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Les analyses de Jacques Cheminade

Mittal Steel-Arcelor - Eh bien dansez maintenant !

Les analyses de Jacques Cheminade sont publiées tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade2007.org, et consitutent le principal regard du candidat à la présidentielle de 2007 sur l’actualité française et internationale.

Un ogre indien, Mittal Steel, lance la plus grande opération de fusion (OPA hostile) de l’histoire de l’acier pour s’emparer du géant européen Arcelor. Un fleuron de notre industrie risque ainsi de tomber entre les mains d’un groupe familial issu d’un pays émergent. Telle est l’image que l’on veut donner de cette énorme opération financière qui porte sur 18,6 milliards d’euros, dans un premier temps, auxquels viendront sans doute s’ajouter quelques milliards de plus en fin de partie.

Cette image est cependant un leurre. Ce qui se trouve ici en cause n’a rien à voir avec le « patriotisme économique. Il s’agit d’une étape supplémentaire de la mondialisation financière, dans laquelle la « création de valeur » - dégager du cash - passe avant tout critère national, industriel ou social : « l’Indien » ne l’est pas du tout, et « le Français » est un conglomérat luxembourgeois. La stratégie vie à cartelliser la production d’acier en créant, comme le dit Lakshmi Mittal, le président du groupe Mittal Steel, « un champion global ».

Qu’est Mittal Steel ? Le groupe s’est constitué à l’origine en Inde où il s’est spécialisé, toujours aidé par des intérêts financiers, dans le rachat et le « redressement » de sociétés publiques en difficulté et plus grandes que lui. En gros, l’on peut comparer cette façon d’agir à celle de Claude Bébéar qui, partant d’une petite société d’assurances de Rouen, les Anciennes Mutuelles, s’est de proche en proche emparé de sociétés de plus en plus importantes jusqu’à constituer l’empire Axa.

Lakshmi Mittal ne s’entoure pas, comme le parrain vieillissant du capitalisme français, de la peau de grands fauves, mais il est lui aussi un vrai tueur. Disposant, dit-on, de la troisième fortune mondiale, il ne craint pas de s’exhiber. Sa maison à Londres lui aurait coûté 100 millions de dollars (il aurait même incrusté sa piscine de pierres précieuses) et il a organisé le mariage de sa fille Vanisha avec un golden boy de la City à Versailles, Vaux-le-Vicomte et Saint-Cloud (il adore la France) en dépensant, dit-on, plus de 60 millions d’euros (huit fois plus que pour le sacre de Nicolas Sarkozy à l’UMP). Sa société, sous contrôle d’un groupe familial peu transparent, est de droit néerlandais, cotée aux Pays-Bas et à New York et opère en Asie, aux Etats-Unis et dans divers pays émergents. Un cas d’école de mondialisation financière : ses banquiers sont Citigroup, Goldman Sachs, la HSBC et le Crédit suisse - le centre du dispositif de ce capitalisme qui n’a plus rien à voir avec la logique d’entreprise et tout avec celle des prédateurs. L’on peut identifier au sein des réseaux Mittal diverses émanations du système universitaire anglais (London School of Economics), des lobbistes de Washington et des « anciens » de grandes banques, dont Rothschild. Bref, Mittal démontre la mondialisation anglo-américaine avancée des réseaux économiques indiens, eux-mêmes cancers de la population et de la nation indienne !

Quant à Arcelor, c’est la cuvée européenne du même tonneau. Il procède de la fusion du français Usinor-Sacilor, du luxembourgeois Arbed et de l’espagnol Aceralia. Cette unité à trois composantes s’est constituée à coup de dégraissages de main d’oeuvre et d’aides publiques. Récapitulons l’histoire de la composante française : Usinor et Sacilor ont été « nationalisés » par... le gouvernement Barre, en 1977, dans des conditions très favorables pour les actionnaires-propriétaires d’alors, l’Etat français assumant l’endettement de ces deux compagnies et lançant des réductions drastiques d’effectifs. Puis, en 1986, Jacques Chirac nomme Francis Mer PDG d’Usinor. Celui-ci, entre 1986 et 2002, « redressa » la sidérurgie française grâce à 70 milliards de francs (environ 10 milliards d’euros) de subventions publiques et en supprimant 70 000 emplois. Mer est ensuite de toutes les alternances : Usinor, fusionnée avec Sacilor, se trouve privatisée en 1995 pour la somme jugée unanimement dérisoire de 10 milliards de francs, et 55 % de son capital tombe alors dans les mains d’investisseurs étrangers - essentiellement des fonds anglo-saxons ! En 1997, Dominique Strauss-Kahn accepte que l’Etat français vende 7,7 % des actions d’Usinor-Sacilor qu’il possédait encore. Puis c’est, toujours sous le gouvernement Jospin, la fusion Usinor-Sacilor-Arbed-Aceralia, les dégraissages successifs permettant à Arcelor de faire du cash pour ses actionnaires, 82 % du capital flottant en bourse sans contrôle possible.

Ceux qui aujourd’hui s’émeuvent de l’initiative de Mittal Steel sont ainsi précisément ceux qui ont tout fait pour en créer les conditions. Arcelor a pris pour banquiers BNP-Paribas, la Deutsche Bank de Londres et Merril Lynch Paris. Son guide est Michel Pébereau, de l’Institut Aspen, nouveau parrain, dit-on, du nouveau capitalisme français, après le règne de Claude Bébéar. Mieux encore, Exane, qui a pour maison mère BNP-Paribas et qui était la banque conseil d’Arcelor, avait publié le 7 octobre 2005 une étude ultra-élogieuse sur Mittal Steel ! Elle le qualifiait de « champion de création de valeur pendant ces dernières années » et concluait en soulignant qu’un « rapprochement entre Mittal et Arcelor représenterait une parfaite combinaison... Une telle opération pourrait arriver rapidement ». C’est désormais chose faite.

Lorsqu’on entend aujourd’hui les cris d’orfraie de « patriotisme économique, on ne sait donc si l’on doit rire ou pleurer. Ceux que les gouvernements français ont accepté comme commissaires européens à la concurrence et à l’industrie - Neelie Kroes (néerlandaise, comme Mittal Steel) et Günter Verheugen - appliquent bien évidemment les règles d’une « concurrence libre et non faussée » et soutiennent l’OPA.

Plus comique encore : dans les tout derniers jours de décembre, le gouvernement français avait pris un décret anti-OPA soumettant à autorisation préalable les investissements étrangers réalisés dans onze secteurs protégés. Mais il avait omis la sidérurgie, tout en incluant les casinos et tous les jeux d’argent. De toutes façons, la Commission européenne, toujours dans sa logique de « concurrence non faussée », conteste cette mesure française qui serait, comble de l’épouvante, « protectionniste » et « discriminatoire » (lettre à la France du responsable de la Direction général du marché intérieur de l’UE, Alexander Schaub). Arcelor ne peut d’ailleurs pas trop protester contre Mittal Steel, puisque trois jours avant le déclenchement de l’opération, elle venait elle-même de s’emparer de façon musclée du canadien Dofasco !

Dans ce bal des hypocrites où les gros poissons mangent les petits, on enterre tout ce qui reste de ce qui a fondé physiquement la construction communautaire, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) de 1951. Ne demeure qu’une Union européenne monétaire et financière, relais d’une mondialisation dévoyée. Pour « sauver » la sidérurgie européenne par le dégraissage et les réductions de production, la France a dépensé 15 milliards d’euros depuis 1981, et si l’on ajoute à cela les sommes engagées par le Luxembourg et l’Espagne, on atteint environ 23 à 25 milliards d’euros au total, alors que Mittal Steel veut s’emparer d’Arcelor pour 18,6 milliards d’euros, à peine cinq fois son résultat net et en réglant 75 % de son offre par l’émission de nouvelles actions Mittal. L’on ne peut que dire à ceux qui ont abouti à ce résultat : eh bien, dansez maintenant !

Car selon la logique acceptée par tous, la pensée unique néo-libérale, les Etats européens ne peuvent pas légalement résister et ne disposent pas d’argent pour le faire. Ils sont eux-mêmes coupables de la situation dans laquelle nous sommes. Qui paiera ? Les ouvriers et les employés de Mittal Steel et d’Arcelor, car les « synergies » et les « doubles emplois » aboutiront fatalement à des licenciements supplémentaires. Sur ce plan, Arcelor a d’ailleurs jusqu’à présent fait pire que Mittal Steel ! Ce qu’a dit un cokier d’Arcelor Dunkerque est parfaitement exact : « De toutes façons, nos vrais patrons, ce sont les fonds de pension américains. » Et les patrons de ces fonds sont l’oligarchie financière, dont Bruxelles est le relais.
Alors que faire ? A court terme, la France pourrait encore faire intervenir sur le marché la Caisse des dépôts ou même le fonds de réserve des retraites. Ce serait une stratégie industrielle improvisée, mais tout de même une stratégie industrielle. Cependant, la Caisse des dépôts a été dépourvue et le fonds de réserve des retraites n’a pas été abondé par la droite depuis 2002.

Il ne reste donc, si l’on veut encore disposer d’un outil de production en Europe et garder ou développer des emplois qualifiés, qu’à y rétablir une logique productive en répudiant Maastricht, le pacte de stabilité, l’ordre de la Banque centrale européenne et l’impératif autodestructeur d’une concurrence non faussée devenue loi de la jungle. Défendre l’emploi et la production, c’est refonder l’Europe. Le reste n’est que cocoricos stériles, comme François Loos, ministre de l’Industrie, en a donné l’exemple devant l’Assemblée nationale.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Jacques Cheminade
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