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Le thorium au centre du débat sur le nucléaire du futur

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En dépit de quelques boules puantes balancées dans la salle par des anti-nucléaires radicaux, plusieurs centaines de personnes ont assisté, le 22 novembre, au colloque sur « Le nucléaire du futur », organisé à Paris par la Fondation Ecologie d’Avenir de l’Institut de France.

Claude Allègre, qui en préside le conseil d’orientation et dont on peut critiquer le penchant malthusien, estime néanmoins qu’« à une époque où l’écologie est trop souvent synonyme de vision catastrophiste et perçue comme un frein à la croissance économique, voire une incitation à la décroissance, il nous a semblé important de créer un lieu de réflexion, de débat et d’innovation fondé sur la science, le savoir et la confiance dans le progrès ».

S’il ne visait pas à fixer une orientation précise, le colloque a pris soin d’examiner les choix possibles que nous offrent les sciences et les techniques pour le nucléaire du futur.

L’équivalent du bassin houiller de Lorraine

L’ancien président d’EDF Marcel Boiteux a ouvert le colloque en rappelant que kilowattheure et énergie n’étaient pas synonymes et que ce qui compte, lorsque l’on regarde l’évolution de l’espèce humaine, c’est l’accroissement de ce qu’on appelait autrefois « l’énergie mécanique » en opposition avec l’énergie thermique. Brûler du bois est une chose, disposer d’une énergie capable d’accomplir un travail en est une autre. L’antiquité manquait cruellement d’énergie mécanique et se voyait condamnée à faire appel aux animaux de trait ou aux esclaves pour pomper l’eau. Le changement est venu avec l’introduction en Occident du collier rigide permettant aux chevaux de labourer la terre sans s’étrangler, puis de la machine à vapeur qui a permis l’apogée des mines. C’est ensuite l’arrivée quasi-simultanée du camion et de l’électricité qui fit exploser l’énergie mécanique au service du développement.

Pour Marcel Boiteux, le nucléaire a deux grands avantages : il ne pollue pas l’air et il a peu d’emprise sur le sol. Un jour qu’il faisait visiter à des amis la centrale de Paluel, avec ces quatre réacteurs de 1400 MW, il leur dit : « Voici l’équivalent de tout le bassin houiller de la Lorraine ! »

L’appel d’Edward Teller

Carlo Rubbia, prix Nobel de physique, a ensuite esquissé sa vision du nucléaire du futur. Le scientifique italien a indiqué deux révolutions scientifiques et techniques à mettre en œuvre :

  1. Organiser la transition du cycle dominant actuel uranium naturel/plutonium-239 vers le cycle thorium-232/uranium-233. Le thorium est trois fois plus abondant dans la nature que l’uranium. Par la transmutation isotopique, on peut le « fertiliser » en uranium-233 fissile.
  1. Au lieu d’employer le combustible sous forme solide, le brûler sous forme liquide.

Pour donner force à son argument, Rubbia présenta une longue citation du grand scientifique américain Edward Teller. A peine un mois avant son décès en 2003, alors qu’il était déjà aveugle, Teller avait co-rédigé avec Ralph W. Moir un article préconisant « la combustion de ce thorium dans des sels fondus » et appelé à la construction d’un petit réacteur prototype employant ces principes.

Une centrale de ce type, affirmait Teller, construite à 10 mètres de profondeur, pourrait « fonctionner pendant 200 ans sans que l’on soit obligé de transporter des matières fissibles vers le réacteur ou d’en retirer des déchets pendant cette période ».

Neutrons rapides

Considérant la perspective du thorium intéressante mais pas opérationnelle avant de longues décennies, Jacques Bouchard, ancien directeur du nucléaire au Commissariat de l’énergie atomique (CEA), ainsi que Christophe Béhar, directeur actuel du nucléaire au CEA, ont indiqué les dernières avancées françaises dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides (RNR, autrefois appelés surgénérateurs).

Cette filière exploite la fertilité de l’uranium 238 (naturel ou appauvri) qui, irradié par des neutrons rapides, est converti directement en plutonium 239 fissile. Dans ce domaine, la coopération s’impose avec la Russie, qui n’a jamais abandonné cette filière.

Grâce à cette technologie, avec la même quantité d’uranium, on peut produire 50 à 100 fois plus d’électricité que dans les centrales actuelles. Au 31 décembre 2007, environ 254 800 tonnes d’uranium appauvri étaient entreposées sur plusieurs sites en France. Avec les réacteurs de IVe génération, les stocks d’uranium appauvri disponibles, en combinaison avec les combustibles usés contenant du plutonium, permettront, à partir du siècle prochain, de s’affranchir totalement des mines d’uranium, et ce pour plusieurs millénaires : on valorisera, dès lors, les 99 % de l’uranium extrait actuellement en réserve.

S’appuyant sur son savoir-faire historique (Phénix, SuperPhénix, etc.), le CEA examine en priorité deux filières de réacteurs à neutrons rapides (RNR) : une filière à caloporteur sodium liquide dont le démonstrateur industriel a pour nom Astrid, et une filière à caloporteur hélium gaz dont le prototype de R&D s’appelle Allegro. Afin de mieux circonscrire le risque posé par le sodium (élément très conducteur mais s’enflammant au contact direct de l’eau ou de l’air), le CEA a développé un système de conversion d’énergie utilisant du gaz (échangeurs, turbines), en partenariat avec des industriels.

Thorium

Daniel Heuer, directeur de recherche au LPSC/CNRS de Grenoble, a ensuite présenté tous les avantages qu’offrent les réacteurs aux sels fondus (RSF) associés au thorium, développés par la petite poignée de chercheurs de haut niveau qui travaille, presque sans budget, sur ce sujet en France. D’abord, il est à noter que le concept français du Molten Salt Fast Reactor (MSFR) a été sélectionné pour ses avantages par le Forum international Génération IV (GIF) comme une des six filières idéales pour le nucléaire du futur.

Le MSFR est un véritable kit « tout en un » : réacteur à haute température, son rendement dépasse celui des centrales actuelles et sa chaleur permet de dessaler l’eau de mer ; régénérateur, il permet, grâce à la régénération, de multiplier le combustible tout en broyant les déchets accumulés par le nucléaire militaire et civil. Avec des facilités d’arrêt grâce à un système de sécurité passive et opérant à pression ambiante, il est totalement exclu qu’il se transforme en Tchernobyl ou autre Fukushima. Mieux encore, aussi bien qu’avec les RNR, les RSF permettent de brûler les actinides mineurs. Avec les RSF, la durée de vie des déchets, dont la quantité est bien moindre, n’est plus que de 300 à 500 ans, loin des millions d’années qu’il faut prévoir aujourd’hui.

Miniaturisation

Bernard Bonin, directeur scientifique au CEA, a ensuite évoqué les nouvelles perspectives qui s’ouvriront avec les petits réacteurs dits « modulaires » (Small Modular Reactors ou SMR). La physique nucléaire fait en sorte que toutes les technologies qu’on vient d’évoquer se prêtent à la miniaturisation. Bien que l’augmentation de la taille des réacteurs permet toujours des économies d’échelle indiscutables, les petits réacteurs ont un avenir certains sur des marchés de niche.

D’une puissance de moins de 150 MW, ces SMR pourraient être construits à la chaîne et livrés sur place. C’est surtout pour les « pays neufs », qui commencent seulement à s’équiper en électricité, que ces petites unités présentent des atouts majeurs. Ou encore pour fournir en électricité des îles (pensez à Haïti, à la Grèce ou à l’Indonésie), des plateformes pétrolières ou des centres urbains très reculés. La Russie, avec des SMR sur barges flottantes, mais aussi le Japon et les Etats-Unis se préparent à lancer cette technologie. En France, Areva et la DCNS, s’appuyant sur la technologie des moteurs de sous-marins nucléaires, ont proposé le concept FlexBlue qui reste à valider.

Comme on le constate, la France n’a pas de pétrole mais l’esprit d’innovation y est encore vivace. Reste maintenant à trouver la volonté politique de le traduire en réalité économique. Ce qui veut dire tordre le coup à un système financier qui nous étouffe au lieu de nous fournir les moyens de construire notre avenir.

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  • Frédéric Boutet • 07/01/2013 - 23:26

    7 janvier 2013
    Ok mais quel rapport avec solidarité et progrès ?
    Par exemple : est-ce que la population serait solidaire si Papy Bouchard faisait péter une canalisation de sodium liquide, comme ses prédécesseurs ont fait péter Béryl ? Je vois cette immense foule se rassemblant devant Saclay, Geneviève Fioraso en jean délavé attendant le verdict des chirurgiens, entourée militants du PCF avec pancartes "Rétablissement productif Papy !", en direct live facebook avec le peuple japonais pour une veillée mondiale.
    Et si Allègre trébuchait sur une balle de tennis ? Pauvre marcheur du dimanche dans les alentours de Roland-Garros, victime de la croissance de la production de balles et de leur obsolescence programmée ?
    Admettons : le nucléaire a fait trente morts à Tchernobyl. Et le nucléaire n’a causé aucun cancers en France. C’est le pied. Ca gave les ouailles. Les enfants payent les retraites, ils vont bien payer les déchêts nucléaire, et tout le reste.
    Quel rapport avec progrès ?
    Les émoluments de Proglio progressent ?
    La sous-traitance progressent ?
    Les sociétés de surveillance et d’intervention privées progressent ?
    Le coût de l’EPR à Olkiluoto progresse ?
    Le coût de l’EPR à Flamanville progresse plus que celui d’Olkiluoto ?
    Le coût de l’EPR à Calvert Cliff ne progresse plus, c’est un progrès ?

    Répondre à ce message

  • petite souris • 01/12/2012 - 20:55

    ..... Il y eut un temps dans la vie de la France où les idées étaient réalisées par les politiques pour le bien commun
    ..... Aujourd’hui, il y a toujours des idées, mais les politiques ne veulent pas (en fait ils trouvent des alibis a posteriori pour masquer le fait qu’ils ne peuvent pas, ayant accepter l’innacceptable c’est à dire les traités européens ) les appliquer
    CQFD
    La France et les autres pays sont donc voués à l’inertie ..... donc au recul et au déclin dont nozélites responsables devront répondre devant nous !!!!

    Répondre à ce message

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Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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