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Crise au Darfour : Bush et Cheney préparent un « nouvel Irak »

La rédaction

En vue de sa conférence internet du 31 octobre, plusieurs personnes ont demandé par écrit à Lyndon LaRouche de préciser sa position sur une éventuelle action militaire contre le Soudan. Un représentant de la Clinton Foundation s’est dit surpris que M. LaRouche, « un défenseur de longue date des droits humains, notamment dans le secteur en voie de développement », s’oppose à toute intervention agressive de la part des Etats-Unis, contrairement à ce que préconise l’ancien président Bill Clinton. Il lui a demandé son point de vue sur la cause du problème et la façon d’y remédier. Voici, en abrégé, la réponse de LaRouche.

Tout d’abord, le problème du Soudan est imputable aux Etats-Unis. Il remonte à l’époque où le père de notre Président actuel (qui serait peut-être tenté de désavouer cette parenté !) était vice-Président des Etats-Unis. George Bush senior s’est rendu avec sa femme dans la capitale soudanaise et y a fait des choses plutôt déplaisantes. Il était également impliqué, en tant que vice-Président, dans le scandale baptisé par la suite « Iran-Contra ». Il a aussi joué un rôle important dans la mise sur pied de ce qu’on appelle aujourd’hui al-Qaida, de concert avec les Britanniques qui disposaient de relations dans les milieux croyants du monde arabe, notamment en Arabie saoudite. Ils se sont rendus au Soudan, entre autres, afin de recruter parmi les rangs des Frères musulmans des personnes enthousiasmées par la perspective aujourd’hui associée à al-Qaida. Les Etats-Unis avaient déjà monté un réseau de ce type, à l’initiative de Zbigniew Brzezinski et de ses comparses, qui fut maintenu par le vice-président George Bush, le britannique Jimmy Goldsmith, etc., et déployé dans la guerre d’Afghanistan des années 1980.

A l’époque, les Etats-Unis, par l’intermédiaire du vice-président Bush et d’autres, firent donc appel à des Arabes, notamment des Arabes croyants, et à travers des relations saoudiennes, pour mener cette guerre d’Afghanistan dont nous ressentons aujourd’hui encore les effets. Cette guerre, orchestrée contre le ventre mou de l’Union soviétique, était, dans un certain sens, une mauvaise idée. Nous, nous avions une meilleure approche pour traiter le problème soviétique.
Puis, à l’époque où le président Clinton quittait le pouvoir - et je pense que son gouvernement avait une mauvaise compréhension de l’Afrique, en pratique. Je crois que je comprends les problèmes africains mieux que lui, bien que je ne connaisse pas parfaitement le sujet. Les idées de Clinton se sont beaucoup améliorées depuis, mais son gouvernement l’a mal servi, surtout sur la question africaine, dans le cas de l’Ouganda notamment. Beaucoup de gens dans son entourage, au département d’Etat, l’ont mal conseillé, ce qui explique en partie le problème.

Je me suis rendu au Soudan pour la dernière fois fin janvier 2001 et je me suis heurté à une opération politique. J’étais là pour travailler sur le problème de l’eau. J’y étais déjà allé à plusieurs reprises auparavant, et je connaissais très bien la complexité des problèmes de ce pays, dont la crise au Darfour est un reflet, bien qu’elle reflète aussi autre chose.

Le rôle primordial de l’eau

Tout d’abord, la clé de toute la région s’étendant du lac Victoria (et je pense qu’on devrait lui donner un nom plus respectable !) à la Méditerranée est l’eau - l’accord sur les eaux du Nil. A l’époque, l’objectif des impérialistes était de détruire l’Egypte. Comment s’y prendre ? En créant des scissions entre micro-Etats dans la région, on finira par saper l’accord sur l’eau du Nil. En conséquence, l’Egypte explosera, et tout le monde arabe avec elle.

C’est donc une erreur de considérer ces questions comme des problèmes humanitaires isolés, c’est du sophisme, c’est écarter le vrai problème. Comme je l’ai dit, j’étais sur place en janvier 2001 et j’ai vu le piège politique tendu aux Soudanais. Des Saoudiens, autour du prince Bandar et autres, tentaient de convaincre les Soudanais qu’ils avaient un ami en George W. Bush et son gouvernement. Je leur disais non ! il n’est pas votre ami, il est là pour détruire votre pays ! Ils protestaient que le gouvernement Clinton avait tout gâché et que Bush allait améliorer la situation. Je leur affirmais au contraire qu’il allait détruire le Soudan, et c’est ce qui s’est passé effectivement.

La crise qui sévit là-bas est donc le produit des actions du gouvernement Bush et, avant cela, de la méconnaissance de l’Afrique par le gouvernement Clinton lui-même. (...) Je pense que l’ancien Président reconnaîtrait aujourd’hui que certains de ses conseillers l’ont fort mal servi dans ce domaine, mais c’est Bush qui est responsable de ce gâchis ; il vaut donc mieux nettoyer le gouvernement Bush, n’est-ce pas ? Ensuite, on pourra régler la situation au Darfour.

Bien sûr, il y a un problème, mais c’est un problème orchestré. Vous voulez le résoudre ? Vous n’y arriverez pas, pas avec ce genre de méthodes. Vos intentions sont peut-être excellentes, mais ça ne marchera pas. Vous devez bien comprendre la région, pas seulement sur la base de rapports de renseignement, mais en connaissant les peuples, en comprenant leur histoire. Il faut bien comprendre l’Egypte, examiner ce que certains pensaient de Museveni. Pour comprendre le problème du Darfour, il faut revenir à Museveni et à l’attitude du gouvernement Clinton à son égard. C’est là qu’on a fait des erreurs.

L’ancien président Clinton doit voir le problème de ce point de vue. On ne peut être à ce point attaché à l’idée d’accomplir un acte humanitaire qu’en le réalisant, avec une intention humaniste, on contribue à un nouveau désastre. Voilà où réside le problème.

Les gens devraient m’écouter et me consulter davantage sur ces sujets, cela leur éviterait de faire ce genre d’erreur.

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