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Déclarations de Jacques Cheminade

Non à l’escroquerie du « Traité européen simplifié » Non à la suprématie britannique !

Par Jacques Cheminade

Le Traité européen simplifié, négocié à Lisbonne les 18 et 19 octobre, est une escroquerie politique, visant à faire avaler au peuple français, par la voie d’une ratification parlementaire, ce qu’il a rejeté lors du référendum du 29 mai 2005. Il constitue ainsi non seulement un instrument de blocage d’une autre politique, celle d’une Europe des patries et des projets que nous défendons, mais il confirme et étend la paralysie des souverainetés nationales instituée par le traité de Maastricht et le Pacte de stabilité. Adopter ce traité, c’est rendre pratiquement impossible une grande politique eurasiatique - celle de notre Pont terrestre eurasiatique - car son adoption consacrerait l’interdit de tout crédit productif public, par delà l’impôt et l’emprunt, nécessaire à une politique de grands travaux. Ceux de Jacques Delors ont échoué à cause du manque de financement ; le choix fait aujourd’hui est de continuer à faire prévaloir le monétaire, le profit financier à court terme et l’austérité sociale de la Banque centrale européenne sur l’équipement et la production industrielle. Nous disons donc « non » à ce traité, et nous faisons campagne contre lui, non pas seulement pour ce qu’il institue mais surtout pour ce qu’il interdit de faire.

Le non de 2005 bafoué

Tous les experts européens pensent comme Daniel Gros et Stefano Micossi, du Center for European Policy Studies, le think-tank bruxellois peu suspect de « nonisme » : « La plupart des innovations contenues dans la Constitution ont été maintenues. » Valéry Giscard d’Estaing estime lui-même que le texte de Lisbonne contient 95 % de ce qui était dans la Constitution, dont il fut l’auteur. Les dispositions de 2005 ont été réintroduites dans le texte de 2007 à l’initiative de la chancelière allemande Angela Merkel, avec le soutien de Nicolas Sarkozy, article par article, au sein de l’actuel traité d’Union et dans le traité de Rome, rebaptisé « Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ». Le traité « simplifié » comporte ainsi 256 pages dignes d’un polycopié mortel des Facultés de droit.

On enterre le mot « constitution » et ses symboles, la mention du drapeau européen, de l’hymne et de l’euro, pour laisser croire que la France a obtenu l’abandon du projet constitutionnel, mais on conserve tout le contenu de 2005, avec ses dispositions les plus choquantes !

  1. La principale innovation est la désignation d’un président élu pour 30 mois, par les chefs d’Etat et de gouvernement, à la majorité qualifiée. Ce président disposera d’un pouvoir d’impulsion et de blocage. Il est révélateur que le grand favori pour occuper ce poste soit l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair.
  2. Le nombre de domaines dans lesquels l’unanimité n’est plus exigée ou de nouvelles compétences sont explicitement transférées (une cinquantaine en tout) augmente (énergie, justice, police, immigration, asile, politique extérieure...). Il y a donc bien un transfert systématique de souverainetés sans qu’il y ait pour autant de débat sérieux et public sur les objectifs de l’Union européenne. Elément supplémentaire révélateur de la suprématie britannique, la Charte des droits fondamentaux n’aura pas de caractère contraignant pour Londres, et la Grande-Bretagne pourra refuser de s’associer à la coopération judiciaire et policière, c’est-à-dire conserver son système de sanctions pénales.
  3. La création d’un poste de « haut représentant pour les Affaires étrangères de l’Union », désigné à la majorité qualifiée, et de véritables services diplomatiques va à l’encontre de la souveraineté et de l’indépendance des Etats membres. Il ne s’agit pas ici de coordination, mais de tutelle. Pour quoi ? Pour imposer la politique monétariste et financière d’austérité sociale promue par la banque centrale européenne (BCE).
  4. La réduction du nombre de commissaires aux deux tiers du nombre des Etats membres à compter de 2014 (18 pour les 27) supprime le lien entre l’Etat membre et le commissaire, rendant la Commission davantage supra-nationale. Celle-ci recherchera un « intérêt général européen » que rien ne définit, sous les ordres de la BCE, visiblement différent de celui des Etats.
  5. La Cour de Luxembourg devient une super-cour constitutionnelle, une « Cour suprême » pouvant contrôler les actes et décisions du Conseil européen, car celui-ci devient formellement une « institution de l’Union ». On peut ici parler de supranationalisme judiciaire au service du monétarisme, par volonté ou par défaut.
  6. La mention de « concurrence libre et non faussée » n’a pas été reprise, grâce à l’intervention de Nicolas Sarkozy. Cependant, il s’agit là encore d’une mesure cosmétique. Un protocole annexe relatif « au marché intérieur et à la concurrence » rappelle que l’article 3 du Traité sur l’Union européenne prévoit bien un « système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ».
  7. Dans le titre consacré à l’environnement, le « combat contre le changement climatique » est une nouvelle compétence qui échappe en partie aux Etats. Ce qui revient à créer un levier pour bloquer la croissance, d’autant plus que les relations de M. Barroso et de M. Gore sont devenue tout à fait étroites.

Une méthode inadmissible

La méthode utilisée pour faire avaler la couleuvre est aussi inadmissible que la bête est nuisible. Le texte a été concocté entre experts, loin de tout débat citoyen sérieux sur les objectifs, avec pour mot d’ordre d’éviter les référendums et de faire vite. Cela révèle sa nature même : il s’agit d’une arme contre les peuples et les patries. « Le problème est que, en l’espèce, éviter le référendum fait partie d’un processus visant à tromper les citoyens », écrit sans prendre de gants le quotidien portugais Pùblico.

Nicolas Sarkozy s’efforce de faire croire que c’est lui qui a écarté les dangers et répondu à certaines préoccupations des partisans du non. Or l’on a vu que la concurrence libre et non faussée revient par la cheminée après avoir été mise à la porte, et que la BCE garde tous ses pouvoirs de nuisance - non seulement les garde, mais se les voit confirmer.

Or, à propos de BCE, dès que Ségolène Royal a protesté contre sa politique, François Hollande et ses éléphants se sont mis à barrir. Le PS tourne autour du pot, incapable de charpenter une opposition cohérente. Pis encore, Pierre Mauroy, le strauss-kahnien Pierre Moscovici, « l’indépendant » Bertrand Delanoé ou l’ex-futur jospiniste Bernard Poignant ont pris parti pour le traité, c’est-à-dire ont rallié, sur le fond, les Kouchner et les Jouyet, qui s’arrogent les lauriers de l’infamie. N’écrivent-ils pas, ensemble, dans Libération du 24 octobre : « Le choix du président de la République de confier la responsabilité de la politique de la France à deux hommes qui n ’étaient pas issus de son camp a sans doute compté dans l’adoption, le 19 octobre, d’un nouveau traité. »

Quant au reste des socialistes, ils estiment qu’il est urgent d’attendre. Pour eux, c’est après les municipales que Sarkozy lancera sa grande politique d’austérité et de rigueur, et c’est à partir du 1er juillet que la France prendra la présidence de l’UE. Le moment sera alors venu de se mobiliser... quand il sera trop tard. En attendant, ils appellent à l’abstention, sauf Jean-Luc Mélanchon, qui n’aime pas Solidarité et Progrès pour des raisons de caste, mais qui, sur ce sujet, a plus de courage que ses camarades. Le député européen et très fabiusien et très mondain Henri Weber résume bien le sentiment de cette gauche caviardée en s’écriant « soyons mitterrandiens ! », faisant allusion à l’appel à l’abstention lancé par François Mitterrand lors du référendum de 1972 sur l’entrée de la Grande-Bretagne dans l’Europe.

Ce qui est tout à fait révélateur, car c’est cette réserve mitterrandienne qui, soutenant l’opportunisme pompidolien d’alors, permit à la Grande-Bretagne de déconstruire l’Europe en l’orientant vers des priorités financières auto-destructrices, tout en se réservant, elle, le droit de se soustraire à ce que les autres s’infligeaient. Elle a, en effet, toujours maintenu la livre, sans adopter l’euro et la BCE.

Il est clair qu’il faut dire non à cette pantalonnade sinistre, une pantalonnade bien pire aujourd’hui que celle de 1972, car nous sommes plongés dans une crise décisive pour l’humanité. En présentant, comme nous le faisons, l’alternative, car sans elle, s’opposer n’aurait pas de sens : une Europe des patries et des projets, contre les puissances de chantage du fascisme financier, une Europe qui ne se fasse plus par l’argent mais par une politique de grands travaux, de coopérations renforcées et d’une grande ambition culturelle. Avec une dimension eurasiatique, de l’Atlantique à la mer de Chine, sans laquelle l’espace européen serait insuffisant. Pour cela, il faut faire sauter le verrou de Maastricht au lieu de le renforcer. Nous le disons, nous le répéterons, nous montrerons quelle politique doit permettre de faire face au krach financier. Sans elle, tout le reste, y compris le traité européen simplifié, n’a aucun sens.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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