Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilOrientation stratégique

Loi sur la transition énergétique, un ultralibéralisme drapé de vert

JPEG - 47.2 ko
L’énergie photovoltaïque : une supercherie maintenue en vie avec l’argent du contribuable.
Crédit : powertec.fr

Le 14 octobre, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi sur la transition énergétique, présenté par notre ministre de l’Écologie Ségolène Royal.

Si les mesures de la loi pour limiter la pollution et les gaspillages paraissent alléchantes face au tout jetable imposé par la mondialisation financière, force est de constater qu’elles servent surtout à faire avaler une pilule bien amère : la fin du droit universel à l’énergie et le démantèlement de notre appareil public de production d’énergie.

Privatisation

Sous couvert de « fédérer » et organiser toutes les volontés individuelles, commerciales, publiques pour produire localement de l’énergie « propre », cette loi pousse encore plus loin la privatisation du secteur énergétique voulue par Bruxelles et déjà entamée par la loi NOME (adoptée en 2010 sous Sarkozy [1]).

Aujourd’hui, ce sont les barrages que l’article 28 de la nouvelle loi prévoit tout bonnement de céder au privé ! Plus largement, elle facilite les procédures pour les sociétés qui veulent construire des éoliennes, panneaux solaires, usines de cogénération, etc. Elle prévoit même d’augmenter l’« acceptabilité » de ces projets privés en proposant aux riverains de participer à 20 % de leur capital (art. 27) !

Bien entendu, la ritournelle est toujours la même : l’ouverture à la concurrence fera baisser les prix. De quelle concurrence parle-t-on ? Celle qui prévaut en Allemagne, où E.ON est le plus grand producteur privé d’électricité au monde ? Et d’où sortiront les bénéfices des entreprises, les dividendes des actionnaires ? De notre poche, en bons clients que nous deviendrons. Pour l’année 2012, ce sont 3,6 milliards d’euros que GDF-Suez a déjà versés à ses actionnaires, et 2,5 milliards pour EDF. Surtout, comme le dénonce la CGT, cette loi s’attaque directement à l’héritage du Conseil national de la résistance (CNR), qui faisait de l’énergie non pas une marchandise, mais un droit, et organisait dès 1946 la nationalisation de ce secteur.

C’est sur ce principe que pendant les Trente glorieuses et dans les années 1980, nous avons bâti les infrastructures de production d’énergie, dont les centrales nucléaires. Grâce à ce système performant et unifié, l’électricité en France est encore 30 % moins chère qu’ailleurs en Europe. Maintenant que ce capital public est construit, qu’il produit, qu’il est rentable, nous le livrons à la cupidité du privé !

Les renouvelables, caprice de riche ?

Malgré la privatisation entamée d’EDF et GDF, jusque-là peu d’entreprises privées tenaient la concurrence en termes de fourniture d’électricité face aux tarifs réglementés.

Mais avec cette loi, qui maintient l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables en 2020 et 32 % en 2030, que de perspectives de juteux profits ! Pourquoi ? Parce que les énergies renouvelables sont subventionnées ! C’est la fameuse charge de service public pour l’électricité (CSPE), qui représente en 2014 17 % en moyenne de notre facture d’électricité. Alors que seuls 6 % de la CSPE sont reversés aux plus précaires via les tarifs sociaux de l’énergie, la grande majorité, 60 %, est utilisée par EDF pour racheter à un prix réglementé, environ dix fois supérieur au prix de gros, l’énergie produite par les éoliennes et les panneaux photovoltaïques. Sans cela, la plupart de ces installations ne seraient pas rentables, car elles produisent peu d’énergie comparativement aux moyens nécessaires à leur construction et leur entretien [2].

Loin de remettre en cause ces subventions, l’article 23 de la loi prévoit un « complément de rémunération » aux producteurs d’énergie renouvelable qui la vendront directement sur le marché de l’électricité, sans forcément passer par EDF. Selon le président de la Commission de régulation de l’énergie, Philippe de Ladoucette, cette transition énergétique vers les renouvelables se traduira par une augmentation de 100 milliards de la CSPE d’ici à 2025. Et ce n’est qu’une partie des 400 milliards qu’il faudrait trouver pour atteindre les objectifs de développement de l’éolien (seulement) d’ici à 2020....

En plus de l’augmentation de la CSPE, il faut donc s’attendre à une augmentation du prix de l’électricité, alors même que 11 millions de gens sont en précarité énergétique aujourd’hui dans notre pays développé. Or ce sont aussi les tarifs sociaux de l’énergie que la loi prévoit de supprimer, pour les remplacer par un chèque énergie (art. 60)… dont elle ne précise ni la source de financement à moyen terme, ni le montant.

Les rédacteurs de la loi semblent également avoir oublié que le soleil ne brille pas la nuit, que le vent ne souffle pas tout le temps… et que l’électricité se stocke très mal. Bref, qui dit renouvelable dit énergie intermittente devant s’accompagner d’une source d’énergie stable. Or la loi cède à la démagogie anti-nucléaire et prévoit de baisser sa part à 50 % de la production d’électricité en 2025 (art. 55). Ce qui veut dire que l’énergie stable complémentaire aux renouvelables devra être trouvée du côté des énergies carbonées comme le gaz ou le pétrole…

Désaménagement du territoire

Ces surcoûts seront compensés par les économies que nous ferons grâce aux compteurs intelligents, et au grand plan prévu dans le titre II de la loi pour isoler tout le parc immobilier français d’ici à 2050 ! Crédit d’impôts, crédit à taux zéro ou tiers financement sont prévus pour encourager les propriétaires à entamer leurs travaux. Peut-être les rédacteurs de la loi ont-ils aussi oublié que la vie humaine ne se résume pas à chauffer sa maison… Mais également, par exemple, à se déplacer, ce qui représente 25 % de la consommation d’énergie !

Or, là encore, rien n’est prévu pour développer des transports en commun électriques et rapides comme les TGV, trains, métro, ni le transport de marchandise comme les canaux, le ferroutage… Non, seules sont envisagées les voitures électriques et hybrides, avec « le déploiement des véhicules propres dans les flottes publiques » (art.9), l’installation de bornes de recharge dans les villes et une éventuelle prime à la casse pour l’achat d’un véhicule électrique !

Il y aurait encore beaucoup à dire, notamment sur le silence radio à propos des moyens budgétaires à déployer. L’une des conséquences les plus graves de cette loi, c’est qu’en utilisant l’attrait pour le « produire local », elle organise l’abandon de la solidarité nationale, engagement que seul un Etat peut porter, à travers une politique d’aménagement du territoire destinée à offrir à chaque citoyen un accès égal aux infrastructures de base. Ainsi est prévue la régionalisation des systèmes de distribution d’énergie, et le chapitre III du titre VIII fait appel à l’autonomie énergétique des collectivités territoriales, visant le lancement de 200 projets de « territoires à énergie positive » d’ici à 2017. En particulier, l’article 58 autorise l’expérimentation de boucles locales de production et de consommation d’énergie, permettant de rémunérer ceux qui se fédèrent ainsi localement pour les économies réalisées. Une bonne intention ? Peut-être, mais au final, une famille bretonne paiera-t-elle son MW d’électricité au même prix qu’un Rhône-alpin ?

En bref, voici une loi qui, à travers son obsession de réduire de 50 % la consommation d’énergie d’ici à 2050, organise la pénurie pour tous – sauf pour les chanceux qui pourront se payer la chère énergie verte. Pour répondre à l’inéluctable épuisement des énergies fossiles et à la pollution, il nous faut au contraire produire plus avec moins : en avançant dans notre maîtrise de la matière, vers le nucléaire de IVe génération et, à plus long terme, la fusion.


[1Qui oblige EDF à vendre à prix cassé 25 % de l’électricité nucléaire aux fournisseurs privés, et prévoit pour fin 2015 la fin des tarifs réglementés pour les gros consommateurs d’électricité.

Écrire un commentaire

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Cet article vous parle ? Rejoignez-nous !

Si le monde est réduit aux seules énergies renouvelables, qui par leur faible densité et leur caractère intermittent permettent de produire beaucoup moins que les combustibles fossiles et le nucléaire, la capacité d’accueil de la Terre se réduira brutalement à un milliard d’êtres humains !

En savoir plus

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard