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Les analyses de Jacques Cheminade

La gauche la plus suicidaire du monde



Par Jacques Cheminade


Avant d’être bombardé par les tomates de l’Algérie française, Guy Mollet avait considéré que la droite française était « la plus bête du monde ». Razzy Hammadi, jeune ambitieux proche de Benoît Hamon, a écrit récemment un livre où il reprend ce qualificatif pour l’appliquer à la gauche actuelle. Après le congrès national du Parti socialiste à Reims, nous dirons avec plus de compassion qu’elle est devenue la plus suicidaire. Ce congrès devait en effet tirer les leçons de la situation mondiale et de la campagne présidentielle de 2006-2007 et refonder les idées du parti. Foire aux vanités, il n’a fait que manifester des ambitions de pouvoir s’exprimant dans des conciliabules de boutique et d’arrière-boutique. Le scandale majeur est que ce triste spectacle s’est déroulé alors que se tenait, le 15 novembre à Washington, la réunion des vingt principaux pays du monde, le G20, pour parvenir à un nouvel ordre économique et monétaire mondial. Que cette dernière réunion se soit, elle aussi, terminée sans rien apporter qui soit à la hauteur des circonstances tragiques que nous vivons ne constitue pas une excuse. On aurait voulu, on aurait dû, lors d’un rassemblement qui se tient tous les trois ans, entendre ce que les principaux candidats à la direction du parti avaient à dire sur ce sujet déterminant. On n’entendit rien, à l’exception de quelques mots d’indignation de Ségolène Royal et des déclarations d’intention de Benoît Hamon. Aucun ne fit du principal défi auquel ils auront à faire face le centre ou le pivot de sa prise de position.

C’eût été la moindre des choses. Car tous les candidats se sont, dans le passé, ralliés au social-libéralisme et à la loi des marchés. Les favoris qui s’affrontent aujourd’hui ont tous appartenu hier, de près ou de loin, aux majorités qui ont dirigé le PS depuis dix-huit ans. S’étant tus, ils n’ont pas même l’excuse d’avoir craint l’incompréhension de leur base. Celle-ci, à part un quarteron de bourgeois-bohèmes, attend des opinions tranchées et courageuses, et non des « positionnements » plus ou moins habiles. Preuve de la déception de cette base, près de la moitié des adhérents n’ont pas voté au moment de la présentation des motions. Les délégués présents à Reims ne cachaient pas leur amertume et leur colère, et les militants que nous rencontrons quotidiennement expriment un mécontentement encore plus grand.

Ségolène Royal a partiellement réussi à faire croire « qu’elle n’est pas une femme d’appareil » et « préfère le contact populaire avec les gens ». Cependant, elle est, elle aussi, bel et bien un produit de la bienveillance mitterrandienne, soutenue par des barons régionaux (les Frêche, Guérini ou Collomb) et ayant su maintenir ses réseaux de la présidentielle. Son style évangélique à la Obama n’est pas incompatible avec des calculs qui la poussent à jouer les militants contre le congrès lors du vote de ces 20 et sans doute 21 novembre. Quant aux motions respectives de Martine Aubry et Bertrand Delanoë, elles ont été soutenues par un patchwork de courants différents et d’ambitions concurrentes. Dans leurs rangs on trouve en effet des proches ou partisans de Strauss-Kahn, Fabius, Hollande ou des anciens du Nouveau Parti socialiste. Parmi eux, Arnaud Montebourg et Martine Aubry remportent la palme du cynisme mitterrandien. Montebourg, ennemi juré du cumul des mandats et des volte-face partisanes, s’est appliqué à lui-même le cumul et est passé de Ségolène à Martine, sans renoncer aux leçons de morale bonnes pour les autres. Martine Aubry, deloriste relookée, a fait vibrer les habitués de la vieille maison en se drapant dans une attitude de gauche intransigeante. Elle est cependant l’image même de l’opportunisme : récusant l’alliance avec le Modem au niveau national, elle la pratique sans scrupules au niveau local.

Habile, elle a proposé à Delanoë que Benoît Hamon soit leur candidat commun, parce qu’elle savait qu’il ne pourrait l’accepter et que ce refus ouvrirait la voie à sa propre candidature. Ces manœuvres de congrès sont précisément ce que haïssent les militants.

Reste enfin le cas Hamon. On ne peut lui reprocher d’avoir circulé entre de nombreuses cases du parti, de Rocard en Aubry, puisqu’il faut en passer par là pour y être. Cependant, il lui appartient maintenant de faire ses preuves, sans compromissions partisanes ni manipulations d’appareil. Les militants plus ou moins grisonnants qui en ont marre des compromis, marre qu’on oublie les ouvriers, marre qu’on se serve de Jaurès et de Blum comme les instruments d’ambitions, et les jeunes socialistes venus au parti par espoir d’une société plus juste peuvent constituer le double levier d’un changement. A condition qu’une formation politique, économique et culturelle sérieuse leur soit offerte, et non un jeu de l’oie du pouvoir.

Ici, nous sommes prêts, face à la gravité de la crise, à contribuer à cette conscientisation militante si enfin certains éléments qui ont été le meilleur du passé socialiste, par delà les compromissions du mitterrandisme, remontent à la surface : combat contre l’oligarchie financière, protection du peuple et régulation, place de la puissance et du service publics, et surtout une conception de l’homme ne tenant pas à la possession — d’argent, de titres, de diplômes ou de positions partisanes — mais à la participation à une aventure de développement mutuel, au sein de la région, de la nation et du monde.

Que Benoît Hamon ait voté « non » au traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 nous paraît de bon augure, mais notre choix n’est pas celui de stars ni même de personnes, mais d’idées à faire enfin germer.

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  • Perseane • 23/11/2008 - 21:46

    Je ne suis pas d’accord avec le titre : la gauche la plus suicidaire ...

    Ce n’est pas la gauche, seulement le PS ! Espérons que d’autres partis de gauche sauront se mettre en avant et jouer à plein le rôle d’opposition.
    Il serait temps !

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  • Senec • 21/11/2008 - 15:03

    Que des ambitieux totalement hypocrites !

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  • emualliug • 20/11/2008 - 13:29

    Je pense que si benoit Hamon devient premier secrétaire, il passera -lui- de la "déclaration d’intention" aux actes.
    Il ne faut pas que cela soit une affaire de personne. Mais en politique, les idées doivent forcément s’incarner dans une personne. Et face aux personne qui se mettent avant, bien qu’ayant peu d’idées, il nous faut un nouveau chef qui balaye cette vieille élite d’éléphants en plein transhumance politique...

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  • Léa Rodrigues • 19/11/2008 - 11:34

    Après la diffusion du tract <>, le seul centre d’intèrêt des responsables du parti socialiste a été le congrés de Reims et l’élection du premier secrétaire du parti. (je vous passe les détails).

    Devant la gravité de la situation financière, économique et sociale, je trouve le comportement des candidats à cette éléctiion inconvenant et déplacé.

    Je peux admettre que les militants choisissent l’élu qui les représentera, mais la première idée du militant et de vivre dans une socièté juste, libre et responsable, de ce fait son premier devoir est de travailler en ce sens.

    Mesdames et Messieurs les responsables du PS je vous invite à regarder la réalité en face et à vous ressaisir.
    En attendant, j’invite vos militants qui le souhaitent à rejoindre Solidarité et Progrès, ils commençerons par redonner un sens au mot militer.

    Léa Rodrigues.

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  • Shiva • 18/11/2008 - 19:40

    Plutôt en accord avec vous sur cette analyse ; je me pose cette question :
    Que fait ce lien vers désirs d’avenir sur la page d’accueil de votre site ?

    Bien cordialement.

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  • BOB • 18/11/2008 - 14:36

    Puisqu’ils appartiennent aussi à certains think tank atlantistes et sont Young Leaders pour certains, il est normal que les cadres du PS fassent tout pour détruire l’idée de gauche en France.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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