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Interventions de Lyndon LaRouche

Un horizon pour l’altermondialisme : le monde transpacifique et l’espace

10 décembre 2009 (Nouvelle Solidarité) – Nous publions ici le texte du message vidéo de Lyndon LaRouche, diffusé le 4 décembre en ouverture d’une conférence des altermondialistes russes à Moscou.

Salutations,

Depuis les événements de cet été, nous assistons à une évolution importante de la situation mondiale. Suite à la conférence de Rhodes [Dialogue des civilisations du 8 au 12 octobre 2009 - ndlr], nous avons vu les effets des négociations entre les Présidents chinois et russe, qui avaient posé les bases du nouvel accord conclu alors entre le premier ministre Vladimir Poutine et la Chine portant sur le développement partagé de la Sibérie.

Cette évolution, et ses conséquences, ont changé, de manière fondamentale, la direction de l’histoire. Le centre de gravité n’est plus dans les relations entre l’Europe et les Amériques, à travers l’Atlantique, mais dans celles des Etats-Unis et de toutes les Amériques avec les pays de l’autre côté du Pacifique et plus loin dans l’océan Indien, avec les nations d’Asie et touchant l’Afrique.

Ainsi, la grande région de Sibérie, en particulier dans le nord et l’est, s’ouvre au développement. La coopération entre la Chine et la Russie pour le développement de la Sibérie a profondément changé l’orientation stratégique de la planète dans son ensemble. Et nous espérons que c’est un changement plus ou moins permanent, pour des générations à venir. Il y a de vastes ressources naturelles en Mongolie et en Russie, en Sibérie du nord.

Ce développement aura des répercussions pour les populations d’Afrique, en particulier sur les côtes de l’océan Indien, en plus de l’Inde, l’Asie du sud-est, la Chine et la Russie. Cela signifie un changement de l’histoire ; on passe de l’orientation transatlantique de la civilisation moderne, qui existe pour l’essentiel depuis l’époque de Christophe Colomb, à une nouvelle ère, où les relations entre les Etats-Unis et l’Asie, à travers le Pacifique, et aussi jusqu’à la cote africaine et à l’Australie, deviennent le trait dominant.

En Asie surtout, il y a des populations nombreuses, alors que la Russie n’a pas une population comparable à l’échelle de la Chine ou de l’Inde, mais elle a un rôle tout spécial avec le territoire sibérien. La Chine a 1,4 milliard d’habitants, l’Inde 1,1 milliard, l’Indonésie a une grande population, etc. Maintenant, la réalisation du développement des matières premières et du potentiel productif en Sibérie vient se conjuguer aux fortes populations, comme celles de la Chine et de l’Inde ; on réunit les matières premières et une force de travail, non pas pour piller les ressources d’un territoire, mais pour développer ce territoire, et pour développer les populations participant à ce développement.

Voilà le visage de la nouvelle économie mondiale, à condition d’échapper aux dangers qui existent actuellement. Nous devons ajuster notre manière de penser en conséquence.

La conquête de Mars

Et nous devons aussi commencer à penser à autre chose : l’avenir de l’humanité, d’ici quelques générations, dépend de la colonisation de la Lune, comme centre de production des équipements qui transporteront l’homme vers Mars pour la coloniser. Pendant ce temps, on assistera à un changement fondamental du caractère du destin humain apparent. Et le programme sur lequel la Russie et la Chine, jusqu’à présent, se sont mises d’accord, sera le point de départ.

Ceux qui connaissent l’histoire, notamment l’histoire stratégique, reconnaîtront qu’il s’agit là d’un changement fondamental. Le monde aura désormais une orientation transpacifique, à la différence de l’orientation transatlantique. Et ce pour longtemps. Car combiner les populations, nombreuses mais sous-développées, à un processus de développement de régions riches en matières premières en Sibérie, et ailleurs, constitue la solution du problème actuel du monde.

En même temps, nous devons tourner les yeux vers le futur, vers la colonisation de Mars, que ce développement contribuera à rendre possible. Il faudra plusieurs générations avant d’en arriver là. Il y a de nombreux problèmes, des problèmes scientifiques, à résoudre. Moins pour arriver sur Mars – nous savons déjà comment le faire. Mais avant de pouvoir transporter des hommes et des femmes dans de bonnes conditions jusqu’à Mars, et les ramener, il reste encore des problèmes à régler.

Tel sera le caractère de la période à venir, si nous parvenons à sortir de la crise actuelle. Mais certaines parties du monde ne sont pas prêtes à l’accepter. L’empire britannique par exemple. (L’Australie, par contre, tendra à s’y intéresser de près. Elle dispose de ressources, y compris d’importantes quantités de thorium et d’uranium, et elles seront utiles pour l’Australie même et pour ses voisins. Les réacteurs nucléaires à thorium constitueront un élément spécial d’un programme de développement pendant cette période.) Mais en général, l’opposition viendra de l’Empire britannique, qui n’est pas un empire du peuple britannique. Son centre est à Londres et représente des intérêts britanniques, mais il est mondial : c’est le système monétariste international.

Et ce que nous voyons maintenant en germe, avec cet accord sino-russe, est le début d’une alternative à un système monétariste : la transition vers un système de crédit. Au lieu d’avoir une monnaie internationale qui exerce un pouvoir impérial, son autorité, sur le pouvoir des Etats-Nation et de leur économie, au lieu d’avoir un système mondialisé, nous aurons un système d’Etats-Nation souverains, qui coopèrent entre eux, par le biais de leur système de crédit respectif, pour le développement de la planète. Voilà l’orientation que nous devrions adopter. Voilà mon objectif.

Cependant, pour réaliser cette mission – consistant à lancer le développement que cette coopération russo-chinoise inaugure – nous devons en même temps développer la science et la technologie qui vont de pair avec une orientation vers Mars.

L’humanité est créatrice, instinctivement. Aucun animal ne l’est. C’est seulement l’esprit humain qui est créateur. La vie elle-même est créative, mais pas de manière consciente. Même le monde dit inanimé est créatif : l’évolution des systèmes stellaires est un processus créatif. La différence étant que l’homme, individuellement, est créatif. Et c’est la créativité voulue de l’homme qui va façonner l’avenir du système solaire et au-delà.

Pour réaliser les objectifs devant nous, nous devons imprimer une nouvelle mission à l’humanité dans son ensemble, telle la colonisation de Mars. Elle nous oblige à faire les percées scientifiques qui sont nécessaires pour l’existence future de l’humanité.

Nous avons beaucoup de problèmes sur cette planète. Mais nous ne les résoudrons pas dans le fond, sans se lancer dans le développement du système solaire pour en faire l’habitat de l’humanité. Il faudra encore faire bien de découvertes scientifiques avant de pouvoir commencer la colonisation humaine de Mars, il faudra du temps pour cela. Mais dès maintenant, nous devons nous donner pour intention de réaliser une telle colonisation. Nous devons former et développer des générations de jeunes qui s’orienteront vers cette mission. Dans la période à venir, des enfants naîtront qui participeront, d’une manière ou d’une autre, à la colonisation de Mars, avant la fin de ce siècle.

Nous devons donner à l’humanité un but de développement, non seulement sur notre planète, mais de par l’influence de la Terre sur les régions adjacentes du système solaire, et au-delà.

Ces objectifs sont réalisables. Certes, il reste beaucoup de problèmes scientifiques à résoudre. Il reste beaucoup de questions. Mais pour l’essentiel, nous savons que cela devrait être faisable d’ici deux ou trois générations. Mais il faut donner à ceux qui naissent maintenant, à leurs petits-enfants, une mission à réaliser. Lorsque nous serons morts et enterrés, ils seront là, dans trois ou quatre générations. Ce sont eux qui coloniseront l’espace. Entre-temps, nous devons donner à la société pour mission que nos descendants réaliseront cette colonisation.

La fin de l’impérialisme

C’est une situation nouvelle. Le vieux système impérial est fini. Certains peuvent ne pas être d’accord avec ce que je dis, mais il n’existe qu’un empire sur cette planète, et c’est l’Empire britannique. Un empire non pas du peuple britannique, mais d’un système monétariste international. C’est le système monétariste qui constitue l’empire.

L’avantage des Etats-Unis, de ce point de vue, c’est que notre pays n’est pas monétariste. Notre Constitution ne connaît pas le monétarisme, mais plutôt un système de crédit. Voilà un aspect de notre Constitution qui manque en Europe. Notre rôle décisif, comme le reconnaissait Franklin Roosevelt, est d’encourager l’abandon du système monétariste — qui est le véritable impérialisme. Beaucoup parlent d’impérialisme, pour désigner toutes sortes de choses. En général, ce sont des salades, du point de vue scientifique. Il n’existe qu’une forme d’impérialisme que nous avons connue en Europe, ces 3000 dernières années, et c’est le monétarisme en tant que tel. Voilà ce que nous voulons détruire.

Oui, il y a une domination britannique du système monétaire, en tant que tel, dans la tradition de Keynes, etc., que nous devons éliminer. Mais nous devons le remplacer par autre chose, un système de crédit, comme celui des Etats-Unis du temps de Franklin Roosevelt, dans lequel chaque nation a un système de crédit souverain. Et la coopération s’instaure entre économies souveraines, à des taux de change fixes. Nous pouvons coopérer dans la création de crédit à long terme, pour réaliser des projets, comme le prévoit le récent accord entre la Russie et la Chine.

Nous qui sommes conscients de ces objectifs, tenons à défendre la souveraineté des cultures. Nous souhaitons un système de coopération entre Etats-Nation souverains, à des fins communes, sans s’ingérer dans la culture des nations respectives.

Nous devons acquérir une conception des objectifs que nous visons pour l’avenir, d’ici deux ou trois générations. Il nous faut une conception des étapes que nous devons franchir maintenant, afin de pouvoir atteindre ces objectifs d’ici trois générations.

Nous avons le potentiel de le faire. La coopération engagée entre la Chine et la Russie ne va pas s’arrêter là. L’orientation est là pour faire participer l’Inde. Il faut tenter de créer une situation dans laquelle l’Inde coopère avec le Pakistan, par exemple pour se défendre, ensemble, contre le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, qui vient de sources européennes, etc.

Il existe bien des défis de ce genre. Mais nous pourrons y arriver, à condition d’étendre l’accord entre la Chine et la Russie, le faire à une échelle beaucoup plus importante, en direction du développement de la planète dans son ensemble, centré sur le Pacifique. En même temps, nous avons l’orientation vers le développement d’une base industrielle sur la Lune, qui sera indispensable pour la colonisation de Mars.

Lorsque l’humanité arrivera au point de son développement où elle pourra lancer la colonisation de Mars, en sachant que cela marchera, alors elle entrera dans une nouvelle phase de son existence. Nous ne sommes plus des terriens, mais des habitants de l’univers, ou, comme on dit en russe, du cosmos.


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  • lejules • 15/12/2009 - 00:27

    je ne sais plus qui a dit "la terre est le berceau de l’humanité, il faudra bien qu’un jour elle le quitte"
    n’est ce pas la la définition d’une humanité adulte qui se donne les moyens d’exister et de créer. l’homme jardinier du cosmos.
    cela implique non plus un esprit de conquete ou de revanche sur la nature mais un esprit de complémentarité qui nous reste a inventer.

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

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