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France... sursaut ou soubresaut ? (Mistral, BNP Paribas)

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Le Vladivostok, un des deux Mistral, en attente de livraison aux chantiers de Saint-Nazaire.
Crédit : Fabien Ramel - S&P

Le 6 juin, veille de la célébration de l’anniversaire du Débarquement, fut un vrai jour présidentiel pour François Hollande. Après avoir pris le thé avec la reine Elisabeth II dans la matinée, il a dîné avec Barack Obama puis soupé avec Vladimir Poutine.

Sans qu’on s’y attende, Hollande, sous la pression des militaires, des industriels et des banquiers, a fini par croiser le fer avec les Anglo-américains sur deux sujets qui pourraient n’en être qu’un seul, la vente des Mistral et la menace d’amende record contre la banque BNP-Paribas.

Les Mistral

N’en déplaise à Obama et à son entourage de néo-conservateurs attardés, la France signe et persiste dans sa vente de deux bateaux de guerre Mistral à la Russie.

Les réticences de certains ne sont pas nouvelles. Dès le début des négociations entre Moscou et Paris en 2008, les Pays baltes avaient manifesté leurs plus vives inquiétudes. En 2011, le Japon avait à son tour exprimé ses préoccupations lorsque la Russie avait fait savoir qu’elle déploierait ses tout nouveaux navires de guerre dans le Pacifique, où les deux pays se disputent la souveraineté des îles Kouriles.

Washington n’a pas ménagé ses mises en garde. Ce qui fâche outre-Atlantique, c’est la décision souveraine de la France. Comme à l’époque de De Gaulle, elle reste « l’allié infidèle ». Avouons que la situation est inédite, car c’est la première fois qu’un pays de l’OTAN (la France) accepte de fournir du matériel militaire aussi sensible à la Russie, elle qui considère non sans raison l’Alliance atlantique comme un adversaire devenu « ennemi » !

Menaces

Depuis la crise ukrainienne, des tensions jusqu’ici latentes ont éclaté au grand jour. Sur un ton hystérique, début mai, Victoria Nuland, la secrétaire d’Etat adjointe pour l’Europe, connue pour son ingérence directe dans la politique intérieure ukrainienne, a sommé les autorités françaises de renoncer à la vente des navires.

Afin de dissuader la France, le 30 mai, à peine une semaine avant le débarquement d’Obama, trois élus du Congrès américain emmenés par Eliot Engel, le démocrate le plus influent de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, ont écrit au secrétaire général de l’OTAN, Rasmussen, lui suggérant que l’OTAN achète ou loue ces Mistral promis à la Russie ! Le but étant d’envoyer un « message fort » à un Poutine accusé de menacer la paix mondiale. Un revirement de ce type aurait instantanément transformé la France en république bananière.

Interrogé par Le Monde le 3 juin, le ministre polonais des Affaires étrangères y est allé lui aussi de sa petite musique. La France ne doit pas vendre les Mistral « car les généraux russes ont déjà dit à quelle fin ils comptaient utiliser ces navires : pour menacer les voisins de la Russie dans la mer Noire. Et il s’agit de pays partenaires de l’Europe ».

Obama en a rajouté une louche lors du G7 à Bruxelles, à la veille du D-Day, déclarant qu’il préférait voir cette vente « suspendue », en vertu des sanctions prises à l’encontre de Moscou suite à la crise ukrainienne. « J’ai exprimé mes inquiétudes, et je ne pense pas être le seul », a martelé le Président américain.

De toute façon, précise Philippe Migault, spécialiste français des questions de Défense à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS),

Les Américains sont hostiles par principe à toute collaboration militaire réelle entre la Russie et un Etat membre de l’OTAN (...) il ne s’agit que de quelques faucons qui n’ont jamais réussi à faire leur révolution culturelle à la fin de la guerre froide. (...) Les Etats-Unis n’ont jamais fait mystère du fait qu’ils s’opposeraient à toute coopération entre l’ouest et l’est de l’Europe, tout partenariat, toute intégration susceptibles de remettre en cause leur ‘leadership’ sur notre continent et au-delà dans le monde.

Mais, signe d’espoir, la France n’a pas cédé. Consciente que la surenchère américaine autour de l’Ukraine ne fait que raviver les braises d’une guerre froide qu’il faut éteindre d’urgence, hostile dès le début au « partenariat oriental » de l’UE, Paris, plus dans un sursaut d’instinct de survie que par calcul politique, et pour une fois en désaccord avec l’UE, l’OTAN et Obama, a décidé souverainement de faire entendre une autre voix : la sienne. Elle a rappelé que fidèle à sa parole, elle honorera son contrat signé en 2011 et que ce contrat ne rentre pas dans la phase 3 des sanctions éventuelles contre la Russie.

Le chantage américain

Parmi celles et ceux qui nous lisent régulièrement, nul n’ignore notre combat historique contre l’omnipuissante BNP Paribas et l’influence de son omniprésent représentant Michel Pébereau.

Pour S&P, par sa structure même, l’établissement bancaire incarne le « conflit d’intérêt » inhérent au modèle de « banque universelle » : alors qu’une banque de dépôt et de crédit doit fuir à tout prix la prise de risque, une banque d’affaires doit s’y engager en permanence. Marier les deux nuit à deux métiers qu’il faut séparer d’urgence en entités juridiques strictement distinctes en rétablissant le Glass-Steagall Act de Roosevelt.

Cependant, dans le bras de fer engagé entre Paris et Washington sur la vente des Mistral à la Russie, on est bien obligé de constater une coïncidence coupable du calendrier. Car depuis que la France refuse de céder à Washington, le montant de l’amende potentielle que pourraient infliger à la banque française les régulateurs américains et Eric Holder, le ministre de la Justice américain (DoJ) et ami intime d’Obama, est soudainement passé de un à dix voire à seize milliards de dollars ! Et la banque pourrait être privée de son accès à la devise américaine pendant 90 jours, assez longtemps pour perdre bon nombre de ses clients !

Le DoJ et trois procureurs accusent BNP Paribas Genève d’avoir violé l’embargo américain contre Cuba, l’Iran et le Soudan, notamment en facilitant leurs exportations pétrolières. Seulement, puisque toute transaction en dollars nécessite à un moment donné l’aval d’une « chambre de compensation » aux Etats-Unis, ils estiment que la loi américaine a été piétinée. En clair, si les transactions avaient eu lieu en roubles, en livres sterling ou en euros, aucune infraction n’aurait été constatée !

Rappelons ici que BNP Paribas Genève est le leader mondial du négoce en matières premières et que la Suisse traite 75% des exportations de pétrole et 60% des exportations de céréales venant de Russie...

Lorsque Hollande a voulu évoquer avec Obama le droit à une sanction proportionnée, ce dernier a froidement répondu que dans son pays, la justice est indépendante des pouvoirs politiques… Moins de 48h plus tard, Laurent Fabius faisait savoir que si cette sanction était maintenue en l’état, la France pourrait reconsidérer son adhésion à l’accord de libre-échange transatlantique (TTIP/TAFT).

Reste à voir jusqu’où ce gouvernement est prêt à résister. Car sur d’autres dossiers, il ne cesse de capituler à la finance spéculative. En 2013, il a refusé de protéger nos dépôts en adoptant la réforme Moscovici plutôt qu’une séparation stricte entre banques d’affaires et de dépôt. Le choix de M. Hollande de nommer Laurence Boone, ex-économiste en chef de la Bank of America, comme sa principale conseillère économique, est un message de soumission clair aux oligarchies financières.

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  • petite souris • 16/06/2014 - 18:53

    grand écart permanent de la France !
    rien n’est clair dans sa position ............

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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