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Les analyses de Jacques Cheminade

Oncle Bernard et Docteur Maris, encore un effort...

Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles, Bernard Maris (Albin Michel, collection Lettre ouverte, 85F) « C’est la crise finale », Oncle Bernard et Luz (Charlie Hebdo, hors série, 25F)

Oncle Bernard fait fort. Docteur Maris nous les gonfle un peu. Oncle Bernard, avec « C’est la crise finale » nous livre en B.D. ce qu’il y a aujourd’hui de plus sérieux à lire sur le monde qui nous tombe dessus. Il nous venge du respect qui n’est pas dû. Dr Maris cartonne les économistes de tout poil avec une verve goûteuse à petites doses mais lourdingue à longueur de pamphlet.

Commençons donc par l’épopée de l’illustre Mouillard. Cadre à 1000F par jour, il a gagné le « grand concours de la confiance et de la transparence économiques », le droit de tout connaître et de tout savoir. Le voilà parti pour être initié en huit mois aux secrets de l’économie mondiale. Notre Faust petit porteur est d’abord introduit dans le bureau du tout puissant Camdessus, où il apprend l’art de la prévision économique et de la prière pour que les pauvres restent ce qu’ils sont. Il parcourra ensuite le Brésil, les Etats-Unis, la Russie et le Japon (tous les compartiments du Titanic), puis rencontrera les patrons, Strauss-Kahn, Duisemberg, pour finir comme il se doit à Davos récitant le « Notre père du marché ».

De retour en France, heureux qui comme Ulysse, tralala la confiance et pompopom la transparence, il est viré, ses enfants sont condamnés pour deal de drogue, sa femme s’est tirée avec l’huissier et lui-même - ooouuuu ! - devient SDF-loup des steppes urbaines. Point barre, ou Barre tout court.

Bon, il y a de grands moments. Quand le patron du FMI explique la combine emprunt-bourse-consommation qui fait marcher l’économie américaine, quand Greenspan montre comment il gonfle sa bulle en balançant du liquide ou quand Domi ma caille (DSK) et Denis ma poule (Kessler, du Medef) se papouillent. En une page, tout, c’est-à-dire la matrice logique, est dit sur la politique de triage dans la santé ou sur la magouille des fonds de pension, et les interventions de Merriwether (LTCM) ou de Duisemberg (Banque centrale européenne) sont mieux que vraies car elles dévoilent la réelle folie de ces types. Sous le caractère métaphorique du conte, la monstruosité apparaît de manière bien plus efficace que dans toutes les verbosités linéaires d’un discours.

Pourtant, il y a un truc qui gêne. C’est que, pris d’une certaine façon, tout ça paraît inéluctable et les monstres bien tenir en main leur affaire. Ce qui est faux, car dans le monde « réel », nous « courons comme des malades vers la crise finale » ce que les doctes appellent « crise systémique » - et c’est bon parce que ça nous offre rien moins que l’occasion d’une révolution, si nous sommes capables de construire l’alternative.

Oui, me direz-vous, c’est de la B.D ; et une B.D., c’est pas là pour fourguer des conseils ou des programmes. Exact, mais quand même, il y a comme quelque chose de gênant.

Passons au bouquin. Le Dr Maris s’y déchaîne contre l’économie de marché, en démontre la fraude absolue, avec de bien bonnes. A déguster :

« Le marché est un vaste bordel. (...) Aucun économiste digne de ce nom ne peut prétendre à ce que le modèle d’équilibre général ne soit pas définitivement mort et enterré (...) On ne peut pas aller petit à petit vers la concurrence pure et parfaite. Corollaire : M. Camdessus est un âne (...) La validité des démonstrations économiques repose sur la logique des assertions qu’elles contiennent, et non sur la nature particulière de ce dont elles parlent (...) Tous les théorèmes de ce calcul sont tautologiques (...) Les économistes n’en ont pas [de mains, ndlr]. Pardon : ils ont la main invisible. Ils n’ont qu’elle. (...) Mort le système de Walras, les économistes se sont précipités... sur la théorie des jeux [je ? ndlr]. (...) Aucun expert ne connaît jamais la date des seuils de retournement en Bourse, sinon il serait milliardaire : seuls les initiés, autrement dit les escrocs, peuvent anticiper les seuils (...) DSK appelant à la "rationalité" des marchés, c’est Talleyrand appelant à la prière et pouffant à la fête de l’Etre suprême. »

Bravo l’artiste. Mais quoi, la cible n’est-elle pas un peu trop facile pour le talentueux oncle de l’illustre Mouillard ? Tout ça sent le don Quichotte érigeant en bandits de grands chemins de vulgaires moulins à parole. On tourne un peu en rond à l’intérieur du bocal. N’y aurait-il pas mieux à faire ?

Justement, coucou la revoilà, réapparaît ici la question de l’alternative. Que nous offre le Dr Maris ? Presque rien, mais tout de même quelque chose. Revenir à l’histoire - oui, bien sûr - et « à Smith, Keynes et Marx ». Holà, Dr Maris, oncle Bernard, mes amis, vous ne connaîtriez pas l’économie physique ? Leibniz, l’Académie des sciences, Polytechnique avant Napoléon, Gaspard Monge, Friedrich List, Hamilton, Carey père et fils seraient-ils pour vous des fantômes ? Et les travaux de Cantor et de Riemann, que ni Walras ni Cournot n’ont pris en compte ?

Voilà tout un monde à prendre à bras le corps, bien plus intéressant que les quarterons du bocal.

J’aimerais beaucoup inviter Oncle Bernard à s’y mettre, ça rendrait un fier service à tout le monde. Et il ne nous rebattrait plus les oreilles avec la "science morale" d’Adam Smith, dont « la théorie des sentiments moraux » est de la plus indigeste immoralité. Pire encore, à la fin, l’artiste plonge. Il nous sussure : « Avez-vous réfléchi au fait qu’une civilisation comme Venise avait tout basé sur la beauté, alors que votre civilisation tellement puissante a tout fondé sur la laideur ? » Oncle Bernard, il y a le Dr Maris qui déconne sec. Car Venise a tout basé non sur la beauté, mais sur la finance et le pillage, y compris les croisades et les ghettos. Evidemment, les Vénitiens étaient des voleurs plus distingués et plus esthètes que MM. DSK, Soros, Merriwether ou Greenspan. Mais ils sont bien le berceau de la féodalité financière, celle qui a pris la place de la féodalité du sol, trop ringarde pour résister aux républicains humanistes de la Renaissance. Venise a été la "mère" de cette vaste escroquerie qu’est l’économie anglaise, dont DSK, Merriwether, Greenspan et Soros sont quelques-uns des avatars débiles.

J’ai mis de côté un petit dossier sur tout ça, à l’intention du Dr Maris. A Oncle Bernard, je conseille plutôt Le sacre du printemps, par Modris Eksteins (Plon, 1989) : au pillage financier correspond l’empirisme rationaliste et le titillage romantique des sens. L’un va avec les deux autres, comme Smith avec Malthus et Ricardo.

Ce point est historiquement essentiel. Pour définir l’alternative à ce que montrent avec beaucoup de talent critique et d’honnêteté intellectuelle Oncle Bernard et le Dr Maris, il faut encore faire un effort pour sortir du bocal, là où il y a la vie et l’économie physique qui, elle, est une science.

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
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Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
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