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Les analyses de Jacques Cheminade

Serbie, Kosovo, Monténégro : arrêter l’hypocrisie européenne

Il n’y a plus d’excuse qui tienne. L’Europe doit entreprendre un vaste programme de reconstruction couvrant l’ensemble des Balkans et, en particulier, la Serbie, le Kosovo et le Monténégro, pour y rétablir les conditions de la paix par un développement économique mutuel. Or, après le sommet de Biarritz, elle ne vient d’offrir à Belgrade qu’une aide immédiate de 200 millions d’euros. A terme, considérant l’enveloppe du budget communautaire telle qu’elle a été arrêtée lors du sommet de Berlin de mars 1999, seulement 10 milliards d’euros seraient répartis entre les Balkans et le programme euro-méditerranéen MEDA II, avec environ 4 milliards pour les premiers et 6 pour le second.

Mauvaise augures pour Meda II

Ces sommes, au regard des besoins, tant dans les Balkans que dans la région méditerranéenne, sont ridicules. De plus, dans le programme MEDA I, les projets étaient si mal préparés et avec si peu de bonne volonté, que les Etats du Maghreb et du Moyen-Orient n’ont pas pu utiliser la totalité des fonds - eux-mêmes déjà limités - qui étaient à leur disposition. C’est de très mauvais augure, tant pour MEDA II que pour les Balkans.

Il faut, en réalité, totalement changer de perspective. Comme Jean Monnet le fit en son temps, il ne faut plus partir du surplus que l’on parvient à dégager dans le cadre du système existant, suivant le logique des financiers, mais se fixer les objectifs nécessaires pour passer à un ordre supérieur et susciter les ressources permettant le « décollage », comme le font les vrais bâtisseurs.

En Serbie, la situation actuelle est terrible. La dette extérieure est de 15 milliards de dollars, le niveau de la production industrielle atteint péniblement le quart de ce qu’il était il y a dix ans, le PNB a chuté de 19,3 % en 1999, en raison des bombardements de l’OTAN, 60 % des Serbes vivent en dessous du seuil de pauvreté et 40 % de la population se trouve au chômage.

Les économistes proches de Vojislav Kostunica, regroupés au sein du G17, tirent la sonnette d’alarme. Ils estiment à 500 millions de dollars (environ 600 millions d’euros) les besoins d’argent frais de leur pays, soit trois fois le montant de l’aide européenne. Ils évaluent les dommages de guerre totaux subis par le pays à 30 milliards de dollars (environ 36 milliards d’euros), avec plus de 4 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros) de dommages directs.

Pour la seule Serbie, l’aide nécessaire - simplement pour réparer les dommages causés - serait donc sept fois supérieure aux 4 milliards d’euros envisagés par l’Union européenne.

100 milliards d’euros pour la paix

Un vaste plan de développement de l’ensemble des Balkans exigerait, lui, une injonction immédiate de plus de 100 milliards d’euros.

Cependant, l’argent n’est pas tout. Deux points sont tout aussi fondamentaux.

Le premier est de rendre la Serbie et l’ensemble des pays des Balkans capables de lancer leurs projets infrastructurels et industriels. Or c’est tout le contraire que l’on s’apprête à faire. Comme si la leçon de la « thérapie de choc » néolibérale n’avait pas été apprise en Russie ou en Argentine, on veut imposer à la Serbie un système d’austérité intérieure et extérieure (Mladjan Dinkinc, principal conseiller économique de M. Kostunica, a dû accepter que « désormais il n’y aura plus d’émission d’argent sans couverture en devises ».) Si l’on avait appliqué ces recettes à la France et à l’Allemagne après 1945, il n’y aurait jamais eu de reconstruction ni de reprise. Aussi, c’est du double exemple du Kreditanstalt fur Wiederaufbau allemand et du Fonds national de modernisation et d’équipement français de 1946 dont il faudrait s’inspirer, dans le cadre d’un système fortement régulé (contrôle des flux de capitaux, des devises et du commerce), animé par une logique de plan Marshall. La solution est un système encadré de crédit productif, non un système « à l’Argentine » qui étouffe la production. Bien entendu, la Serbie doit bénéficier d’un moratoire à long terme sur sa dette extérieure, sans tenir compte des « conditionnalités » du FMI.

Le second point fondamental est d’aider le gouvernement serbe à éradiquer le régime mafieux qui a miné et mine le pays. Cela signifie lui permettre de récupérer les quelque 5 à 10 milliards de dollars de réserves en devises de l’ex-Yougoslavie cachées par la famille Milosevic en Russie et à Chypre. Borka Vucic, qui a dirigé la filiale chypriote de la Beogradska Bank, et Borislav Milosevic, qui a abrité l’Aka Bank serbe dans les locaux de son ambassade à Moscou, doivent être contraints de rendre au pays ce qui lui revient. Leurs complices, en Occident comme en Russie, doivent rendre gorge.

Espoir avec M. Kostunica

Un fort espoir tient au fait que les partisans de Kostunica se sont emparés de nombreuses entreprises de leur pays, en créant des états-majors et des conseils de crise. A Nis, par exemple, « dans chaque atelier, par un vote à bulletin secret, les ouvriers désignent leurs représentants à l’assemblée de l’usine. Celle-ci élira ensuite le conseil d’administration, qui choisira un directeur. » Nous sommes convaincus que seul ce type d’organisation à la base, s’il est efficacement coordonné au sommet par l’Etat, est de nature à extirper les mafias enkystées dans l’appareil de production.

M. Kostunica, comme le souligne Srdan Popovic, le dirigeant d’Otpor, « n’a aucun passé, ni affairiste, ni criminel (...) Il est le plus décent des chefs de l’opposition (...) De plus, il n’a pas d’ambition démesurée, il n’est pas un homme que le pouvoir va changer. »

La question, pour l’Europe, est désormais simple. Est-elle prête à l’aider ? En l’aidant, est-elle prête à s’aider elle-même ? Est-elle prête à faire une autre politique que celle voulue par l’ordre financier anglo-américain ? Pour l’instant, la réponse réelle, malgré les déclarations hypocrites des uns et des autres, est « non ». Ce qu’elle fait ne correspond en rien à ce qu’elle affiche. Ici, nous nous battons pour que ça change.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

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La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
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Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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