’on se rendra alors compte que la monnaie, quand s’installe la panique, n’est qu’un bouclier percé, qu’elle n’est pas faite pour protéger, mais pour échanger. » M. Pasqua, de son côté, constate qu’« une monnaie n’a jamais protégé personne » et que « la croyance dans l’euro rappelle la vénération qui entourait la ligne Maginot. »

Il est triste de constater que MM. Attali et Pasqua restent parmi les rares ayant su garder un peu de raison et de verve. Les autres ont trahi les fondements mêmes des doctrines qu’ils affichent : socialistes et RPR n’ont plus rien à voir avec Jaurès et de Gaulle, car ils sont devenus monétaristes par nature et par choix, pensant en hommes d’appareil et non en hommes de rupture. Il est tout de même incroyable qu’un Premier ministre socialiste et un président de la République gaulliste fassent l’exact contraire de ce qu’ils avaient eux-mêmes dit et jettent par dessus bord la notion même de souveraineté nationale pour rallier une supra-nationalité financière mondiale - le FMI - et européenne - l’euro -, représentées par des institutions qui ne sont soumises à aucun mandat électoral ni contrôle réellement démocratique. Voilà où nous en sommes, et il faut le dire et le redire.

A partir de là, les illusions et les déclarations ineptes se multiplient. MM. Strauss-Kahn, Pierret et Jospin tablent sur une croissance de 2,7% en 1999 (au lieu de 2,8%, admirez l’infinie précision des chiffres...), comme si tout était comme d’habitude, business as usual, sans nuages ni tonnerre. L’opposition les critique, mais pour regretter que « la marge de manoeuvre laissée par la croissance n’ait pas été utilisée pour réduire les dépenses et diminuer les impôts ». A bêtise, bêtise et demie. Car tous pensent en comptables, en équilibristes, en faiseurs de « coups » : ils ne peuvent voir qu’en pleine crise, une réduction des dépenses aboutit à une réduction des investissements, de la consommation- qui tirent l’économie - et de l’assiette fiscale elle-même, c’est-à-dire de la ressource publique !

Enfin, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, concluent ces gens en place, du haut de leur position, puisque le Crédit lyonnais est privatisé et que les fonds de pension anglo-saxons investissent en France.

La forte dérouillée subie par notre Bourse, les 17 et 18 septembre, sonne pourtant l’alerte. La chute aberrante, au regard de l’économie, d’Alcatel (38,4% en une seule séance, tous records battus à Paris) devrait dissiper toutes les illusions : les gérants de fonds britanniques et américains traitent les sociétés comme du bétail qu’on achête et qu’on revend s’il ne produit pas assez vite. Plus honnête que nos « nomenklaturistes » patentés, un gérant responsable d’une Sicav lançait le 17 : « Les quelques certitudes que nous avions encore ont été ébranlées. »

Eh oui, on s’étonne. Ainsi l’éditorialiste du Monde du 5 septembre trouvait « surprenantes » les prises de position du Financial Times et du Wall Street Journal, favorables à « des formes de contrôle des changes dans les pays les plus faibles ». Eh oui, la Malaisie a fait le choix d’un contrôle des changes et la Chine, l’Inde et le Chili ont moins souffert que les autres parce qu’ils avaient tous trois conservé ou introduit des éléments d’économie dirigée.

Eh oui, faut-il dire à nos dirigeants, vous avez durant plus de trente ans admis en public l’« efficacité » du libéralisme tout en reconnaissant, en semi-privé, devoir tous vos carrières à un appareil d’Etat abusivement colonisé.Vous avez parfois appelé cela l’économie mixte. Mais aujourd’hui, l’Etat revient - non pour promouvoir des carrières libérales de droite ou de gauche, mais pour faire une politique d’intérêt général et arrêter la loi de la jungle sur les marchés.

Dépassée, la petite Tobin tax des bonnes âmes du Monde diplomatique, la gauche-gauche de la nomenklatura. Aujourd’hui, c’est d’une politique volontariste qu’il s’agit, d’un nouveau Bretton Woods imposant aux « marchés » et à l’oligarchie un retour de l’argent vers l’emploi, la production et les infrastructures et constatant, chiffres en mains, la faillite des spéculateurs.

Le choix est simple : régulation, réglementation et reconstruction, ou chaos et effet domino. Il faut protéger l’économie réelle, physique, productive - la science, l’éducation, la santé publique, l’épargne, l’agriculture, l’industrie et les infrastructures - de l’effondrement financier. Le reste, comme je le disais dans ma profession de foi pour l’élection présidentielle, se résume à « pérorer sur le pont du Titanic. »

Écrire un commentaire

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Cet article vous parle ? Rejoignez-nous !

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard