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Fatemeh Hashemi Rafsandjani : l’Iran restera au coeur de la Route de la soie

La rédaction

Le Dr. Fatemeh Hachemi Rafsandjani est la secrétaire générale de l’Association des femmes iraniennes (WSAI). Voici la transcription et la vidéo de son intervention lors de la conférence internationale de l’Institut Schiller du 18 et 19 octobre 2014 en Allemagne.

Le rôle de l’Iran dans la Route de la soie pour le troisième millénaire

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Le Dr. Fatemeh Hachemi
Crédit : Institut Schiller

Honorable audience,
mesdames et messieurs,

Je suis très heureuse d’être ici parmi vous, et je souhaite vous rappeler quelques périodes et événements historiques montrant que l’Iran est engagé en faveur du développement et du renouveau de la Route la soie.

La relation de l’Iran et son rôle essentiel dans la construction, l’entretien et la renaissance de la Route de la soie entre dans son troisième millénaire. Les anciennes cultures de l’Iran, de la Chine et du Moyen-Orient plus généralement ont coopéré non seulement sur des questions liées au commerce, mais également à la sécurité et à la culture.

Comme le montre l’histoire, vers le début du premier millénaire, la dynastie Parthe régnant sur la Perse profita massivement des droits de douanes perçus sur les biens transportés entre une Europe dominée par Rome et la Chine, sur la Route de la soie qui traversait leur domaine depuis l’Euphrate en Mésopotamie jusqu’à la Chine occidentale. La dynastie Parthe, qui était favorable à une extension du commerce est-ouest, surveillait la Route étroitement et l’entretenait.

La Route de la soie était formée d’une série de routes terrestres et maritimes reliant des civilisations diverses. Cette route contribua beaucoup au développement de la civilisation humaine. En Iran, la Route de la soie revêtait une importance cruciale. Considérant le rôle de la soie dans les temps anciens, l’on peut affirmer que l’histoire de l’Iran et de la Route de la soie étaient étroitement reliées. Les échanges culturels et commerciaux entre ces deux grands pays que sont l’Iran et la Chine passaient par la Route de la soie.

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Caravane sur la Route de la soie - Atlas catalan
Crédit : Wikipedia Commons

Il semble que dès le 6e siècle avant notre ère, le roi Darius le Grand établit des points de contrôle militaires sur ces routes, de manière à assurer la sécurité des caravanes. La route entre les villes de Shush et Sardes était une continuation de la Route de la soie, qui avait été construite pour stimuler le commerce de la soie entre l’Orient et l’Occident. Par son rôle clé dans la Route de la soie, l’Iran contribua beaucoup à l’expansion du commerce de la soie et d’autres produits vers l’Occident. Au cours de l’ère Parthe, la Route de la soie restait encore une route importante d’échanges de produits entre divers pays. Certaines mesures furent mises en œuvre pour réparer et étendre la Route de la soie au cours du règne de l’empereur parthe Mithridate II le Grand.

Entre la fin du premier millénaire et le début du second millénaire, l’Iran se trouvait au centre de la Renaissance islamique. L’Etat islamique s’était étendu depuis l’ouest de la Chine, par-dessus le fleuve Indus et jusqu’à l’Afrique du Nord et l’Espagne. Le rôle de l’Iran en tant que centre scientifique, philosophique et culturel fut stimulé par sa situation géographique et son héritage. Grâce aux techniques chinoises de production de papier, la science et la philosophie chinoise, indienne, perse, arabe et grecque fut traduite et se propagea à presque toutes les parties habitées de la planète. Ceci fut le plus grand processus d’échange d’idées entre les cultures jamais vu dans toute l’histoire, conduisant à la Renaissance européenne au XIVe siècle.

Le renouveau de la Route de la soie apporterait des bienfaits considérables à l’Iran, à la Chine et à leurs voisins, et confirmerait le rôle géopolitique de l’Iran en tant que carrefour commercial et culturel dans le monde.

L’Iran a fait d’immenses efforts pour renouveler la Route de la soie au cours des dernières décennies du second millénaire et au début du troisième.

La ligne ferroviaire Mechhed-Sarakhs-Tedjen (au Turkménistan), qui était située sur l’ancienne route de la soie, fut inaugurée le 14 mai 1996 en présence de son excellence l’Ayatollah Hachemi Rafsandjani, l’ancien président de l’Iran, en présence de onze chefs d’Etat et de représentants diplomatiques de 45 pays différents. A cette occasion, l’Ayatollah Rafsandjani, qui était alors président, a déclaré que « l’on peut facilement noter que même si la Route de la soie était une route pour le transport de biens, elle a joué un rôle important et efficace sur les plans culturel, social et artistique. Le renouveau de la Route de la soie, grâce à la construction de cette longue ligne ferroviaire allant du golfe Persique (Bandar Abbas) jusqu’à Sarakhs-Tedjen, qui relie à nouveau la Chine à l’Asie centrale via l’Iran, est une continuation des efforts de l’Iran pour étendre la Route de la soie. »

L’Iran a complété en 1998 la connexion ferroviaire dans sa partie nord-ouest, de Tabriz à Van en Turquie. Ainsi, la Nouvelle route de la soie se trouvait de nouveau reliée à l’Europe. En 2001, la ligne Mechhed-Bafq-Bandar Abbas fut complétée, reliant l’Asie centrale enclavée au golfe Persique. L’Iran a également complété la ligne Bafq-Kerman-Zahedan jusqu’à la frontière pakistanaise, reliant l’Iran au sous-continent indien.

Le couloir Nord-Sud entre la Russie, l’Iran et l’Inde est actuellement en construction à travers l’Arménie et le Caucase. Depuis l’Inde, via le Port de Chabahar dans le sud-est de l’Iran, et jusqu’au système ferroviaire iranien complété, l’Asie du Sud-Est et le sous-continent indien seront reliés à l’Europe du Nord. En construisant ce réseau, le transit commercial à une échelle globale a été réduit de plusieurs semaines entre l’Est et l’Ouest ainsi qu’entre le Nord et le Sud, comparativement aux routes maritimes. Outre les échanges commerciaux, ce couloir de développement a des implications massives pour les développements économique, social et politique des peuples impliqués.

Depuis le tout début, la construction de ce chemin de fer et le renouveau de la Route de la soie qui ont été accomplis avec l’aide des autorités iraniennes avaient pour objectif de fournir le fondement de la croissance économique et la promotion des relations diplomatiques dans la région. Comme il a été souligné lors de la cérémonie d’inauguration en 1996, l’Ayatollah Hachemi Rafsandjani a formulé le souhait que la Route de la soie soit la route vers la paix et l’amitié en reliant à elle cette ligne ferroviaire.

La République islamique d’Iran a également favorablement accueilli la récente initiative annoncée par le président chinois Xi Jinping, visant à lancer la Ceinture économique de la Route de la soie. En mai dernier, le président Hassan Rohani s’est entretenu avec la presse à propos des relations entre l’Iran et la Chine, après sa rencontre avec le président Xi Jinping à Shanghai.

Il a déclaré :

La Chine est actuellement le partenaire commercial le plus important de l’Iran. Nous avons plusieurs accords de coopération avec la Chine concernant des questions internationales et régionales. (…) Nous sommes d’accord avec l’idée d’un renouveau de la Route de la soie. Par le passé, la Chine s’était engagée auprès des pays longeant la Route de la soie pour ce qui concerne la culture, l’économie et les échanges commerciaux, mais aussi dans d’autres domaines comme l’énergie et les transports. Ces liens entre la Chine et l’Iran, ainsi que d’autres pays de la région, peuvent être renoués. Ainsi le plan de la Ceinture économique de la Route de la soie pourrait être couronné de succès.

Le mois dernier, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui a eu lieu à Douchanbé, au Tadjikistan, a été un fort rappel de cette ancienne Route de la soie, qui est en train d’être reconstruite aujourd’hui.

Le monde a besoin de paix et d’amitié. La Nouvelle route de la soie peut s’étendre jusqu’à l’Europe et peut devenir notre ambassadrice auprès de l’Europe et du monde. Cela ne signifie aucunement qu’il faille oublier la paix et l’amitié dans d’autres domaines.

En tant que président de la Charity Foundation for Special Diseases (CFSD), j’ai ressenti la peine et la souffrance des gens souffrant de maladies rares qui ont été affectés par des mesures qui n’ont rien de pacifique, en particulier les sanctions qui peuvent mettre la vie des gens en danger. Nous faisons tous de notre mieux dans tous les aspects de la vie humaine.

La CFSD réagit de manière appropriée pour faire connaître les conséquences néfastes et pour répercuter l’appel des patients en faveur de la paix et leur dénonciation de l’illégalité de toute sanction ciblant des gens innocents. Je suis également secrétaire générale de l’Association de solidarité aux femmes d’Iran (WSAI) et j’ai toujours cherché à coopérer avec d’autres ONGs dans le monde afin de parvenir à une paix qui pourrait être motivée par des femmes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran. WSAI a fait de son mieux pour promouvoir des organisations de femmes et la présence active de femmes dans les domaines social et culturel et a aidé au processus de développement de leur société en cherchant activement à résoudre les problèmes auxquels se trouvent confrontées les femmes.

Grâce à son histoire brillante et sa grande crédibilité dans ses efforts pour maintenir et assurer la paix et le progrès pour tous les peuples, par son combat incessant contre la guerre et la violence, et ses initiatives pour le respect des droits humains et la dignité, l’Institut Schiller peut faire évoluer l’opinion publique vers une paix globale, en organisant des conférences comme celle-ci. J’aimerais, pour terminer, vous remercier pour toutes vos initiatives et tous vos efforts.

Merci, merci beaucoup !

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

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L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

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Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
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