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Les analyses de Jacques Cheminade

Mise au point : libéralisme, socialisme, capital fictif

par Jacques Cheminade

Dans son dernier livre, De l’audace, Bertrand Delanoë affirme : « Je suis libéral (...) la gauche doit se réapproprier avec fierté le mot et la chose. » Et Ségolène Royal de lui répondre « qu’être libéral et socialiste, c’est totalement incompatible », elle qui affirmait quelques semaines plus tôt, dans le Point, que le libéralisme politique est « depuis longtemps indissociable du socialisme démocratique ». Alors, le tout Paris de se saisir du débat et d’y aller qui de ses commentaires érudits, qui de ses exégèses historiques et de ses sophismes de salon, comme si le monde réel, avec ses conflits, ses terribles souffrances et l’effondrement de son système financier n’existait pas. Quand le débat des idées arrive au point mort, on finit toujours par se gorger de mots.

Disons-le brutalement : cela fait longtemps (depuis 1982-1983) que le Parti socialiste a pris le tournant du libéralisme économique et de l’austérité sociale. En masquant ce tournant sous les couleurs d’une Europe frelatée et d’une adhésion, avec la présidence de François Mitterrand, à une monarchie républicaine. Aujourd’hui, l’affaire semble entendue : une majorité de socialistes ont laissé passer le Traité de Lisbonne et s’apprêtent à laisser passer la réforme institutionnelle de Nicolas Sarkozy. Alors, à quoi bon rentrer dans un débat dont les termes sont faussés ? A quoi bon prendre au sérieux ce jeu de positionnement : Bertrand Delanoë cherche à déborder Ségolène Royal sur sa droite, avec son quarteron de vieux mitterrandiens, et de séduire les électeurs centristes. Ségolène Royal, elle, lorgne à gauche et tente de coopter la montée d’un Olivier Besancenot parrainé par Nicolas Sarkozy comme Jean-Marie Le Pen l’était hier par François Mitterrand.

Ces jeux politiciens, bien entendu, ne nous intéressent pas. Pas davantage que la pseudo réflexion entamée par la Fondation Jean Jaurès, celle du Parti socialiste, qui accueille la fine fleur des partisans de la mondialisation financière, de Pascal Lamy, directeur de l’Organisation mondiale du commerce, à Matthieu Pigasse, le banquier de Lazard Frères qui conseille Ségolène Royal et tutoie transcourants.

Nous intervenons ici pour clarifier les choses à l’intention des militants socialistes qui sont, avec une vaste combinaison de volontés allant des gaullistes de gauche aux sensibilités les plus progressistes, ce que notre pays porte de meilleur dans sa vocation militante et son sens de mission.

Le libéralisme financier est l’expression des courants historiques destructeurs anglo-vénitiens qui, aujourd’hui, se manifestent au sein des réseaux de la City de Londres et de Wall Street. C’est ce libéralisme-là qui a enfanté, dans les années trente, la montée du nazisme. C’est lui qui, à la fin des années 1980, a engendré le consensus de Washington, prônant la réduction des impôts pour les riches et l’accélération des privatisations. Ainsi, il a créé les conditions de la crise économique, sociale et culturelle d’aujourd’hui, semblables à celles des années trente. Il est donc inadmissible de laisser planer la moindre ambiguïté à ce sujet.

Quant au libéralisme politique, celui des Tocqueville ou des Benjamin Constant, il a exprimé l’aspiration à l’émancipation des individus face aux tutelles de familles castratrices, d’une Eglise dévoyée et d’un Etat injuste. Cependant, « libéral », il n’a été porteur d’aucun projet, sinon celui de s’opposer. Promouvant l’initiative individuelle, « moteur de tout », et rejetant toute ambition collective, il a en fin de comptes promu le libéralisme financier jusqu’à en justifier tous les excès.

Cependant, diront les bonnes âmes, si vous rejetez le libéralisme, il ne nous reste que le nazisme ou le communisme ! La réalité est à l’inverse : c’est la production de capital fictif, dans un régime libéral économique et politique, livré à la loi du plus fort, qui crée, répétons-le, les conditions du nazisme et du communisme d’Etat, ou de toute autre forme de dictature. Alors quoi ?

C’est à ce point du débat que le texte publié dans le Monde du 22 mai 2008 (voir ici) par les « doyens » de la social-démocratie européenne, devient si intéressant. Eux, partant du réel et dénonçant précisément l’accumulation de « capital fictif », un capital qui n’améliore ni l’homme ni la nature, mais accroît les possessions d’une minorité, concluent que « la finance folle ne doit pas nous gouverner ». Pierre Larouturrou l’a bien compris dans les questions qu’il pose au prochain congrès du Parti socialiste, dont d’abord celle d’un Nouveau Bretton Woods.

Il faut cependant aller au-delà et définir l’horizon vers lequel on veut se diriger.

Il s’agit de « redécouvrir l’Amérique », c’est-à-dire le système qui a permis aux Etats-Unis de devenir la première puissance économique du monde, même si aujourd’hui ils se trahissent eux-mêmes. L’objectif d’une politique économique digne de ce nom est de créer les conditions les plus favorables à un développement des capacités créatrices d’individus pourvus des moyens pour les exercer. L’accroissement de la production par tête, par unité de surface et par ménage en est la condition. Cet accroissement dépend des découvertes scientifiques et des applications technologiques transformant la nature à un degré plus élevé. Ce qui exige des conditions de travail coopératif plus denses et toujours plus justes entre êtres humains associés à ce travail dans un projet commun.
Voilà par où devrait commencer une nouvelle donne à l’échelle du monde, une initiative politique répondant au défi du XXIe siècle. En bousculant tous les positionnements et les préjugés pour sortir d’une société mondialisée et financiarisée qui va à sa propre perte. Car nous ne voulons pas sombrer avec elle, faute d’horizon et de projet.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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