Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

12 décembre - Brexit, innovation et éolien au menu des Assises de l’économie de la mer à Brest Lire 12 décembre - 13 décembre, Clichy - L’urgence climatique est un leurre Lire 12 décembre - Ce sont nos vies Lire
AccueilOrientation stratégiqueAnalyses
Les analyses de Jacques Cheminade

Le « sarkozysme » : la couleuvre de l’austérité sous l’étiquette de la réforme

par Jacques Cheminade

Lorsqu’un homme de tradition conservatrice, comme Hervé de Charrette, député UMP de Maine-et-Loire, juge que « le gouvernement est en train de rendre la réforme haïssable », c’est que sa politique le devient franchement. L’équipe Sarkozy-Fillon distille la rigueur en espérant ne pas se faire prendre : un ministre avance une « idée », un autre répète que « les caisses sont vides » et plusieurs baptisent « réorganisation » ou « modernisation » des coupes claires ou sombres. Leur problème, c’est que beaucoup devenant trop, ils se font prendre la main dans le sac. La logique de l’ensemble, comme le laissait prévoir, pour ceux qui l’ont bien écouté, le discours de Nicolas Sarkozy après le premier tour de l’élection présidentielle, c’est de faire des économies au détriment des plus pauvres pour payer la dette de l’Etat vis-à-vis des établissements financiers, laisser les riches s’enrichir davantage et lâcher quelques miettes aux nécessiteux. Ces derniers ne resteront pas au bord du chemin, mais ils marcheront sans trouver d’emplois honorables, avec de moins en moins d’argent pour leurs enfants et pour se soigner eux-mêmes. L’expression « réhabiliter la valeur travail » est la feuille de vigne (transparente) qui recouvre cette politique anti-sociale.


Pouvoir d’achat et travail

Récapitulons les mesures. Tout d’abord, il est évident que les prix montent, comme le ressentent les Français et comme le masquent les chiffres de l’INSEE, l’institut officiel de statistiques. Il y a donc une baisse du niveau de vie net des moins favorisés. L’ex-candidat du pouvoir d’achat affirme que la détaxation des heures supplémentaires est un succès et que son « paquet fiscal » (loi TEPA) a « rendu de l’argent aux Français », à tous les Français. Double mensonge : la détaxation des heures supplémentaires n’apporte du revenu qu’aux salariés favorisés des secteurs qui marchent (un tiers du total), la moyenne étant de 111 euros par Français et par an, et pour le reste, les nantis ont eu la grosse part du gâteau.

Quant aux mesures en faveur des familles, après l’imbroglio de la carte famille nombreuse de la SNCF (à la charge de l’Etat mais en prélevant un dividende plus important sur les bénéfices de la société publique...), l’on a appris le 15 avril que les majorations des allocations familiales ne concerneraient plus, à partir du 1er mai, que les enfants entre 14 et 16 ans (auparavant, c’était entre 11 et 16 ans). Concrètement, il s’agit de 600 euros de moins dans la poche des familles concernées par ce changement ! L’on dit bien que les 138 millions d’euros générés par la mesure devront permettre à la Caisse nationale d’allocations familiales de mieux financer l’allocation pour garde d’enfants par une assistante maternelle. Cette façon de dépouiller les uns pour servir les autres, sans garantir que l’intégralité de la somme sera redéployée, est politiquement obscène, alors que les dirigeants d’entreprise se gavent de stock-options et autres retraites « golden ». Parlons de retraites : Nicolas Sarkozy, jeudi soir (le 17), a décrit un monde fermé, où il n’y a pas assez d’argent (qu’il ouvre les yeux pour voir où il coule) et que, faute de pouvoir accroître les cotisations ou réduire les retraites, il faudra allonger la durée de cotisations à 41 ans en 2012, comme le prévoit la loi de 2003.

Vous avez dit social ? Il y a le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique. Qui va alors payer les pots cassés du manque d’enseignants, de personnel hospitalier, de magistrats ? Il y a les restrictions des contrats aidés aux bénéficiaires de minima sociaux et pour les chômeurs de longue durée. M. Sarkozy l’a dit : « J’ai demandé au gouvernement qu’il y ait un processus de sanction pour un chômeur qui refuserait deux offres d’emploi qui correspondent à ses qualifications (...) Au bout de trois mois, on serait obligé d’accepter un emploi qui représente 95% de son salaire ; au bout de six mois, on serait obligé d’accepter un emploi à moins d’une heure de transport en commun (deux heures aller et retour) de l’endroit ». Et tant pis s’il n’y a pas de transports en commun... Il y a encore, à l’embauche, « de l’autre côté du tuyau », l’allongement et l’unification des périodes d’essai : elles sont déterminées par la loi, pas par des conventions collectives, et iront d’un à deux mois pour les ouvriers et employés, jusqu’à trois ou quatre mois pour les cadres. Il y a encore la rupture à l’amiable des contrats, sans protection d’un recours ultérieur devant les prud’hommes, et la création d’un CDD à « objet défini », pour une mission bien précise et compris entre dix-huit et trente-six mois. Ce nouveau CDD, non renouvelable, prend fin avec la réalisation de l’objet défini par le contrat après un « délai de prévenance » (court) de deux mois.

Il reste le fameux revenu de solidarité active (RSA) de Martin Hirsch, dont Nicolas Sarkozy a promis qu’il serait « généralisé ». Il s’agit de la « miette » pour les nécessiteux. En effet, si l’idée est bonne et utile – un complément de ressources destiné aux travailleurs pauvres et aux bénéficiaires de minimas sociaux, pour éviter la rupture entre assistance et salariat – les bénéficiaires seront bien peu et son financement sera assuré par le redéploiement d’une partie de la prime pour l’emploi (PPE). A l’arrivée, le cumul salaire-assistance n’est prévu que pour les revenus inférieurs à 1,1 ou 1,2 SMIC, et la prime pour l’emploi (aujourd’hui perçue par 8 millions de personnes) serait recentrée sur ceux « qui en ont vraiment besoin ». On peut se poser trois questions. La dissolution de la PPE dans le RSA ne risquera-t-elle pas de faire beaucoup de petits perdants ? Que deviendront les moins de 25 ans qui n’ont pas accès au RMI mais peuvent toucher la PPE ? Comment éviter que le RSA ait un effet négatif sur la qualité des emplois et l’évolution des salaires ? Il semblerait bien que les dames patronnesses soient toujours condamnées à l’injustice...


Désintégration sociale et territoriale

A ces mesures concernant le pouvoir d’achat et le travail s’ajoutent d’ores et déjà les « franchises » (50 euros par an, on appréciera le mot) de la sécurité sociale, lourdes pour les petits revenus et faibles pour les gros. En outre, Roselyne Bachelot a évoqué le 13 avril la possibilité de transférer certaines dépenses de santé du régime général aux « organismes complémentaires ». Elle n’a pas listé les frais médicaux concernés, mais le débat s’est focalisé sur les lunettes (déjà mal remboursées) et, éventuellement, la dentisterie. Ce serait une « régression considérable », comme le dit le Syndicat des opticiens, et une privatisation larvée des soins. A un moment où 8% de la population n’a pas de mutuelle et près d’un tiers des Français les plus démunis ne se soignent plus ou se soignent mal. On parle aussi, dans la « réflexion » lancée par les 166 mesures annoncées le 4 avril, de « questionner » la « justice et l’efficacité » des remboursements de certaines affections de longue durée. Le diabète sera-t-il, dans ces conditions, moins remboursé que le cancer ? « Une première réflexion mérite d’être, elle aussi, engagée » sur la diminution des remboursements des arrêts-maladie.

Bref, on presse les plus pauvres tout en démantelant les institutions de proximité sur le territoire national. Après les tribunaux, passés au kärcher par Rachida Dati, ce sera le tour des garnisons militaires. Le plan des suppressions sera annoncé le 19 juin par Hervé Morin, ce qui redonnera une nouvelle actualité au mot « limoger », puisque l’abandon de la garnison de Limoges est envisagé pour 2010. De même, 235 établissements hospitaliers seraient dans le collimateur parce qu’ils comptent moins de 4000 interventions par an. « Il ne s’agit pas de fermer des hôpitaux, susurre la dame de charité élyséenne, mais d’apporter des soins adaptés aux populations » en « rationalisant l’offre de soins, car si l’on ne maîtrise pas les comptes, tout le système va s’écrouler ».

Evidemment, on ne parle pas du système financier et monétaire international, mais de notre système social.


Conclusion

Nicolas Sarkozy, le 17 avril, a assuré que « notre capitalisme a marché sur la tête, il doit être moralisé ». A l’international, le retour au sein du commandement intégré de l’OTAN et la ratification du Traité de Lisbonne, et à l’intérieur, les mesures que nous avons rapportées, augurent mal du sens que l’on doit donner à ses paroles. Les malades, les travailleurs et les habitants des régions dépouillées réclament en tous cas moins de capitalisme financier, moins de discours « moralisants », moins de rigueur et plus de justice.

Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard