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Déclarations de Jacques Cheminade

Sarkozy-Merkel, un sinistre bégaiement

Paris, le 20 août 2011 — La lettre adressée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pourrait être qualifiée de testament de fin de vie. En effet, face à la crise la plus grave du monde contemporain, le Président de la République française et la Chancelière allemande se sont non seulement comportés en nains politiques, incapables de juger la nature de l’ouragan financier qui vient, mais ils ont répété les erreurs du Chancelier allemand Brüning en 1930-1932 et du Président du Conseil Pierre Laval en 1935, en promouvant une austérité suicidaire.

Leurs « solutions » ne sont au mieux que des sparadraps sur une blessure qui devient mortelle pour nos Etats-nations et leurs peuples. Alors que la priorité absolue est de faire redémarrer les économies et de rétablir une justice sociale, ils ont repris la rengaine de l’équilibre budgétaire à tout va. Ce n’est pas en baptisant « règle d’or » ce qui est en réalité une euthanasie économique que l’on change quoi que ce soit au sujet. Ce n’est pas en « étendant les prérogatives du FESF/MES » que l’on change quoi que ce soit au fond des choses : les gouvernements européens prétendent sauver l’euro et les pays endettés, mais en fait, la Banque centrale européenne aujourd’hui, et demain le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, tout comme la Réserve fédérale américaine, émettent de la monnaie de singe pour sauver les mégabanques qui ne sont ni françaises, ni allemandes, ni américaines, mais constituent les forces armées de la City et de Wall Street. L’aveu est inscrit dans le texte de Mme Merkel et de M. Sarkozy : « Leur efficacité (du FESF/MES, Ndt) sera améliorée et leur flexibilité accrue, en lien avec des conditionnalités appropriées » . C’est le langage, la manière d’être et de faire, comme l’illustre le cas de la Grèce, du Fonds monétaire international. Mme Merkel a d’ailleurs bien parlé d’un « Fonds monétaire européen ».

Agissant comme Gribouille, qui pour ne pas se faire mouiller par la pluie sautait au fond de la mare, Mme Merkel et M. Sarkozy entendent sauver l’euro en redoublant les erreurs qui ont présidé à sa création. « Nous encourageons vivement les gouvernements et les parlements de l’ensemble des Etats membres de la zone euro à s’engager à revoir leurs projets de budget en cas de recommandations faites dans le cadre du semestre européen ». En clair, suivant les « analyses et recommandations fournies par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international » , les Etats devront continuer à renflouer les établissements financiers et imposer l’austérité à leurs peuples et la privatisation à leurs économies. Tout cela au nom d’une dette et d’un déficit qui ont été créés avec de la fausse monnaie et qu’on demande maintenant de rembourser avec de la vraie sueur, du vrai sang et de vraies larmes. C’est l’austérité supranationale pour servir les joueurs, les spéculateurs et les escrocs, en détruisant les fondements constitutionnels de notre société, une économie de la mort.

Car tout ce système est mort, et les croupiers des banques d’affaires et les croque-morts des gouvernements ne peuvent que ralentir l’échéance de la constatation du décès en créant des circonstances plus pénibles lors de la cérémonie funèbre à venir.

Le problème est qu’ils sont en train de nous entraîner avec eux et que l’opposition socialiste ne conçoit pas d’autre système. Même un économiste modéré et quelque peu monétariste à ses heures comme Jean-Paul Fitoussi, directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques, le souligne amèrement : « Cette idéologie simpliste, appelant à une réduction des dépenses, demeure majoritaire. Y compris au PS. Ce n’est pas nouveau. Lors du débat sur la Constitution européenne, certains socialistes se sentaient déjà obligés de courber l’échine pour entrer dans le club des’gens sérieux’. Leur alignement d’aujourd’hui sur la réduction du déficit budgétaire à 3 % en 2013 relève du même besoin. Et ce n’est pas de la manipulation ; ils se sont vraiment autoconvaincus de leur impuissance à conduire une autre politique ! »

Dans ces conditions, s’écrier « eurobonds, eurobonds, eurobonds ! » comme autant de nouveaux cabris, en prétendant mutualiser la dette totale européenne au profit des plus faibles, ne revient qu’à masquer la pompe à finances en faveur des grandes banques d’affaires, déguisant le père et sans doute aussi la mère Ubu en dames patronnesses.

Certes, il y a bien une dette et un déficit. La vraie dette est celle que nous avons contractée vis-à-vis des générations passées et que nous devons acquitter envers les générations futures, pour créer les conditions d’un vouloir vivre en commun. Et le vrai déficit est le déficit d’emploi envers les jeunes, qui sont notre chance d’avenir. Par rapport à celles-là, la dette et le déficit dont on nous rebat les oreilles ne sont au mieux que des reflets sur les murs de la caverne, au pire le résultat des tribulations de joueurs invétérés et d’escrocs ayant agi et continuant à agir en bande internationale organisée.

Notre proposition de Glass-Steagall, revenant à refuser de renflouer les spéculations des banques d’affaires en les séparant des opérations légitimes des banques de dépôt et de crédit, qui en principe servent les déposants et nourrissent l’économie, est une mesure simple et urgente qui vise à tarir le mal à sa source. Le reste ne revient qu’à disposer autrement les chaises-longues sur le pont du Titanic, en se bandant les yeux pour rendre l’exercice plus excitant.

En fait, ce sont les capitaines qui ont perdu leur longue-vue et même leurs lunettes, et qui refusent de sentir autre chose que les sensations du marché et le vol douteux des triple A distribués par des agences de notation aussi corrompues que leurs clients.

Une loi de type Glass-Steagall permettra une restructuration saine des dettes, condition nécessaire pour organiser une reprise. Cela ne se joue ni sur le terrain d’un fédéralisme supranational qui dégénère en fascisme financier, ni sur celui d’un repli sur soi qui dégénère en national-monétarisme. Cela se joue sur le terrain de la création humaine, d’un accroissement de la production par être humain et par unité de surface et de grands projets de développement mutuel qui rétabliront la confiance dans le futur de leurs participants.

Nous vivons une crise de civilisation. Dans ces cas-là, soit on reste dans un système incapable d’assurer son propre avenir, soit on en sort. Le moment est venu d’en sortir. Le Glass-Steagall en est la clef, de grands projets rétablissant les objectifs communs de l’humanité, ce vers quoi il permettra d’ouvrir. Mme Merkel, M. Sarkozy ou M. Obama ont prouvé leur incompétence, leur manque de caractère et leur complaisance pour la loi du plus fort, les conduisant à une politique qu’on ne peut qualifier autrement, compte tenu de ses conséquences, que de criminelle. L’euro et le dollar se sont faits hara-kiri. A chacun d’en tirer les conséquences dans son engagement politique.

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  • petite souris • 21/08/2011 - 19:16

    Merci Jacques pour cette petite piqûre de rappel.
    Penser que Merkel et Sarkozy connaissent l’histoire du 20° siècle est leur faire beaucoup de crédit...
    Sont-ils seulement conscients d’être les marionnettes de l’empire financier britannique, je n’en suis même plus sûre...
    Ils ne font que suivre les « analyses et recommandations fournies par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international » tout simplement car, ne sachant quoi faire, ils préfèrent suivre les instructions de "machins" non élus démocratiquement et des traités rejetés par les peuples, afin de n’être ni responsables ni coupables...
    Bien évidemment, ils connaissent vos idées, ils savent peut-être que c’est la bonne solution, mais, ils ne peuvent pas avoir tort c’est tout, ils préfèreront faire couler le bateau ...
    ... et c’est là le drame !

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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