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Les analyses de Jacques Cheminade

Philippe Séguin, renégat

Paris, le 30 novembre 1998 - Lorsque M. Séguin s’était trouvé auprès de M. Mitterrand, lors de la grande émission télévisée précédant le référendum sur le traité de Maastricht, j’avais été frappé par son absence de vigueur. Un petit garçon impressionné par la fonction et la personnalité de son père, telle était l’image qui m’était alors venue à l’esprit. La vérité se trouve être bien pire que mon impression d’alors. M. Séguin est un homme qui se sert des idées et non qui les sert : pour atteindre l’objectif qu’il s’est désigné - la tête d’une liste unique de l’opposition de droite aux européennes de juin 1992, puis Matignon et qui sait encore... - il a jeté à la rivière tout ce à quoi il prétendait croire. Le Séguin version 1992 disait en effet : « La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage. » Le Séguin cuvée 1998 défend l’idée d’une « Constitution européenne. »

A la lumière de cette « évolution », son attitude à la veille du référendum de Maastricht s’éclaire. Aussi retors que son interlocuteur présidentiel d’alors, il s’efforçait non pas de faire gagner le « non », mais de le faire perdre de peu. En bref, de saboter sa cause. Un article de Carole Barjon, dans Le Nouvel Observateur du 19-25 novembre, le confirme : « Il a même freiné des quatre fers en fin de campagne, lorsqu’il a craint que le non qu’il préconisait ne l’emporte ! Il s’était déjà convaincu qu’un homme politique ne peut pas accéder aux plus hautes fonctions s’il est dans le camp des archéos. La cour des grands est forcément européenne. » Vocabulaire gauche caviar et point de vue hostile ? Sans doute, mais dès le mois de décembre 1993, à l’université de Paris-Dauphine, le Philippe Séguin nouveau qualifiait Maastricht de « dispositif qui, fût-ce au terme d’une pédagogie de l’erreur, peut dessiner l’avenir ». Du même coup, il avançait l’idée d’un Sénat européen. Hier - en 1992 - il voulait « sauver la France », que Maastricht menaçait de « casser » ; aujourd’hui, il entend toujours « sauver » quelque chose, mais c’est « la monnaie unique ».

L’homme ne mériterait pas que l’on s’attache à son cas - tant il est banal dans notre caste politicienne - si deux raisons ne le justifiaient.

L’une, de circonstance, est qu’il s’apprête à être élu, les 12 et 13 décembre, président du RPR avec une majorité d’au moins 70% des participants. Nous soulignerons ici simplement qu’avec son compère Sarkozy, ils sont devenus les Laurel et Hardy qui, dans un grand rire de l’histoire, accompagnent le cercueil du gaullisme officiel.

L’autre, plus grave, est la confusion d’idées qui se propage dans notre pays sur des questions historiques fondamentales. Bien entendu, cette question dépasse la personnalité et les paroles de M. Séguin, mais son "cas" reste parmi les plus révélateurs : les renégats, pour rassurer leur nouveau camp, ont toujours besoin de faire le bout de chemin le plus long.

Cette confusion s’est exprimée de la manière la plus caricaturale lors de l’inauguration de la statue de Winston Churchill, le 11 novembre. Tout le ban et l’arrière-ban du gaullisme, de Pierre Messmer à Jacques Chirac, ont chanté les louanges de celui qui fut l’un des pires ennemis du général De Gaulle, de l’indépendance de la France et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Rappelons, simplement, que les services secrets anglais de l’époque avaient bel et bien établi un plan visant à éliminer physiquement le général De Gaulle et qu’en juin 1943, Churchill et Roosevelt cherchaient à s’en débarrasser politiquement. De Gaulle ne sortira vainqueur, contre Giraud (le favori des Anglo-Américains) que grâce au « retournement », lors de la grande réunion d’Alger, de Jean Monnet et de Maurice Couve de Murville. Autant pour l’histoire.

Ecoutons aujourd’hui Philippe Séguin, dans Le Figaro du 11 novembre, dans un point de vue intitulé « ce que nous devons à Churchill » : « Mais il y a ces années, ces jours et ces heures où, on ne le dira jamais assez, c’est du Royaume Uni et de lui seul qu’a d’abord dépendu la survie de la liberté (...) Rarement le sort de tant de nations n’a autant reposé sur la détermination d’une seule d’entre elles. Et rarement la détermination de toute une nation n’a dû autant à la détermination d’un seul homme (...) C’est lui qui a ouvert la voie à De Gaulle. Et il n’a pas peu contribué à construire sa légende et son épopée. »

Etonnante anglomanie pour un homme qui se croit encore gaulliste. Relisons Alain Peyrefitte citant De Gaulle lui-même : « Notre plus grand ennemi héréditaire, ce n’était pas l’Allemagne, c’était l’Angleterre (...) Elle fait systématiquement bloc avec l’Amérique. Elle veut nous empêcher de mener à bien le Marché commun. Il est vrai qu’elle a été notre alliée pendant les deux guerres, mais elle n’est pas portée naturellement à nous vouloir du bien. Pour l’Allemagne, au contraire, il est clair que nos intérêts se rencontrent et se rencontreront de plus en plus. Elle a besoin de nous, autant que nous avons besoin d’elle. »

Ajoutons que M. Séguin s’est disqualifié en comparant les fusillés du Chemin des Dames à des SS.

Pourquoi cette question historique est-elle aujourd’hui si importante ? Parce que ne pas comprendre ce que représente l’Angleterre - ou trop bien le comprendre - conduit aux pires erreurs de jugement, comme le cas de M. Séguin l’illustre de manière caricaturale. Il conduit à confondre un Etat-nation avec une caste, une oligarchie au pouvoir - ce dont l’Angleterre est l’exemple même, quelle que soit la couleur de son gouvernement. Ainsi, les fusillés de Craonne ont eu, justement, l’intuition qu’ils combattaient non pas pour leur pays, mais pour une caste au pouvoir. La sensibilité de M. Séguin ne peut pas le comprendre, parce qu’elle est de nature anglaise, ou plutôt anglomane, c’est-à-dire anglaise par conviction et non par héritage. Nous ne voulons pas, bien entendu, parler ici du peuple anglais, traité par son oligarchie à peu près du même point de vue que celui de Nivelle vis-à-vis des soldats de Craonne. Winston Churchill, ce n’est pas De Gaulle, l’Angleterre, ce n’est pas la France, tout comme un charnier alimenté par des généraux imbéciles, fanatiques et indifférents au sacrifice des hommes - dont l’un d’entre eux allait devenir le maréchal que l’on sait - ce n’est pas la République. Ceci touche à un second point, que M. Séguin, là encore, illustre de manière caricaturale. C’est la confusion, aujourd’hui quasi générale, faite, notamment au RPR, entre « gaullisme » et « bonapartisme. »

Ecoutons, dans son Louis Napoléon le Grand, Philippe Séguin citer avec complaisance une lettre de Napoléon III à l’historien anglais Forbes Campbell : « Quel spectacle attristant de voir les deux plus grandes nations civilisées du monde se détruire l’une l’autre - deux nations qui devraient, à mon avis, être amies et alliées, et seulement rivales dans les arts pacifiques. Espérons que le jour pourra venir où je mettrai à exécution les intentions de mon oncle et que j’unirai les intérêts et la politique de l’Angleterre et de la France - et cela dans une alliance indissoluble. Cet espoir me réjouit et m’encourage. (...) »

Philippe Séguin, qui est ainsi de coeur bonapartiste et non gaulliste, se trouve naturellement du côté de Nivelle en 1917 qui, à l’exemple de Napoléon, considérait ses hommes comme de la viande de boucherie.

Question grave, fondamentale : en effet, Napoléon cherche à imposer sa volonté personnelle par les armes et des coups d’éclat, au mépris des hommes. De Gaulle, à l’opposé, cherche à faire vivre la France comme idée, une idée nécessairement en accord avec la cause de l’humanité. Pour Napoléon, son excellence le pousse à écraser autrui. Pour De Gaulle, l’excellence de la France le pousse à inspirer les autres peuples du monde, par la force des idées. Sa passion pour la France le porte naturellement au combat contre l’oligarchie et donc à créer entre Etats-nations une communauté fondée sur le principe universel de progrès scientifique et culturel, à l’opposé du chauvinisme et du mondialisme.

De Gaulle ne plie donc jamais, là où M. Séguin s’incline. De Gaulle va à Londres parce que le combat contre le nazisme l’exige, mais sans nourrir d’illusions sur l’oligarchie anglaise. M. Séguin admire la pompe et les ors britanniques comme il admirait le savoir-faire de M. Mitterrand, au lieu de défendre durement et justement sa cause.

M. Séguin n’est pas gaulliste. M. Chirac non plus. Ils le deviendraient peut-être en consacrant quelques heures à relire les Mémoires de Carnot, l’anti-Bonaparte républicain, par son fils Hyppolite.

A ces deux VRP égarés sur la nature de leur marchandise, opposons, toujours dans le numéro du Nouvel Observateu du 19-25 novembre, le jugement lapidaire d’Henri Guaino : « (...) La responsabilité de la crise de l’Etat n’est pas à Bruxelles, en effet. Elle est dans le renoncement politique. Le démantèlement de l’Etat et du service public est le résultat d’un choix idéologique auquel Bruxelles sert de levier ou, si vous préférez, d’alibi (...) Amsterdam est un monstre juridique et politique. Comme vous l’avez dit au début, ce traité est l’enfant de Maastricht. »

M. Guaino n’appréciera peut-être pas d’être cité dans ce contexte. Le gaullisme et l’idée républicaine sont cependant devant nous, ils sont redevenus des idées neuves. Et comme toutes les idées neuves, elles exigent un combat - sans prendre de gants et sans accorder d’importance à ce que dit la Cour.

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Jacques Cheminade
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