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Pour que le « redressement productif » ne devienne pas une mauvaise blague

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Le député Patrice Prat et Arnaud Montebourg lors du Forum de Laudun.
Crédit : Thierry Allard / Objectif Gard

On peut ne pas aimer Montebourg, il faut reconnaître qu’il fait partie des rares socialistes du pouvoir à connaître un peu l’appareil industriel et technologique français et à s’en soucier. Il n’a pu le défendre au sein d’un gouvernement qui a capitulé face au monde de la finance. Aujourd’hui qu’il a rompu avec lui, peut-il porter une véritable alternative, comme le voudraient les 300 personnes qui sont venues à son université d’automne les 3 et 4 octobre à Laudun (Gard), puisant leurs dernières ressources de compréhension envers cette classe politique qui les a trahis ?

La science s’invite à gauche

Le principal mérite de cet événement a été, il faut le saluer, d’amorcer le début d’une réconciliation entre le monde des chercheurs et le monde des dirigeants politiques, reconnaissant la nécessité pour la gauche de se réapproprier enfin la notion de progrès. Ainsi la table ronde réunissant les mathématiciens Bertrand Monthubert et Michel Broué ainsi que le philosophe Jean-Michel Besnier amena une réflexion de grande qualité sur cette question, rompant clairement de la vision pessimiste de l’homme portée par la partie de la gauche convertie à la décroissance.

« Nos dirigeants politiques n’ont aucune culture scientifique ! » souligna M. Broué. Il raconta l’affaire des « avions renifleurs », montrant par là le ridicule et la malléabilité de nos classes politiques qui n’ont pas les outils intellectuels pour juger le bien-fondé de tel ou tel projet d’investissement. Pire ! Sortant des grandes écoles, elles « croient savoir » !

Un handicap sérieux pour comprendre de nouvelles choses... Il osa alors aborder le paradoxe chinois : certes, leur système politique est corrompu et autoritaire, mais les 12 premiers du régime chinois ont tous reçu une éducation scientifique. Ils savent ce que représente une percée scientifique et les moyens et l’environnement qu’elle requiert pour être réalisée. Cette culture politique n’y est pas pour rien dans la dynamique de la Chine aujourd’hui !

M. Besnier, quant à lui, montra à quel point l’idéal de progrès qui est né avec la Renaissance en Europe était lié à l’idée de perfectibilité de l’homme... une idée très politique : quelque part, renoncer au progrès, c’est renoncer à l’idée que l’humanité peut être meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Une idée selon lui « écorchée » notamment par la pensée darwinienne aujourd’hui omniprésente, qui sous-entend que l’évolution humaine n’est pas le fruit d’une volonté de s’améliorer, mais plutôt d’une sélection aléatoire du plus apte. La recherche et les innovations technologiques n’échappent pas à la règle : ne sera financé et développé que ce que les marchés sélectionneront, non pas pour répondre à un besoin, mais selon une logique de rentabilité à court terme.

Parallèlement, un mouvement extrême, le transhumanisme, se développe et cherche à contrôler et recréer artificiellement le comportement, la pensée et le corps humains. Il souligna que récemment, un laboratoire de Lausanne a reçu pas moins d’un milliard d’euros pour étudier le fonctionnement du cerveau humain (c’est ce type de programme, financé aussi par l’UE, que Jacques Cheminade avait dénoncé lors de notre Assemblée générale de 2013, comme l’un des rejetons hideux du nouveau fascisme financier). M. Besnier appela lui-aussi la politique à réinvestir le domaine de la science et du progrès pour leur redonner un sens humain et permettre à la société de décider de l’orientation à leur donner.

Alors... Avec la table ronde suivante, intitulée « déflation ou redressement productif », M. Montebourg s’est-t-il doté d’une vision économique permettant d’accomplir cela ? De développer le potentiel créatif français et l’orienter pour le bien commun ?

Monétarisme, quand tu nous tiens

Les experts qu’il a invité à discuter de l’avenir économique du pays étaient tous enfermés dans la même prison mentale consistant à réduire l’économie à une question d’argent (le monétarisme). Ils sont tombés dans le faux-débat entre l’offre et la demande : faut-il donner de l’argent aux ménages ou bien aux entreprises ? Bien-sûr, ils ont appelé à sortir de l’austérité, car elle détruit la « demande », ce que nous voulons aussi. Mais... devinez qui était le grand absent des discussions ? Le rôle des banques !Pourtant les entreprises comme les ménages n’en ont-ils pas besoin pour réaliser leurs projets ? Que faire quand les banques ne leur prêtent plus ni aux uns ni aux autres car elles préfèrent « investir » dans le casino de la spéculation mondiale ? Plutôt que d’opposer ménages, salariés et employeurs, ne devrait-on pas arbitrer entre financer l’activité économique réelle, celle qui transforme concrètement la vie d’un pays ou financer la spéculation ?

Après le ¼ de vérité …

Le député Pierre-Alain Muet fut le seul à frôler ces questions. D’après lui, François Hollande, dans son discours du Bourget avait posé les bases d’une relance économique, comme F.D. Roosevelt en 1933 suite à la dépression de 1929, et la grande erreur du gouvernement fut de ne pas avoir suivi cette voie. Il souligna bien la séparation stricte entre les banques d’affaire et les banques commerciales, la création de nombreux emplois et le rééquilibrage des inégalités comme les piliers de la relance de Roosevelt.

Mais il en omit deux éléments essentiels :

  • Roosevelt finança son new deal par du crédit public via la Reconstruction Finance Corporation, et ne comptait pas seulement sur le bon-vouloir des investisseurs privés,
  • Les emplois créés le furent dans l’économie physique : ils étaient productifs, UTILES. Par exemple la construction des grands barrages permit l’irrigation, la régulation des crûes et l’électrification des campagnes.

Faute d’avoir amené ces réalités qui auraient permis de recadrer le débat autour d’une relance de l’économie réelle, les interventions des autres orateurs se transformèrent peu à peu en un appel vibrant à la diarrhée monétaire !

Comprenez : la BCE doit faire comme la Réserve Fédérale américaine : injecter des milliards et des milliards de « liquidités » (c’est à dire prêter à très court terme aux banques) dans le système financier... Encore une fois, quand les banques peuvent à la fois spéculer et prêter aux entreprises, que vont-elles faire de cet argent à votre avis ?

La politique économique d’Obama, un modèle ?

Grâce à cette politique monétaire, les États-Unis auraient « renoué avec la croissance »  ! Les experts qui ont défendu cette croyance devant les fidèles de Montebourg sont-ils malhonnêtes ou incompétents ? Les chiffres officiels du chômage aux US ont baissé, certes (6 % en septembre 2014)... Mais c’est sans compter tous ceux qui sortent des statistiques car ils n’ont plus droit aux allocations chômage (dont la durée a été raccourcie), ou parce qu’ils sont découragés ! Ce chômage caché et la pauvreté ne cessent de croître, aggravés par l’austérité qui sévit là-bas aussi (cf graphique).

En Caroline du nord par exemple, la durée d’indemnisation des chômeurs a été brutalement réduite en 2013 de 73 à 20 semaines, suite à quoi le taux de chômage est passé de 8,8 à 7,4 %... Mais pour chaque personne qui a retrouvé un emploi, deux se sont trouvées exclues de la population active ! Est-ce là ce vers quoi Montebourg veut nous emmener ?

Si la réserve fédérale a effectivement shooté les marchés financiers par ses injections massives d’argent, l’administration Obama n’est absolument pas préoccupée par la chute libre de l’économie réelle américaine, celle qui représente sa capacité à faire vivre la population. Depuis 3 ans, l’Ouest et le Sud-ouest des États-Unis vivent la pire sécheresse depuis des siècles ans. C’est la sécurité alimentaire du pays qui est en jeu car cette zone concentre la majorité de la production agricole. Réponse du gouvernement : on ne peut rien faire, il faudra déplacer les populations ! C’est ce même gouvernement qui promeut l’ouverture de milliers de puits de gaz de schiste, y compris dans les zones sèches, et la transformation de 40 % du maïs en bio-éthanol. La voilà, la croissance américaine, aller sucer l’énergie des roches et des aliments pour vite faire du business sur les marchés juteux des carburants, relancer la titrisation (ce qui avait généré la bulle des subprimes), et couper le financement des grands projets de recherche de la NASA !

La bonne chose dans tout cela ?

Les interventions du public, qui amenèrent brutalement les questions gênantes. Ainsi, le crédit public s’invita dans le débat, lorsque deux personnes exigèrent des réponses sur la fameuse loi de 73, celle qui a interdit à l’État d’emprunter à la banque de France. La réponse froide et technique qui leur fut donnée ne fut bien-entendu pas à la hauteur de leur exigence de justice... Mais n’est-il pas extrêmement réjouissant de voir les idées que nous étions les seuls à soulever il y a encore quelques années, sortir aujourd’hui de la bouche de nos concitoyens ? Alors mettez avec nous les pieds dans le plat ! Ce que la bien-pensance d’aujourd’hui ne tolère pas peut bien devenir l’aspiration de demain...

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Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
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