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Les analyses de Jacques Cheminade

PME, l’atout du travail suisse

Par Jacques Cheminade

« Travailler, travailler, se tenir à l’avant-garde de la recherche, choyer ses collaborateurs ouvriers et employés, connaître et maîtriser ses coûts », telles sont les raisons de notre succès. Ainsi s’est exprimé Bernard Sottas, dont l’entreprise de construction industrielle venait de recevoir le premier Prix de l’entreprise Suisse romande 2010, décerné par le Swiss Venture Club, le 24 juin 2010 à Lausanne. Pourquoi rapportons-nous, dans ce journal politique, un fait concernant apparemment la vie des entreprises dans un pays étranger ? Parce qu’il est, à nos yeux, fondamental pour une France trop pyramidale de prendre conscience des stratégies industrielles qui ont permis à un petit pays d’échapper aux pires conséquences de la première vague de la dépression économique, et qui constituent une inspiration en vue de la marche à suivre partout en Europe lors de la deuxième vague qui nous frappe, cette fois non pour y échapper, car ce serait impossible, mais pour participer activement à un changement d’orientation économique, politique et culturel. C’est-à-dire passer d’un système financier basé sur le court terme, la spéculation et l’endettement systématique à un ordre de croissance industrielle fondé sur le développement des capacités créatrices de l’homme.

Les six entreprises primées ouvrent toutes autant de pistes car elles ont un point commun : ne pas se laisser porter par un passé familial ou professionnel mais toujours penser en termes d’avenir, de valeur ajoutée et de calcul précis des prix de revient. Ecoutons Bernard Sottas, en 1992, parler de son projet : « Il me fallait l’usine. J’étais habité par un besoin viscéral de construire. » Commençant pratiquement comme serrurier, me voici engagé dans la physique de pointe, confiait-il à ses amis. Son entreprise s’est en effet constamment aventurée dans des solutions techniques inédites, en se concentrant sur « les façades high tech et les chantiers complexes » pour toujours dépasser la concurrence. M. Sottas a gravi l’échelle du système suisse d’excellence : apprenti à Yverdon, diplômé ingénieur ETS à Fribourg, employé pendant une quinzaine d’années d’une entreprise glânoise de constructions métalliques, il fonde ensuite sa propre société sur la base à la fois de la compétence (les bureaux techniques de Sottas emploient aujourd’hui une soixantaine de personnes dans les départements façades, charpentes et « all in one »), de l’application précoce de l’informatique à la gestion, et du suivi des clients en Suisse et à l’étranger. Son pari fut d’adopter les techniques les plus avancées pour permettre les constructions les plus légères possibles, aux courbes harmonieuses et aux lignes élancées : la « logique » de la construction de la tour Eiffel. Pour former la relève, Sottas s’est allié à trois autres entreprises pour créer, en 2006, l’Ecole du métal.

Les entreprises ayant obtenu les deuxième, troisième et quatrième prix ont toutes fait preuve d’un état d’esprit similaire : aller de l’avant en redéfinissant constamment leurs cibles et en offrant les meilleures conditions possibles de travail à leurs ouvriers et employés. Cela paraît presque naturel, mais cet état d’esprit participatif n’est pas toujours présent en France…

Plus encore, il est intéressant de souligner comment la Suisse, malgré le naufrage de l’Union de banques suisses (UBS) et le comportement scandaleux de son président, Marcel Ospel, a pu résister dans ses œuvres vives.

Tout d’abord, la Suisse a été portée par l’esprit de machine-outil de son industrie. Les constructions mécaniques de pointe, l’horlogerie, la fabrication d’équipements pétroliers et électriques ont des dirigeants qui ont su constamment améliorer et diversifier leurs produits et leurs marchés. Très tôt ils ont exploré l’Asie, en particulier la Chine et l’Inde, comme Gainerie moderne, la société fribourgeoise qui a reçu le second prix. Ce leader mondial de l’écrin de luxe a su élargir la base de sa clientèle, privilégier ses relations avec les grandes marques horlogères et établir en Asie des partenariats basés sur la durée.

Ensuite, ces entreprises travaillent étroitement avec à la fois des apprentis qu’elles forment et les réseaux d’ingénieurs des Ecoles polytechniques fédérales de Lausanne et de Zurich. Le lien industrie-apprentissage-enseignement supérieur est ainsi un élément constitutif du système.

Enfin, des réseaux bancaires de proximité et de grandes entreprises ont financé et promu les réseaux de PME. Le Crédit suisse n’a pas eu la même politique que l’UBS, et les banques cantonales, après une première période de tentation spéculatrice, sont revenues à leur environnement de proximité. Roland Decorvet, de Nestlé Suisse à Vevey, explique que son entreprise multinationale avait conscience qu’elle ne pourrait pas vivre si elle ne faisait pas appel à une centaine de PME de toute la Suisse. Dans quel autre pays, enfin, les quinze membres du jury du prix, qui sont des gens qui, dirait-on en France, « ont autre chose à faire », se seraient-ils mobilisés pour examiner les quelque 80 dossiers soumis et auraient-ils parcouru en autocar une distance équivalant à celle de plusieurs fois la Suisse romande, pour visiter sur place seize entreprises et en retenir six ? Comme l’a souligné Pierre-Olivier Chave, président du jury et dirigeant de PX Holding SA à La-Chaux-de-Fonds, nous avons pris notre temps et en avons été heureux, car « nous avons été surpris de la capacité de nos entreprises à réagir et à chercher des parades face à la globalisation. » Elles ont en particulier compris qu’un haut niveau d’emploi (le taux de chômage suisse est le plus bas d’Europe) est le meilleur garant d’une solide consommation et attire des milliers d’employés étrangers très qualifiés.

Bien entendu, en Suisse, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possible et contre le tsunami financier qui vient, il ne peut y avoir de parade nationale. C’est pourquoi, dans l’intérêt même de l’esprit qui leur a permis de résister à la globalisation, les forces de progrès et de développement de ce pays ont intérêt à soutenir le retour à une politique internationale et européenne qui redonne priorité au travail et à la création humaine, pour éviter d’être pris dans un effondrement systémique global.

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  • jerome • 05/07/2010 - 21:49

    Pour avoir travaillé en suisse durant 8 ans, il est impressionnant de constater que beaucoup de salariés retournent fréquemment à l’école pour : 1-monter en compétence 2- dispenser leur connaissances au autres.
    l’apprentissage est valorisé, c’est même une étape quasi-obligatoire, et l’on sent moins le clivage Ouvrier/Cadre sup. (l’armée y est peut être pour quelque chose également).
    enfin le pays n’est pas parasité par des grèves à répétition qui sape le morale des citoyens, car à se focaliser sur ce qui ne vas pas on fini par ne voir plus que cela et c’est bien dommage !
    Comme beaucoup, j’ai besoin de travail, de reconnaissance, et de rêve... mais la France ne semble pas savoir faire cela !

    Répondre à ce message

  • petite souris • 05/07/2010 - 16:02

    Cela paraît presque naturel, cet état d’esprit participatif...

    ....Le lien industrie-apprentissage-enseignement supérieur est ainsi un élément constitutif du système.

    Monsieur Sarkozy, qui a des amis riches avec des biens en Suisse, pourrait-il leur demander de rapporter ces idées à appliquer en France en plus de leur argent ?

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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